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SociétéÉpisode 2/1

France sous tension : risques climatiques, cyber, émeutes et santé menacent l'assurabilité

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-28
Illustration: France sous tension : risques climatiques, cyber, émeutes et santé menacent l'assurabilité
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Le climat à l’assaut

Début 2026, les tempêtes Pedro et Nils ont frappé de plein fouet. En un mois, 1,2 milliard d’euros de dégâts. Axa France a déjà enregistré 20 000 sinistres. Et ce n’est que le début.

"Le coût des catastrophes naturelles a triplé depuis le début du siècle", révèle Mathieu Godard, directeur général d’Axa France. De 3 milliards d’euros par an dans les années 2000, la facture dépasse désormais les 6 milliards.

Et pourtant. Le retrait-gonflement des argiles menace plus de 60 % des maisons françaises. Sécheresses, pluies intenses : ce phénomène provoque des fissures pouvant atteindre plusieurs mètres. Les dégâts ? 400 millions d’euros par an entre 2000 et 2015. Aujourd’hui, plus d’un milliard. D’ici 2050, ce chiffre pourrait tripler.

"On ne peut pas détruire toutes les maisons exposées", reconnaît Adrien Couret, directeur général du Groupe C. "Il faut adapter les logements, les terrains autour. Mais les primes vont augmenter. C’est inéluctable."

Cyberattaques : le nouveau fléau

En 2026, les cyberattaques prennent la tête des préoccupations des assureurs. Les grandes entreprises ? Bien couvertes. Les PME ? Seulement 10 % sont assurées. Les petites entreprises ? Presque aucune.

"En assurance auto, on n’assure pas quelqu’un qui n’a pas son permis", note Adrien Couret. "De même, une entreprise qui n’a pas son permis cyber sera difficile à assurer."

Les attaques se multiplient. La Poste, SFR, des grands groupes, des PME, des institutions : tous ont été touchés. "Nous sommes attaqués des milliers de fois par jour", témoigne Couret. "Mais nous avons mis en place des barrières, des ingénieurs, des experts."

Et pourtant. La faille humaine reste le maillon faible. "C’est souvent une personne qui clique sur le mauvais lien", explique Couret. "La prévention est essentielle. Les entreprises doivent former leurs salariés."

Émeutes : la France en zone rouge

Les émeutes urbaines après la mort de Naël en 2023. Les violences en Nouvelle-Calédonie en 2024. Les assureurs payent. Mais jusqu’à quand ?

"Les réassureurs estiment que la France a le même niveau de risque émeute que le Nigeria et l’Afrique du Sud", révèle Adrien Couret. "Le problème, ce n’est pas l’assurance. C’est qu’il y a trop d’émeutes."

Les assureurs couvrent les dégâts : entreprises détruites, voitures brûlées. Mais si les émeutes se répètent, le système ne tiendra pas. "Nous pouvons couvrir beaucoup de choses, mais il y a une limite", prévient Couret. "Cette limite sera atteinte si l’ordre public n’est pas mieux respecté."

Santé : l’équation impossible

Le vieillissement de la population est une bombe à retardement. Les dépenses de santé augmentent de 4 à 5 % par an. Un rythme insoutenable.

"La population française est de moins en moins en bonne santé", déplore Couret. "On nous demande de mieux couvrir une population qui va de moins en moins bien."

Comparaison avec les autres pays européens : la France fait moins de diagnostics sur les grandes maladies, moins de vaccinations, et consacre deux à trois fois moins d’argent à la prévention santé. "Il faut créer une grande association France Prévention Santé", propose Couret. "Comme la prévention routière, qui a réduit les morts sur les routes."

Prévention : la seule issue

Face à cette accumulation de risques, la prévention devient la seule solution. Les assureurs multiplient les initiatives. Axa France a lancé Climagir, un dispositif pour aider les assurés à se préparer aux événements climatiques. Le fonds Barnier finance des projets de prévention pour réduire les risques liés aux inondations.

"La prévention est essentielle pour contenir l’augmentation des primes", insiste Mathieu Godard. "Il faut arrêter de construire dans les zones inondables, adapter les logements, sensibiliser les Français."

Mais les mentalités doivent changer. "Les Français ont une culture de la prévention peu développée", regrette Godard. "On est souvent protégé par son assureur, par l’État. Il faut progresser."

Le système au bord du gouffre

Les fonds propres des assureurs français s’élèvent à 200 milliards d’euros. Une somme colossale. Mais face à une crise extrême, cela pourrait ne pas suffire.

"Le monde de demain est assurable si on s’occupe de nous", conclut Adrien Couret. "Si on adapte le territoire français au changement climatique, si on s’occupe de notre santé, si on arrête de construire n’importe où."

Mais le temps presse. Les risques s’accumulent. Les primes explosent. Le système d’assurance français est sous tension. Et pourtant, il tient encore. Pour combien de temps ?

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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