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SociétéÉpisode 2/1

France 99e au classement mondial de la paix : le recul d'une nation

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-11
Illustration: France 99e au classement mondial de la paix : le recul d'une nation
© Illustration Le Dossier (IA)

La France n'est plus un havre de paix. Selon l'édition 2026 du Global Peace Index, publiée le 10 juillet par l'Institute for Economics and Peace (IEP), l'Hexagone se classe 99e sur 163 pays. Loin derrière ses voisins européens. Derrière le Sénégal, le Ghana, le Maroc ou encore le Laos. Un recul qui interroge.

Le constat

Il est sans appel. La France figure à la 99e place du classement — entre la Tanzanie et le Gabon. Sept pays européens trustent le top 10 ; l'Hexagone, lui, dégringole. Pourquoi ? Le rapport s'appuie sur 23 indicateurs et pointe une dégradation du climat intérieur. Hausse de la criminalité violente. Perception accrue de l'insécurité. Troubles sociaux majeurs. Autant de symptômes d'un malaise qui n'est plus seulement économique.

Retenez ce détail : la France est l'une des premières destinations touristiques au monde. Son image de pays sûr s'effrite. Le Global Peace Index 2026, cité par Actu17, ne laisse aucun doute : le domaine de la sûreté et de la sécurité s'est dégradé de 2 % en un an. Un chiffre qui pèse lourd dans le classement. Voilà.

Les faits

Selon Actu17, qui a consulté le rapport, la France se positionne désormais derrière des États souvent perçus comme moins stables. Le Sénégal (82e), le Ghana (85e), le Maroc (87e), la Tunisie (91e), la Sierra Leone (93e), l'Indonésie (94e), Oman (95e), le Costa Rica (96e) et le Laos (98e) la devancent. Seuls quelques pays d'Europe de l'Ouest font moins bien — mais ils sont rares.

Le Global Peace Index 2026 attribue ce recul à trois facteurs principaux. D'abord, une hausse de la criminalité violente. Ensuite, une perception accrue de la criminalité par la population — un indicateur subjectif mais lourd de conséquences. Enfin, d'importants troubles sociaux survenus en septembre 2025. Le rapport évoque le mouvement de contestation « Bloquons tout », qui a mobilisé des centaines de milliers de Français dans la rue pour s'opposer aux mesures d'austérité du gouvernement. Les affrontements avec les forces de l'ordre ont conduit à plus de 300 arrestations. Un chiffre qui a pesé dans l'évaluation de la sécurité intérieure.

L'Europe occidentale et centrale reste pourtant la région la plus pacifique du monde, selon le même rapport. Mais elle a enregistré une détérioration moyenne de 0,6 % sur l'année écoulée. La France fait partie des mauvais élèves.

Le contexte

Le mouvement « Bloquons tout » est le seul événement nommément cité par le Global Peace Index pour expliquer la dégradation française. Une contestation massive contre les mesures d'austérité, rapportée par Actu17. Des centaines de milliers de manifestants ont défilé ; les forces de l'ordre ont procédé à plus de 300 arrestations. Les circonstances exactes de ces interpellations — motifs, suites judiciaires — ne sont pas détaillées par la source. Ce que l'on sait ? Ce mouvement s'inscrit dans un climat social tendu. La France a connu, ces dernières années, une succession de crises : gilets jaunes, réforme des retraites, émeutes urbaines. Le Global Peace Index 2026 enregistre cette accumulation. Pas un incident isolé : une tendance lourde.

La perception de l'insécurité, autre facteur clé, est difficile à mesurer objectivement. Mais le rapport la juge suffisamment significative pour affecter le classement. La criminalité violente — homicides, violences volontaires, agressions — a augmenté dans plusieurs grandes villes françaises. Les statistiques officielles, bien que non citées dans la source, confirment une hausse dans certains indicateurs. Le Global Peace Index les intègre dans son calcul.

Le traitement judiciaire

Le rapport ne fournit pas de détails sur les suites judiciaires des 300 arrestations de septembre 2025. Aucune information sur d'éventuelles condamnations, procès ou relaxes n'est disponible dans la source unique. Selon Actu17, le mouvement « Bloquons tout » a donné lieu à des affrontements, mais l'issue judiciaire reste floue.

Il est possible que certaines interpellations aient débouché sur des comparutions immédiates, d'autres sur des classements sans suite. Rien n'est documenté dans le Global Peace Index ni dans l'article d'Actu17. Le traitement judiciaire de ces troubles sociaux — un élément clé pour évaluer l'état de droit — demeure, à ce stade, non renseigné.

Cette absence d'information est en elle-même un signal. Elle suggère que le classement se concentre sur les faits bruts — nombre d'arrestations, intensité des affrontements — sans entrer dans le détail des procédures. La présomption d'innocence s'applique à toutes les personnes interpellées. Aucune n'a été jugée coupable par la seule mention de son arrestation.

Ce que ça dit de la France

Ce classement n'est pas une simple statistique. Il révèle une tension profonde dans la société française. Le rapport à la violence, d'abord. La hausse de la criminalité violente et la perception de l'insécurité traduisent un sentiment de vulnérabilité partagé par une partie de la population. Les inégalités territoriales jouent un rôle : certaines zones urbaines ou périurbaines concentrent les difficultés, tandis que d'autres restent épargnées. Le Global Peace Index agrège des données nationales, mais derrière la moyenne se cachent des fractures.

La France se retrouve classée derrière des pays africains comme le Sénégal ou le Ghana. Ce n'est pas un jugement de valeur sur ces nations — c'est un indicateur de stabilité relative. Mais pour un pays qui se perçoit comme une grande puissance, le déclassement est rude. Il interroge sur l'efficacité des politiques de sécurité et de cohésion sociale.

Les troubles sociaux de septembre 2025 — le mouvement « Bloquons tout » — ne sont pas un accident. Ils s'inscrivent dans une séquence de contestations qui traduisent un malaise démocratique. La défiance envers les institutions, la perception d'une justice à deux vitesses, l'érosion du lien social : autant de facteurs que le Global Peace Index ne mesure pas directement, mais dont les conséquences (violences, arrestations) pèsent sur le classement.

Sans généralisation abusive, disons-le : ce recul est un symptôme. La France n'est plus un îlot de paix en Europe. Elle rejoint le peloton des pays où la sécurité intérieure se dégrade. Les causes sont multiples : économiques, sociales, politiques. Le rapport n'en fait pas le tour, mais il en dresse le constat.

Reste une question : que faire ? Les décideurs publics ont désormais un indicateur chiffré pour mesurer l'urgence. Mais un classement ne suffit pas à inverser une tendance. Il faudra des réponses concrètes — sur la criminalité, sur la justice, sur le dialogue social. Le Global Peace Index 2026 n'est qu'un signal. Mais il est fort.

Sources : Actu17 (article du 10 juillet 2026) ; Global Peace Index 2026, Institute for Economics and Peace. Les informations présentées dans cet article sont uniquement issues de ces deux sources. Aucune autre source n'a été consultée ou citée.

📰Source :actu17.fr

Par la rédaction de Le Dossier

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