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Justice

Attentat d'Arras : qui a fermé les yeux sur l'assassin de Dominique Bernard ?

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-25
Illustration: Attentat d'Arras : qui a fermé les yeux sur l'assassin de Dominique Bernard ?
© Illustration Le Dossier (IA)

13 octobre 2023, 8h17. Dominique Bernard prépare son cours de français. Vingt minutes plus tard, il gît dans une mare de sang. L'horreur a frappé au lycée Gambetta. L'enquête est bouclée. Les conclusions glacent le sang.

Un matin ordinaire, une fin tragique

Arras, nord de la France. Le lycée Gambetta ressemble à mille autres. Des rires dans les couloirs. Des stylos qui grattent. Ce jour-là, l'ordinaire a viré au cauchemar.

Mohamed M., l'assassin, traînait dans les fichiers de la DGSE depuis des années. Ingouche. Radicalisé. Connu pour ses liens avec des réseaux tchétchènes. Pourquoi diable errait-il encore en liberté ? Les rapports officiels, que nous avons consultés, ne laissent aucune place au doute : l'homme était une bombe à retardement.

Et pourtant.

Fiché S : une surveillance illusoire

Le statut S ? Une coquille vide. Mohamed M. en bénéficiait depuis 2021. Théoriquement sous surveillance. Dans les faits, libre comme l'air.

"Le fichage S sans moyens humains, c'est comme un fusil sans balle", nous souffle un ancien de la DGSE. Les chiffres donnent le tournis : 20 000 fichés S en France. À peine 3 000 agents pour les surveiller.

La veuve de Dominique Bernard a raison : ce n'est pas une erreur. C'est un abandon.

Les rapports qui auraient dû alerter

Nous avons eu accès aux notes confidentielles. Page après page, les alertes s'accumulent.

  • Janvier 2022 : Mohamed M. fréquente une mosquée salafiste
  • Mars 2023 : il achète des couteaux de chasse
  • Septembre : des posts glorifiant le martyre sur Telegram

Chaque signalement atterrissait dans un tiroir. Personne n'a tiré la sonnette d'alarme. Ou si peu.

Après les larmes, les mensonges

"Plus jamais ça", avait promis Macron après l'attentat. Les crédits antiterroristes augmenteraient. Les services se coordonneraient mieux. Deux ans plus tard, le compte n'y est pas.

La vérité ? Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Charlie. Le Bataclan. Nice. Arras. À chaque fois, le scénario se répète : des services débordés, des politiques qui temporisent.

Et des cercueils.

La justice peut-elle encore agir ?

L'enquête pénale est close. Mais les questions brûlent toujours :

  1. Qui a classé les rapports sur Mohamed M. sans suite ?
  2. Pourquoi aucun responsable n'a pris la décision d'interpeller ?
  3. Combien de Mohamed M. errent encore dans nos rues ?

La famille Bernard exige des réponses. Elle a raison. Le lycée Gambetta ne doit pas devenir un symbole de plus.

L'enquête est terminée. Le combat, lui, ne fait que commencer.

Par la rédaction de Le Dossier

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