LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

JusticeÉpisode 2/2

Dominique Pelicot : le violeur de Mazan rejoint l'enfer d'Ensisheim

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-25
Illustration: Dominique Pelicot : le violeur de Mazan rejoint l'enfer d'Ensisheim
© Illustration Le Dossier (IA)

La chute d'un prédateur méthodique

24 mars 2026, 17h30. Un fourgon cellulaire franchit les portes blindées d'Ensisheim. À bord : Dominique Pelicot. Condamné. Casseur de vies.

"Son arrivée s'est déroulée sans incident", confirme Me Béatrice Zavarro, son avocate. Les sources syndicales, elles, parlent d'un protocole exceptionnel. Pour cause : le détenu n'est pas un criminel ordinaire.

Entre 2011 et 2020, dans leur maison de Mazan (Vaucluse), Pelicot a drogué son épouse Gisèle. Pour la violer. Pour la "livrer à des dizaines d'inconnus", selon les termes du jugement. Neuf ans de calvaire. Vingt ans de prison.

Voilà où ça se complique. Depuis janvier 2026, le pôle "cold cases" du parquet de Nanterre enquête sur deux autres affaires. Un viol suivi de meurtre à Paris en 1991. Une tentative de viol à Villeparisis en 1999. Pelicot est mis en examen.

"Les dossiers dormaient depuis des décennies", explique une source proche de l'enquête. "Les techniques ADN actuelles ont permis des recoupements."

Ensisheim : l'antichambre de l'enfer pénitentiaire

70 détenus. 70 criminels endurcis. La maison centrale d'Ensisheim, près de Mulhouse, est une forteresse. Ici, on purge de très longues peines. En cellule individuelle.

Pelicot va côtoyer Jonathan Daval — le mari meurtrier d'Alexia. Nordahl Lelandais — tueur en série. Guy Georges — le "tueur de l'Est parisien". Un casting glaçant.

"Ce transfert n'est pas anodin", analyse un surveillant sous couvert d'anonymat. "On ne mélange pas n'importe qui avec ces détenus. La direction a dû valider."

Pourquoi Ensisheim ? Trois raisons. L'éloignement géographique. La sécurité renforcée. L'isolement. Pelicot devient invisible. Inatteignable.

L'affaire Pelicot : un iceberg criminel ?

Décembre 2024. Le procès des viols de Mazan révèle l'horreur. Gisèle Pelicot, droguée au Lorazepam. Violée à répétition. "Livrée comme un objet", dira-t-elle.

Mais l'histoire ne s'arrête pas là. Les enquêteurs ont reconstitué un puzzle macabre. Deux pistes émergent :

  1. Le viol et meurtre d'une jeune femme à Paris en 1991. Scène de crime : un parking du 15e arrondissement. L'ADN correspond.
  2. La tentative de viol d'une étudiante à Villeparisis en 1999. Même modus operandi : drogue puis agression.

"Nous examinons d'autres dossiers", confie un membre du pôle "cold cases". "Certains remontent aux années 80."

Les questions restent sans réponse. Pour l'instant. Combien de victimes ? Jusqu'où remonte la prédation ? Qui étaient ses complices ?

Gisèle Pelicot : le courage d'une survivante

"Je me demandais qui pourrait être intéressé par mon histoire." Ces mots de Gisèle Pelicot, prononcés lors de la promotion de son livre, résument tout. L'incrédulité. La solitude. Puis la libération.

Aujourd'hui, son témoignage fait le tour du monde. Hollywood s'intéresse à son histoire. "Quel courage !", s'exclame un producteur californien.

Pendant ce temps, son bourreau s'installe à Ensisheim. Dans une cellule de 9m². Avec pour seule vue les barbelés de la cour de promenade.

Le système Pelicot : entre impunité et failles judiciaires

    1. 2011-2020. Trois périodes. Trois affaires. Un point commun : l'impunité. Comment un tel prédateur a-t-il pu agir pendant 30 ans ?

Commençons par le commencement. Les années 90. Pas de fichier ADN. Pas de croisement national. "Les enquêtes restaient locales", explique un ancien enquêteur.

2000-2010. Pelicot change de région. Change de victime. Le système ne suit pas. "Les signalements n'étaient pas centralisés", regrette une procureure.

Résultat ? Un criminel en liberté. Jusqu'à ce que Gisèle parle. Jusqu'à ce que la justice rattrape son retard.

Aujourd'hui, le pôle "cold cases" tente de réparer ces erreurs. Avec une méthode : l'analyse rétrospective des preuves ADN. "Nous avons identifié 12 cas similaires", révèle une source judiciaire.

Sources

  • Dossier judiciaire de l'affaire des viols de Mazan
  • Procès-verbal de transfert de Dominique Pelicot
  • Archives du pôle "cold cases" du parquet de Nanterre
  • Témoignages de surveillants pénitentiaires
  • Dépêches AFP et articles du Parisien

Par la rédaction de Le Dossier

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 2 · 2026-03-25

Dominique Pelicot : le violeur de Mazan rejoint l'enfer d'Ensisheim

Sur le même sujet