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SociétéÉpisode 5/1

Féminicides : Le gouvernement enterre la loi cadre malgré 167 mortes en 2025

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-22
Illustration: Féminicides : Le gouvernement enterre la loi cadre malgré 167 mortes en 2025
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Le calendrier parlementaire ou la mort programmée

"On ne trouvera pas l'espace". Laurence Rossignol, ancienne ministre des Droits des femmes, résume d'une phrase le scandale. Le 22 mars 2026, l'Élysée a confirmé en coulisses : pas de loi cadre avant la fin du quinquennat.

Et pourtant.

Depuis 2019, 50 associations peaufinent ce texte. 87 articles précis. Formation obligatoire des policiers. Hébergements d'urgence garantis. Juridictions spécialisées. Budget : 1,2 milliard sur cinq ans — trois fois moins que le plan autoroutes.

"Ce n'est pas une erreur. C'est un choix politique", souffle une enquêtrice de Denain. Ses dossiers ? 80 cas par agent. Des femmes terrorisées. Des enfants traumatisés. Des conjoints violents qui reviennent.

Les chiffres accablent :

  • 2025 : 167 féminicides (+12% vs 2024)
  • 70% des meurtres post-séparation
  • 5€/habitant pour la protection (16€ en Espagne)

Saint-Denis : l'hôpital qui répare les dégâts

Trois coups secs à la porte. Le protocole démarre. La Maison des femmes de Saint-Denis a accueilli 23 000 victimes depuis 2015. Un modèle copié partout... sauf par l'État.

Le Dr Frédéric Broisin d'Outas montre ses fiches. "400 médecins formés. Sans un centime public." Son équipe suit 300 dossiers mensuels. 60% des patientes n'avaient jamais osé parler.

"On fait le travail de l'État", accuse-t-il. Preuves à l'appui :

  • 92% des signalements viennent des soignants
  • 48h d'attente pour un examen médico-légal
  • 0 formation obligatoire en médecine

Pendant ce temps, le bracelet anti-rapprochement — mesure phare du Grenelle — n'a servi que 1 243 fois en 2025. Soit 0,4% des plaintes.

Denain : la brigade au bord du gouffre

70 dossiers par agent. 7 plaintes quotidiennes. La brigade de Denain suffoque. Le lieutenant Damien (prénom changé) ouvre un dossier. "Madame X. Gifles. Menaces. Plainte hier." Photo jointe : arcade ouverte. Enfant témoin.

"On sait. Mais on ne peut pas."

Les statistiques parlent :

  • 196 000 violences traitées par la gendarmerie en 2025
  • 3 mois pour une ordonnance de protection
  • 12% des plaintes classées sans suite

"Prioriser ? Impossible." Son équipe a empêché 43 meurtres l'an dernier. Mais échoué sur 4 féminicides. Dont une victime ayant porté plainte... 48h avant son assassinat.

Sandrine Bouchet : "On traite mieux les chiens"

"Guilène avait 34 ans. Brûlée vive. Devant sa fille." Sandrine Bouchet craque. Depuis 2019, son association accompagne 127 familles. Sans aide publique.

Son combat ? Les laissés-pour-compte :

  • 89% des enfants témoins sans suivi
  • 62% des proches avec PTSD
  • 0 protocole pour les orphelins

Elle sort son kit "urgence féminicide". Dentifrice. Pyjama. Doudou. "Des basics. Que l'État ne fournit pas."

Rossignol-Bor : "16 mesures, 16 échecs"

"16 mesures. 16 échecs." Laurence Rossignol étale les documents. Le Grenelle ? "Du vent." Les bracelets ? "Décoratifs." Les formations ? "Optionnelles."

Le lieutenant-colonel Clémentine Bor renchérit. "Nos gendarmes couvrent 96% du territoire. Avec 3 jours de formation." Ses chiffres :

  • 40% des unités sans référent violences
  • 58% des procédures avec erreurs
  • 72h pour une audition spécialisée

Leur verdict tombe : "Sans loi cadre, on continuera à compter les mortes."

L'enquête suit son cours. Mais le temps perdu, lui, ne se rattrape pas. Voilà.

Par la rédaction de Le Dossier

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