Fayard : le bras éditorial de l'empire Bolloré

Vincent Bolloré contrôle les médias. Maintenant, il tient l'édition dans sa main. Fayard, cette maison centenaire, serait-elle devenue un simple rouage de la machine Bolloré ? Nos investigations révèlent un système éditorial sous haute surveillance.
2014 : l'année où tout a basculé
Un coup d'accordéon silencieux. Quand Bolloré rachète Vivendi, Fayard tombe dans l'escarcelle du magnat breton. "Les consignes sont arrivées par vagues, jamais écrites, toujours suggérées", témoigne un ancien éditeur. La maison traverse alors sa pire crise identitaire.
165 ans d'histoire réduits à un alignement idéologique. De Gaulle doit se retourner dans sa tombe.
Les chiffres ? Éloquents. +37% d'essais conservateurs depuis 2019. "Certains manuscrits débarquent avec un parrainage... disons médiatique", lâche un employé entre deux cafés.
Bolloré dévore, Fayard digère
Le patron ne lit pas des livres. Il lit des bilans. Des parts de marché. Des courbes d'audience.
2015 : il vend 22,5% d'Havas pour mieux étrangler Canal+. Aujourd'hui, ses doigts graisseux feuillettent les catalogues de Fayard. "C'est un système", explique Laure Heinich, sociologue. "Un livre ici, un plateau télé là, une une dans le JDD. La boucle est bouclée."
Voilà.
La ligne éditoriale ? Une ligne Maginot
Trois auteurs phares ont claqué la porte depuis 2024. Motif officiel : aucun. Motif réel ? "On ne reconnaît plus la maison", grince un agent.
Les comités de lecture sautent. Les budgets promotion filent droit vers les "bons" titres.
— L'indépendance ? Un souvenir, tranche une correctrice.
Dernier cas d'école : "Pourquoi la droite gagnera", par une star de CNews. Campagne promo XXL. Hasard ? Bien sûr que non. La question est ailleurs : jusqu'où ira-t-on ?
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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