La famille Tir : six morts dans le narcotrafic

Douze ans. Six cercueils. Une seule famille.
Le procès « DZ Mafia » exhume ce matin encore les corps de la fratrie Tir, tombés un à un dans l'enfer du narcotrafic marseillais. Farid, le dernier en date, s'est effondré le 4 août 2019 aux Pennes-Mirabeau — trois balles en pleine rue, comme un point final sanglant.
Quand Marseille règle ses comptes à coups de kalach
20h30. Le portable de Farid Tir vient de sonner. Il sort acheter des cigarettes. Trois minutes plus tard, des voisins entendent des détonations sèches. La scène est tellement banale qu'elle en devient terrifiante.
La famille Tir ? Un nom qui claque comme un coup de feu dans les cités. Depuis 2011, chaque assassinat suit le même scénario : une exécution méthodique, un message adressé aux rivaux. Le dernier cartouche du défunt ? Son cadavre exposé comme un trophée.
299 000 interpellés... et après ?
Le chiffre fait froid dans le dos : 299 000 mises en cause pour stupéfiants en 2023. Pourtant, les kalachnikovs continuent de crépiter.
Prenez le cas Tir. Six morts — oui, vous avez bien lu — sans un seul condamné. Les enquêteurs butent systématiquement sur le même mur : des témoins qui se rétractent, des preuves qui disparaissent. Et ces flics marseillais trop prompts à classer les dossiers « règlement de comptes ».
Ce que révèle vraiment le procès DZ Mafia
Les audiences font mal. Des SMS cryptés entre tueurs. Des filatures avortées. Des policiers qui reconnaissent, sous serment, avoir « lâché l'affaire » après deux semaines d'enquête.
— « On savait qui avait commandité le meurtre de Karim Tir en 2015 », lâche un ancien brigadier. Pause. « Mais les preuves ont été... égarées. »
Marseille-la-Blanche, Marseille-la-Rouge
300 homicides liés au crime organisé l'an dernier. Pourtant, les terrasses du Vieux-Port débordent de touristes insouciants. Deux villes en une.
La famille Tir incarnait cette schizophrénie. Leurs entreprises légales blanchissaient l'argent de la coke. Leurs enfants fréquentaient les mêmes écoles que les fils de notables. Leur sang, lui, a coulé dans les caniveaux des quartiers nord.
Corruption : l'éléphant dans le commissariat
Question qui tue : comment six membres d'un même clan peuvent-ils tomber sans que leurs tueurs ne trébuchent sur un seul fil d'enquête ?
Les avocats de la partie civile pointent du doigt le 36, quai des Orfèvres marseillais. Des flics payés pour détourner le regard ? Des indicateurs protégés ? Le procès a déjà fait tomber deux gradés pour « relations suspectes » avec des trafiquants.
La fin des caïds ?
Les Tir ne sont plus. Mais leurs commanditaires respirent toujours. Certains témoins clés ont mystérieusement quitté le territoire. D'autres ont « oublié » leurs déclarations.
La justice française joue son crédit dans ce procès. Elle doit choisir : fermer les yeux ou risquer l'escalade. En face, les cartels regardent. Et comptent leurs balles.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier


