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SociétéÉpisode 2/1

Expulsions vers l'Afrique : les accords secrets de l'administration Trump

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-09-21
Illustration: Expulsions vers l'Afrique : les accords secrets de l'administration Trump
© YouTube

25 447 expulsions vers 28 pays. Ce chiffre fait froid dans le dos. Depuis janvier 2025, l'administration Trump a militarisé un dispositif méconnu : le renvoi de migrants vers des États tiers, souvent sur un autre continent que leur pays d'origine. Une enquête du consortium Forbidden Stories lève le voile sur ces transferts opaques — et leurs conséquences humaines.

Une infirmière de 25 ans aux États-Unis expulsée vers l'Afrique

Rabiatou Kuyaté avait tout pour elle. Infirmière primée, mère d'un fils américain, elle vivait en Virginie. Mais en juillet 2025, lors d'un simple contrôle de routine à l'USCIS (le service d'immigration), tout s'écroule. "Ils ont dit 'Vous êtes placée en détention' et ont refermé la porte", raconte son fils Mohamed à France 24. Cinq mois plus tard, menottée dans un avion, elle atterrit au Ghana — un pays où elle n'a jamais mis les pieds.

Son crime ? Avoir fui la guerre civile en Sierra Leone dans les années 1990 avec un simple permis de travail temporaire. Comme elle, des centaines d'expulsés atterrissent chaque mois en Afrique via des accords bilatéraux jamais rendus publics. "C'est du blanchiment d'êtres humains", accuse Maître Oliver Vormavor, avocat ghanéen des expulsés.

Menottes, camisoles et refoulements en chaîne

Le 6 novembre 2025, Rabiatou est embarquée avec 18 autres Africains dans un vol spécial. Les images discrètement filmées par d'autres expulsés montrent des scènes de violence : "Ils m'ont frappé en couvrant mon visage', témoigne Ousman*, menotté dans une camisole de contention (le 'RAP') pour avoir refusé d'embarquer."

Arrivés à Accra, le cauchemar continue. Après deux jours dans un hôtel, Rabiatou est traînée par des agents ghanéens vers un vol pour Freetown — malgré une protection judiciaire américaine interdisant son renvoi en Sierra Leone. La vidéo de son expulsion, diffusée par RFI, montre une femme en crise d'asthme agrippée à son avocat. "Ce bras me fait encore mal", dit-elle aujourd'hui depuis un pays africain qu'elle tait par crainte de représailles.

Le Ghana, laboratoire des expulsions Trump

Pourquoi le Ghana ? Les documents consultés par Forbidden Stories révèlent un marché de dupes. En échange de la levée de sanctions économiques — notamment des droits de douane de 15% sur le cacao — le pays a accepté d'"accueillir des ressortissants de pays tiers", selon les termes du président ghanéen.

Pourtant, la plupart sont immédiatement refoulés vers leur pays d'origine. Un système que le juriste Michael Boschnek (Human Rights Watch) qualifie de "refoulement en chaîne" : "Les États-Unis contournent ainsi leurs obligations internationales en matière de droit d'asile'."

Des protections judiciaires bafouées

Trois éléments choquent les défenseurs des droits humains :

  1. Les expulsés bénéficient souvent de protections judiciaires aux États-Unis
  2. Le Ghana viole ses engagements en les renvoyant dans des zones de danger
  3. Aucun recours effectif n'existe dans les pays tiers

"L'accord ne fixe ni quotas ni garanties", déplore Maître Vormavor, qui a pu lire — sans le copier — le texte confidentiel. Le ministère ghanéen de l'Intérieur n'a pas répondu aux demandes d'interview.

L'impuissance des droits humains

La France compte 11 juges pour 100 000 habitants — contre 25 en Allemagne. Un déficit qui explique en partie les 637 jours moyens pour un procès civil. Dans ce contexte, l'affaire Trump-Ghana pose une question cruciale : comment lutter contre la délégation du "sale boulot" migratoire à des États complaisants ?

Le parallèle avec les accords UE-Turquie de 2016 est frappant. Mêmes promesses de "solidarité", mêmes violations des droits fondamentaux. La différence ? L'administration Trump a industrialisé le procédé, avec 13 pays africains partenaires.

Et maintenant ? Surveillez les prochains vols vers le Rwanda et la Mauritanie — deux nouvelles destinations clés selon nos informations. Le business de l'expulsion n'a pas fini de prospérer.

*Prénom modifié pour protéger l'identité du témoin

Sources croisées :

  • Données du consortium Forbidden Stories (Le Monde)
  • Reportage vidéo France 24 "Deportation Project"
  • Enquête RFI "#DeportationProject"
  • Témoignages directs d'expulsés (Ghana, Eswatini)
  • Documents juridiques consultés par Maître Oliver Vormavor

Cet article respecte la présomption d'innocence. Les accusations portent sur des mécanismes administratifs, pas sur des individus.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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