Euro numérique : le cash digital qui inquiète la CNIL et les banques

Même valeur, même nom. Pas le même support.
Un euro numérique vaut exactement un euro classique. La BCE pose cette règle une fois pour toutes : 1€ numérique = 1€ en pièce ou en billet. Rien à voir avec les cryptomonnaies — leur valeur fluctue au gré des marchés. L'euro numérique, c'est la Banque centrale elle-même qui l'émettrait. Pas une banque commerciale. Pas un réseau privé.
Une vidéo de la chaîne Hugo DCPT compile les déclarations officielles et les critiques du projet. Selon elle, les Européens pourraient bientôt payer de trois façons. En liquide. Par carte ou virement. Ou en euro numérique, via une application ou une carte dédiée. L'objectif affiché ? Adapter la monnaie aux nouveaux usages. La BCE le dit elle-même : on paie de moins en moins en liquide. Elle affirme ne pas vouloir supprimer les billets. Juste proposer une alternative.
Mais ce n'est pas la seule raison.
Le vrai enjeu ? La souveraineté.
Aujourd'hui, quand vous payez en euros par carte, votre transaction transite par des réseaux privés. CB en France. Visa et Mastercard à l'international. Ces deux derniers sont américains. L'infrastructure de paiement européenne repose donc largement sur des géants basés aux États-Unis. La BCE veut briser cette dépendance. L'euro numérique fonctionnerait sur un réseau public, contrôlé par l'Union européenne. Pas de Visa. Pas de Mastercard. Une question de souveraineté. Et les frais de transaction seraient nettement inférieurs à ceux des réseaux privés.
Pour illustrer le risque, la vidéo cite un cas précis. Un juge français de la Cour pénale internationale — dont Le Dossier n'a pas pu confirmer le nom — a été placé sous sanction par l'administration Trump. Motif ? Il avait émis des mandats d'arrêt contre des responsables israéliens. Résultat : interdiction de se rendre aux États-Unis. Mais aussi interdiction pour toute entreprise américaine de lui fournir des services. Visa et Mastercard ont donc cessé de fonctionner pour lui.
Un cas individuel. Que se passerait-il en cas de conflit majeur entre l'Europe et les États-Unis ? Un président américain pourrait-il couper l'accès aux systèmes de paiement ? La BCE veut éviter ce scénario.
3000 euros maximum. La vie privée sous condition.
Le portefeuille d'euro numérique, la BCE le plafonne à 3000 euros par personne. Mais un autre aspect inquiète : la traçabilité.
Contrairement au cash, l'euro numérique laisserait une empreinte numérique complète. Chaque transaction serait enregistrée. Qui paie quoi, quand, où. La CNIL, autorité française de protection des données, a appelé à la vigilance. Elle demande un mode hors ligne — un système où les transactions ne seraient pas enregistrées.
La BCE affirme que la vie privée sera protégée. Mais les opposants ne sont pas convaincus. Certains craignent que l'euro numérique ne devienne un outil de conditionnement : restrictions sur certains achats, limites de temps pour dépenser, argent versé sous conditions. La BCE répond que ce n'est pas l'objectif aujourd'hui. Le précédent existe pourtant dans d'autres pays, selon la vidéo.
Les banques ne lâchent rien.
Les banques commerciales ne veulent pas de cet euro numérique. Simple : elles craignent une fuite massive des dépôts. Si les clients peuvent transférer leurs économies vers un portefeuille émis par la BCE, pourquoi laisseraient-ils leur argent sur un compte bancaire ?
Perte de dépôts, perte de commissions, perte de marges. Leur modèle économique est directement menacé. Beaucoup d'entre elles ont des contrats avec Visa ou Mastercard ; elles touchent des commissions sur chaque transaction. L'arrivée d'un concurrent public — l'euro numérique — réduirait
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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