Elon Musk soutient Marine Le Pen : ingérence ou cadeau empoisonné ?

250 millions de dollars. C’est ce qu’Elon Musk a versé dans la campagne de Donald Trump en 2024 — un record absolu pour un donateur politique individuel aux États-Unis. Mais depuis, l’homme le plus riche du monde ne se limite plus à la politique américaine. Il a soutenu l’AFD en Allemagne, Reform UK au Royaume-Uni, et maintenant le Rassemblement national en France. Comment un milliardaire de la tech utilise son réseau social X pour peser sur les élections européennes ? Voilà la question.
Le mode opératoire Musk, de Trump à Weidel
Elon Musk ne fait pas mystère de ses ambitions. En 2024, il injecte 250 millions de dollars dans la campagne de Donald Trump. Puis, en février 2025, il publie une tribune dans le journal allemand Welt am Sonntag. Le message est limpide : seul l’AFD (Alternative für Deutschland) peut sauver l’Allemagne. Quelques jours plus tard, il reçoit en direct sur X la dirigeante du parti, Alice Weidel. Il la présente comme la candidate en tête pour diriger l’Allemagne. Le chancelier Olaf Scholz critique publiquement ces interventions. Plusieurs responsables politiques accusent Musk de chercher à peser sur la campagne électorale.
Au Royaume-Uni, le patron de SpaceX et Tesla s’en prend au gouvernement travailliste. Il accuse le Premier ministre Keir Starmer d’avoir couvert un scandale d’exploitation sexuelle de mineurs. Il l’appelle à l’envoyer en prison et propose une alternative : le parti d’extrême droite Reform UK. Il affiche aussi son soutien à Tommy Robinson, figure radicale anti-immigration plusieurs fois condamné par la justice britannique.
La liste des pays européens ciblés s’allonge. En Roumanie, il défend Călin Georgescu après l’annulation de la présidentielle pour soupçon d’ingérence russe. En Hongrie, il soutient Viktor Orbán. En Italie, il fait l’éloge de Giorgia Meloni. Partout, le même schéma : un message fort, une visibilité offerte à des centaines de millions d’utilisateurs, et un soutien assumé aux partis d’extrême droite.
15 juillet 2026 : le tweet qui change la donne en France
Jusqu’à récemment, la France était peu dans le viseur d’Elon Musk. Mais tout bascule en mars 2025. Marine Le Pen est condamnée dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Elon Musk estime qu’elle doit pouvoir malgré tout se présenter à l’élection présidentielle. En juin 2026, il repartage plusieurs publications de figures proches de l’extrême droite française : l’influenceuse Thaïs d’Escufon, le militant Eric Techner.
Puis, le 15 juillet 2026, le coup de tonnerre. Musk tweete que Marine Le Pen est « le dernier espoir de la France ». Le soutien est clair, massif, public — et pourtant.
La candidate prend ses distances. En juin 2026, elle critique Donald Trump, affirmant qu’il a fait exactement l’inverse de ce qu’il avait promis en matière de politique étrangère. Le Rassemblement national, interrogé, répond : « Nous ne sommes pas responsables et nous ne devons pas répondre de ceux qui nous soutiennent. » (Oui, vous avez bien lu.)
Ingérence ou cadeau empoisonné ?
Les interventions de Musk suscitent des accusations d’ingérence étrangère dans les élections européennes. Une chose est sûre : Elon Musk ne se contente plus de vendre des voitures électriques ou de lancer des fusées. Il construit son propre réseau d’influence politique, de Washington à Paris, en passant par Berlin et Londres.
Sources : Journal Welt am Sonntag (tribune de Musk, février 2025), réseau social X (tweets de Musk, 2024-2026).
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.


