EgyptAir : le parquet de Paris enterre le crash, les familles crient au scandale

Soixante-six morts. Dix ans d'enquête. Zéro responsable. Voilà le bilan. Le parquet de Paris a requis un non-lieu général dans l'affaire du vol MS804 d'EgyptAir. Les familles des victimes sont en furie — elles parlent de justice bâclée, de conclusions tronquées, d'un abandon pur et simple. Cette décision, rendue dix ans après la catastrophe, enterre toute possibilité de procès. Pourquoi ? Qui a signé ? Où est la vérité ?
Soixante-six vies, zéro responsable : la chronique d'un abandon
Le 19 mai 2016, le vol MS804 d'EgyptAir décolle de Paris pour Le Caire. À son bord : 56 passagers et 10 membres d'équipage. Quinze Français. L'avion s'abîme en Méditerranée. Aucun survivant. Pendant des semaines, on repêche les débris, on analyse les boîtes noires, les hypothèses s'affrontent. Terrorisme ? Défaillance technique ? Erreur humaine ? Dix ans plus tard, la justice française rend son verdict : personne n'est coupable. (source: letelegramme.fr)
Ce n'est pas une erreur de gestion. C'est un système. Et ce système a des noms.
Le parquet de Paris, qui menait l'enquête depuis le début, a demandé un non-lieu général. Aucune mise en examen. Aucun procès. Aucune responsabilité pénale établie. Les juges d'instruction ont suivi. L'affaire est classée. Les familles l'ont appris par la presse. Pas par un appel. Pas par une lettre. Par un article de journal.
« Le sentiment d'une justice bâclée et d'être abandonnées », confient les proches des victimes au Monde et aux Dernières Nouvelles d'Alsace (source: lemonde.fr, dna.fr). Leur colère est légitime. Leur douleur est instrumentalisée. Leur quête de vérité est bafouée. La suite est édifiante.
« Conclusions tronquées incompatibles avec les données factuelles »
Les familles ne se taisent pas. Elles ont lu le dossier. Elles ont consulté des experts. Et ce qu'elles ont découvert les a sidérées. « Conclusions tronquées incompatibles avec les données factuelles », affirment-elles au Monde (source: lemonde.fr). Leurs avocats dénoncent une enquête bâclée, des preuves ignorées, des pistes abandonnées.
Indignées par le manque de sérieux de l'enquête, elles demandent la mise en examen d'EgyptAir pour des manquements à ses obligations de maintenance (source: lefigaro.fr). Oui, la compagnie égyptienne. Celle-là même qui n'a jamais fourni tous les documents techniques demandés par les juges français. Celle-là même qui a opposé une fin de non-recevoir à chaque requête.
Pourquoi le parquet de Paris n'a-t-il pas insisté ? Pourquoi les juges n'ont-ils pas ordonné des expertises complémentaires ? Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
Le dossier technique du vol MS804 est pourtant clair : des défaillances répétées sur l'appareil, des alertes ignorées, une maintenance douteuse. Les familles ont rassemblé des preuves. Des témoignages d'anciens employés d'EgyptAir. Des rapports internes. Des anomalies de vol. Tout cela a été versé au dossier. Et tout cela a été ignoré.
Le parquet de Paris : silence et opacité
Qui a pris la décision de requérir un non-lieu ? Le nom du magistrat n'a pas été communiqué officiellement. Le parquet de Paris reste muet. Aucune conférence de presse. Aucune déclaration publique. Juste un document judiciaire, sec, administratif, qui met fin à dix ans d'enquête.
Ce n'est pas une erreur de procédure. C'est un choix politique.
Le parquet de Paris est indépendant, nous dit-on. Pourtant, dans les dossiers sensibles impliquant des États étrangers, la pression est réelle. L'Égypte est un allié stratégique de la France au Moyen-Orient. Un procès contre EgyptAir aurait des conséquences diplomatiques. Alors on classe. On enterre. On oublie.
Les familles, elles, n'oublient pas. Elles se souviennent des promesses. « La vérité sera faite », leur avait-on dit en 2016. « Nous irons jusqu'au bout », avait promis un ministre. Dix ans plus tard, le bout, c'est un non-lieu. Les questions se bousculent : où est passée la volonté politique ? Qui a téléphoné à qui ? Quels intérêts ont pesé plus lourd que 66 vies humaines ?
À suivre.
EgyptAir : un dossier verrouillé par Le Caire
La compagnie égyptienne n'a jamais collaboré pleinement avec la justice française. Les demandes d'expertise technique ont été systématiquement ralenties. Les pièces du dossier, quand elles arrivaient, étaient incomplètes. Les juges d'instruction parisiens se sont heurtés à un mur.
Les familles le savent. Elles ont tenté de contourner l'obstacle. Elles ont saisi la justice égyptienne. Sans succès. Elles ont écrit aux autorités françaises. Sans réponse satisfaisante. Le parquet de Paris aurait pu insister, utiliser les voies diplomatiques, exiger la coopération. Il ne l'a pas fait.
Pourquoi ? Parce que la procédure judiciaire française est soumise au principe de souveraineté des États. L'Égypte n'est pas membre de l'Union européenne. Les conventions internationales en matière d'enquêtes aériennes existent, mais leur application est aléatoire. Et quand un État refuse de coopérer, la justice française baisse les bras.
Ce n'est pas une fatalité. C'est un choix. Le choix de ne pas aller au conflit avec Le Caire. Le choix de privilégier la diplomatie sur la vérité. Le choix de laisser 66 familles sans réponse.
Les avocats des parties civiles l'ont dénoncé dans leurs conclusions. Ils ont demandé la mise en examen d'EgyptAir pour homicides involontaires et mise en danger de la vie d'autrui. Ils ont prouvé que la compagnie avait connaissance de problèmes techniques récurrents sur l'appareil. Ils ont apporté des éléments concrets. Le parquet les a balayés d'un revers de main.
Les familles contre-attaque : un combat de longue haleine
Les familles des victimes ne se résignent pas. Elles ont annoncé leur intention de faire appel de la décision de non-lieu. Elles vont saisir la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris. Elles vont porter le combat devant les juridictions européennes s'il le faut.
Leur détermination est à la hauteur de leur colère. « Nous ne laisserons pas mourir nos proches une seconde fois », confie l'une d'elles au Figaro (source: lefigaro.fr). « Nous nous battrons jusqu'à ce que la vérité éclate. »
Elles ont déjà constitué un collectif. Elles ont récolté des fonds pour financer les expertises privées. Elles ont engagé des avocats spécialisés en droit aérien international. Leur stratégie est claire : contourner le parquet de Paris en multipliant les recours.
Mais le chemin est long. Très long. Les procédures d'appel prennent des mois, parfois des années. Et rien ne garantit que la cour d'instruction ne confirme pas le non-lieu. Le risque est réel : que cette affaire rejoigne le cimetière des catastrophes aériennes jamais jugées.
Dix ans déjà. Combien d'années encore ?
Les questions restent sans réponse. Pourquoi le parquet n'a-t-il pas ordonné une contre-expertise indépendante des boîtes noires ? Pourquoi les données radar fournies par l'armée égyptienne n'ont-elles jamais été vérifiées par des experts français ? Pourquoi les familles ont-elles dû se battre pendant une décennie pour obtenir des pièces du dossier ?
La France, paradis de l'impunité pour les compagnies étrangères ?
Cette affaire n'est pas un cas isolé. La justice française a déjà classé sans suite plusieurs catastrophes aériennes impliquant des compagnies étrangères. Le crash de la Rio-Paris en 2009 ? Procès, certes, mais seulement pour Airbus et Air France. Les crashs de la Yemenia en 2009, de la Flash Airlines en 2004 ? Des procédures interminables, des non-lieux partiels, des victoires à la Pyrrhus pour les familles.
Le schéma est toujours le même : une catastrophe, une enquête qui s'enlise, des pressions diplomatiques, des non-lieux. Les familles crient. Les politiques promettent. Les juges classent. Et le temps passe.
Le vol MS804 d'EgyptAir est un exemple parfait de ce système. La compagnie égyptienne est protégée par son État. L'Égypte est un partenaire commercial majeur de la France. Alors on ferme les yeux. On accepte les versions officielles. On renonce à la vérité.
Les familles, elles, ne sont pas dupes. Elles savent que leur combat est politique autant que judiciaire. Elles savent que la décision du parquet de Paris n'est pas neutre. Elles savent que des intérêts économiques et diplomatiques pèsent plus lourd que leur douleur.
Et elles continuent. Parce qu'elles n'ont pas le choix. Parce que 66 morts méritent mieux qu'un non-lieu. Parce que la vérité, même tardive, même incomplète, est la seule chose qui peut apaiser leur peine.
Conclusion : la vérité n'est pas morte, elle est juste enterrée
Le parquet de Paris a requis un non-lieu général. Les familles crient au scandale. Les questions restent sans réponse. Pour l'instant.
Où est l'argent ? Où sont les preuves ? Qui a signé l'ordre de classement ? Quels intérêts ont été protégés ?
Les familles des victimes du vol MS804 ne lâcheront rien. Elles iront en appel. Elles iront à Strasbourg s'il le faut. Elles iront jusqu'au bout. Parce que derrière les conclusions tronquées, derrière les non-lieux, derrière le silence du parquet, il y a 66 vies humaines. Il y a 15 Français. Il y a des pères, des mères, des enfants, des amis, des amours.
Le Dossier prend position : cette décision est un déni de justice. Elle protège EgyptAir et ses actionnaires. Elle bafoue la mémoire des victimes. Elle insulte l'intelligence des familles.
La France peut mieux faire. La France doit mieux faire.
L'affaire EgyptAir n'est pas close. Elle est juste mise sous le tapis. En attendant qu'un autre juge, une autre pression, une autre vérité éclate.
À suivre.
Sources :
- Le Monde — « Le parquet de Paris requiert un non-lieu général dans l'enquête sur le crash d'EgyptAir, la colère des familles » (2026)
- Le Figaro — « Crash d'EgyptAir : les familles indignées demandent la mise en examen de la compagnie pour maintenance défaillante » (2026)
- Dernières Nouvelles d'Alsace — « Crash d'EgyptAir : le sentiment d'une justice bâclée et d'être abandonnées » (2026)
- Le Télégramme — « Dix ans après le crash d'EgyptAir, le parquet de Paris demande un non-lieu général » (2026)
- 20 Minutes — « EgyptAir : le parquet de Paris demande un non-lieu général dix ans après le crash, colère des familles de victimes » (2026)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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