Effondrement d'un glacier au Népal : 359 morts et l'impuissance face aux dérèglements climatiques

9h26, vallée de la Trishuli. Une vague déferle à grande vitesse. Le mur d'eau charrie roches, glace et boue. Plusieurs villages sont rayés de la carte. Le dernier bilan fait état de 359 morts et 1 300 disparus — dont quatre touristes français. Derrière ce drame, une cause : l'effondrement d'un glacier, selon l'Institut d'études géologiques des États-Unis.
Une violence inouïe
Les images satellites montrent l'étendue des dégâts. La rivière Trishuli, artère vitale de la région, n'est plus qu'un champ de ruines. Les caméras de surveillance du poste frontière de Gyirong ont capté l'instant où tout a basculé. L'eau, très boueuse, emporte ponts et véhicules comme des fétus.
Les secours retrouveront peu de survivants.
Une catastrophe prévisible ?
L'Institut d'études géologiques des États-Unis pointe un effondrement glaciaire. Un glissement de terrain aurait bloqué la rivière, créant un barrage naturel. Puis la rupture. Une sorte de tsunami qui peut tout ravager sur des dizaines de kilomètres.
La faute au climat ? Les scientifiques sont formels. Le glacier Langanglirung fond à vue d'œil. Le changement climatique augmente la fréquence de ce type d'événements. Le Centre international pour le développement intégré des montagnes alerte : d'autres inondations secondaires sont possibles.
Pourtant, la région connaît les risques. La mousson d'été, de juin à septembre, apporte son lot de glissements de terrain. Mais cette fois, l'ampleur dépasse tout ce qui avait été modélisé. Il nous faudra quelques semaines pour comprendre, tempère un glaciologue.
La France aussi concernée
L'Hexagone n'est pas à l'abri. Le 20 juin 2024, le hameau de La Bérarde (Isère) était emporté par une crue glaciaire. Moins meurtrier, mais révélateur. En France, une vingtaine de sites sont surveillés en permanence. Des capteurs, des barrages. Le glacier de Tête Rousse, en Savoie, fait l'objet d'une surveillance horaire depuis qu'une poche d'eau y a tué 200 personnes en 1892.
La différence ? L'Himalaya concentre tous les dangers : reliefs extrêmes, population dense, pauvreté chronique. Des millions de Népalais vivent à proximité des glaciers. Dans des vallées étroites, sans issue. Des zones qu'il faut étudier de plus en plus, plaide un expert.
Et maintenant ?
Les chiffres ne mentent pas. Depuis 2003, la fonte des glaciers s'accélère. Le permafrost — ce ciment des montagnes — se réchauffe. Résultat : des pentes instables, des lacs glaciaires qui se vident brutalement. Au Népal comme en France.
Les systèmes d'alerte existent. Mais ils coûtent cher. Trop cher pour Katmandou, qui peine à équiper ses vallées reculées. Pendant ce temps, l'Europe dépense des milliards en subventions vertes... sans empêcher ses propres catastrophes.
Voilà où ça se complique. La technologie peut limiter les dégâts. Elle ne stoppera pas la fonte des glaciers. Seule une réduction drastique des émissions de CO2 y parviendrait. Un choix politique que personne ne semble prêt à faire.
À suivre.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
Ne manquez aucun scandale
Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.


