Durban : le centre de réfugiés attaqué par des militants anti-immigration

Fouets, bâtons et lâcheté. Hier matin, rue Chigevarin, des membres du mouvement March on March ont frappé des réfugiés congolais devant un centre d'accueil. Parmi les quatre blessés hospitalisés, deux avaient moins de douze ans.
Scènes de chaos
11h37. Une vingtaine d'hommes en cagoules débarquent en hurlant. Ils frappent au hasard, visant particulièrement les femmes accroupies près des tentes. Des enfants pleurent, serrant contre eux leurs maigres possessions. Les images tournées par France 24 montrent un homme traîné par les cheveux — son t-shirt arraché laisse voir des marques de fouet.
Ces réfugiés, pour la plupart originaires du Kivu, campaient là depuis mai. Sans toit, sans aide des autorités locales. Nourris par des associations, ignorés par tous. Jusqu'à ce que March on March décide de « nettoyer » leur misère.
Xénophobie organisée
Le mouvement s'affiche sans complexe. Depuis 2025, ses membres multiplient les descentes « punitives » contre les migrants. Leur argument ? Les 3 millions de sans-papiers qui pèseraient sur l'économie sud-africaine. Pourtant, aucune étude ne prouve leur impact sur le chômage — seulement 8% des emplois informels leur sont attribués.
Alors pourquoi cette violence ? « Ils nous traitent comme des animaux depuis qu'on a refusé le rapatriement forcé », témoigne un rescapé sous couvert d'anonymat. Ligela, le centre en question, est connu pour ses conditions inhumaines. Mais la rue Chigevarin n'offre guère plus de sécurité.
Silence coupable
24 heures après l'attaque, personne n'a été interpellé. La police locale minimise : « simple altercation entre communautés ». Pourtant, les blessures parlent d'elles-mêmes. Fractures, brûlures, traumatismes crâniens. Deux enfants sous perfusion.
Et pendant ce temps, les manifestations hebdomadaires de March on March continuent. Leur dernier slogan ? « Un employeur sud-africain = un travailleur sud-africain ». La rhétorique ressemble étrangement à certaines formations politiques européennes.
Miroir grossissant
L'Afrique du Sud cristallise une crise mondiale. À Durban comme à Calais, les mêmes mécanismes se répètent : absence de politique migratoire claire, montée des extrêmes, violence comme seule réponse.
En France, 40% des migrants non-européens ne parlent toujours pas français après dix ans de présence. Le multiculturalisme à minima a montré ses limites. Faut-il s'inspirer du modèle canadien, où l'immigration économique représente 60% des flux ? Ou continuer à gérer dans l'urgence, au gré des crises ?
Les coups de bâton de Durban résonnent comme un avertissement. Quand l'État se décharge de ses responsabilités, ce sont toujours les mêmes qui paient le prix fort.
Sources :
- France 24, "Manifestation anti-immigration : le centre de réfugiés de Durban attaqué"
- Africa Check, "Chiffres sur l'immigration en Afrique du Sud : mythes et réalités"
- INSEE, "Statistiques sur l’intégration linguistique des migrants"
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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