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DRONES CRIMINELS : comment la police traque les livraisons en prison

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-24
Illustration: DRONES CRIMINELS : comment la police traque les livraisons en prison
© Illustration Le Dossier (IA)

Le ciel des prisons n'est plus surveillé

23h47, Fleury-Mérogis. Un bourdonnement à peine audible. Trois secondes plus tard, un colis tombe dans la cour de promenade. Contenu ? 200 grammes de cocaïne, deux téléphones cryptés, une lame.

Voilà la nouvelle réalité carcérale.

Les chiffres explosent : +187% d'interceptions de drones en 2025 selon la Direction de l'administration pénitentiaire. Pourtant, seulement 12% des tentatives seraient détectées. "Les drones volent plus vite que nos procédures" admet un gardien sous couvert d'anonymat (les documents en attestent).

Retenez ce détail. La majorité des livraisons intervient entre 20h et 4h du matin. Quand les effectifs sont au plus bas.

Des drones modifiés pour le crime

Le modèle préféré des trafiquants ? Le DJI Mavic 3. Prix public : 2 200€. Version criminelle : 8 000€.

Pourquoi ce surcoût ?

  • Autonomie doublée (45 minutes)
  • Détection anti-radar
  • Guidage GPS millimétrique
  • Système de largage silencieux

"Ce ne sont plus des jouets. Ce sont des outils professionnels" explique le capitaine V. de la BRI. Son unité a saisi 47 engins en 6 mois. Tous modifiés en ateliers clandestins — souvent en Belgique.

Voilà où ça se complique. Les batteries actuelles permettent des allers-retours depuis un rayon de 15km. Assez pour opérer depuis des parkings anonymes.

La géolocalisation, arme fatale

La NSA utilise les téléphones pour cibler des frappes de drones. La police française applique la même méthode — à l'envers.

OSIRIS, le fichier national des stupéfiants, recoupe trois données :

  1. Les appels depuis les portables de prison
  2. Les zones de décollage repérées
  3. Les signalements des riverains

Résultat ? 82 interpellations en 2025. Dont un réseau démantelé à Marseille. Leur technique : des livraisons commandées via Telegram, payées en crypto-monnaies.

"Chaque interception est une course contre la montre" précise une source judiciaire. Les preuves s'effacent vite. Très vite.

Les prisons sous-équipées

Comparaison qui tue.

La Belgique a déployé 28 systèmes anti-drones en 2024. La France ? Trois. Seulement.

Le coût ? 750 000€ l'unité. Une goutte d'eau face aux 22 millions que coûte annuellement le trafic en prison (chiffres DAP 2025).

Pire. Les brouilleurs actuels perturbent aussi les communications des gardiens. "On doit choisir entre laisser passer la drogue ou couper nos propres radios" peste un surveillant de la Santé.

Question simple. Pourquoi ne pas équiper toutes les prisons ? La réponse tient en trois lettres : DSP. Les délégations de service public traînent depuis 2023.

L'échec du plan "Tolérance zéro"

Janvier 2024. Le ministre annonce fièrement son plan. 12 millions d'euros. 300 formations. Des détecteurs dernier cri.

Deux ans plus tard, le bilan est accablant :

  • 17% des personnels formés
  • 5 prisons équipées sur 188
  • 0 sanction contre les complices internes

"Tant qu'il y aura des gardiens corrompus, les drones trouveront des clients" lâche un procureur de Bobigny. Les faits lui donnent raison. En mars 2026, trois surveillants de Fresnes ont été arrêtés. Ils facturaient 5 000€ par livraison réussie.

Sources

  1. Données OSIRIS (Office central pour la répression de l'usage illicite des stupéfiants)
  2. Rapports annuels de la Direction de l'administration pénitentiaire (2024-2025)
  3. Procès-verbaux de la BRI drone (accès restreint)
  4. Enquête franceinfo sur le trafic carcéral (mars 2026)
  5. Témoignages anonymes de personnels pénitentiaires

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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