Djenna Laroui : la gymnaste franco-algérienne cible d'une haine raciste organisée

Les messages qui accusent
"Retourne dans ton pays." "Sale traître." "Bougnoule de service." Ces mots — screenshots à l'appui — déferlent sur les comptes sociaux de Djenna Laroui depuis le 15 avril 2026. Trois jours après son annonce officielle : quitter l'équipe de France pour l'Algérie.
Le parquet de Paris a déjà identifié 147 messages explicitement racistes. Certains émanent de comptes anonymes. D'autres, et c'est là que ça devient intéressant, de profils publics liés à des groupuscules d'extrême droite.
"L'ampleur et la violence des messages ne laissent pas de doute : c'est organisé", souffle une source proche de l'enquête. Les enquêteurs explorent deux pistes : harcèlement spontané ou campagne coordonnée ? Et pourtant, les traces s'accumulent.
Le parcours fracassé d'une championne
Djenna Laroui a grandi à Clichy-sous-Bois. Repérée à 14 ans pour son talent exceptionnel en gymnastique artistique. Intégrée au pôle France de Marseille en 2021. Trois médailles nationales juniors.
Puis, le mur. "On lui reprochait son 'manque d'assimilation'", révèle un ancien entraîneur. Des sous-entendus sur sa "loyauté". En mars 2026, elle claque la porte. L'Algérie l'accueille à bras ouverts.
Pourquoi ce revirement ? Les chiffres parlent. 12 sélections en équipe de France. 2 titularisations. Une moyenne de 3,7 minutes de jeu par match. "En Algérie, elle sera titulaire indiscutable", analyse Karim Benali, consultant sportif.
Le business du racisme
Les réseaux sociaux sont leur arme. Et leur business model. Notre enquête révèle que 38% des comptes harceleurs suivent les mêmes influenceurs d'extrême droite. Trois noms reviennent :
- Jean-Rémi T. (89 000 abonnés)
- "FièrementFrançais" (page Facebook à 120 000 likes)
- Le collectif "Nos valeurs d'abord"
Ces comptes ont partagé 17 fois la nouvelle du départ de Laroui. Avec le même hashtag : #Traîtres. Une analyse des métadonnées montre que 62% des messages haineux proviennent de leurs abonnés.
"Ce n'est pas de la colère spontanée. C'est une machine à haine organisée", dénonce Me Samira Bouzid, avocate de la gymnaste. Le parquet examine maintenant les liens entre ces influenceurs et les auteurs directs des messages.
Les attaques contre les sportifs "transfuges"
Laroui n'est pas un cas isolé. Depuis 2024, 9 sportifs français ayant choisi d'autres sélections ont subi des attaques similaires. Trois constantes :
- Des joueurs issus de l'immigration
- Des sélections africaines ou maghrébines
- Des campagnes de haine systématiques
Le cas le plus violent avant Laroui ? Yacine B., footballeur passé du PSG à la Tunisie en 2025. Il a reçu des menaces de mort. Son agresseur a été condamné à 8 mois ferme. Une peine exceptionnelle — la plupart des plaintes classées sans suite.
"La justice française ne prend pas assez au sérieux ces affaires", accuse Me Bouzid. Les chiffres le prouvent : seulement 12% des plaintes pour cyberharcèlement raciste aboutissent à une condamnation.
L'équipe de France dans le viseur
L'Insep — Institut national du sport — refuse de commenter. Officiellement. En off, les langues se délient. "Certains cadres techniques n'ont pas digéré son départ", lâche un membre du staff sous anonymat.
Des preuves ? Les relevés WhatsApp obtenus par nos soins. Le 12 avril, un message circule dans un groupe privé d'entraîneurs : "Elle nous a plantés pour un pays de merde." L'auteur ? Un technicien de la fédération. Il nie aujourd'hui toute intention raciste.
La Fédération française de gymnastique a ouvert une enquête interne. Trop tard. Le mal est fait. "Ces propos prouvent que le racisme est institutionnel", tonne Me Bouzid. La défense de Laroui prépare maintenant une plainte contre X pour discrimination.
Le double prix de la liberté
Djenna Laroui s'entraîne désormais à Alger. Loin du bruit. Mais pas de la douleur. "Je pensais que la France était mon pays. On m'a rappelé que je n'étais qu'une immigrée", confie-t-elle à nos confrères algériens.
Son cas pose une question : jusqu'où ira la haine des "transfuges" ? Les prochains mois seront décisifs. L'enquête du parquet avance. Les preuves s'accumulent. Une chose est sûre : Djenna Laroui ne reculera pas.
"Je me battrai jusqu'au bout. Pour moi. Pour toutes celles qui viendront après." Son procès — celui de la France raciste — ne fait que commencer.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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