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Détresse étudiante: le cri d'alarme des écoles de commerce

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-23
Illustration: Détresse étudiante: le cri d'alarme des écoles de commerce
© YouTube

34% des étudiants ont besoin d'un psychologue. 64% ont renoncé à des soins de santé. Sur le campus Lumini à Marseille, une maison de santé tente de répondre à cette crise. Mais est-ce suffisant ?

Une maison de santé pour apaiser les esprits

Depuis peu, la maison de santé du campus Lumini à Marseille ouvre ses portes deux fois par semaine. Les étudiants peuvent y trouver des psychologues, un médecin généraliste, et même des services comme la naturopathie ou la médiation animale. Une initiative qui répond à une détresse grandissante, révélée par une enquête interne.

"34% des étudiants ont besoin d'un psychologue," —oui, vous avez bien lu— "et 64% ont renoncé à des soins de santé physique." Des chiffres qui frappent et qui montrent à quel point la santé mentale des étudiants est en péril.

Le premier réflexe des étudiants ? Frapper à la porte de l'assistante sociale. Entre les frais de scolarité et les examens, le stress est omniprésent. "Il m'en reste encore deux demain, et un examen d'Excès jeudi," confie un étudiant, épuisé.

Pression financière et isolement : un cocktail explosif

La pression financière n’épargne personne. Et pourtant, loin des clichés de la jeunesse dorée, 40% des élèves de CGE peinent à subvenir à leurs besoins essentiels. "Beaucoup n’ont pas de réseau, ni de parents pour les soutenir financièrement," explique un psychologue.

La pandémie a laissé des traces. "Après des mois confinés, ne communiquant que par écrans, certains étudiants ont eu du mal à retrouver leur place sur le campus," témoigne un membre de l’équipe éducative. L’isolement social, amplifié par les réseaux sociaux, a creusé des blessures invisibles mais profondes.

La permanence médicale, ouverte une demi-journée par semaine, est souvent prise d’assaut. Des maladies chroniques négligées, des manifestations physiques du stress : les étudiants y viennent pour trouver un peu de répit. "J’ai eu du mal à trouver un appartement. Ça m’a ouvert les yeux sur la réalité du monde," avoue un étudiant.

Des initiatives bienvenues, mais insuffisantes

L’école a renforcé la présence de psychologues et propose des séances de sophrologie et de yoga. "Grâce à l’école, j’ai pu essayer la sophrologie et le yoga. Ça m’aide à mieux gérer mon stress," témoigne un étudiant. Mais ces mesures, aussi utiles soient-elles, ne suffisent pas à résoudre une crise systémique.

La maison de santé est une réponse urgente, mais elle ne peut être qu’un premier pas. Dépistage, éducation à la santé, soutien psychologique : le chemin est long. Et la route, semée d’embûches.

Les réseaux sociaux : l’illusion de la perfection

"On veut toujours être au top, mais c’est une utopie," reconnaît un étudiant. Les réseaux sociaux amplifient cette quête de perfection impossible. Comparaisons constantes, images idéalisées, pression pour être toujours performant : tout cela nourrit l’angoisse et le stress.

La pandémie a exacerbé cette dynamique. Communiquer uniquement par écrans a rendu le retour sur le campus encore plus difficile pour certains. L’isolement social est devenu une plaie ouverte.

Les étudiants internationaux : doublement vulnérables

Les étudiants internationaux sont parmi les plus touchés. Sans carte vitale, ils peinent à accéder aux soins de santé. "Ce sont surtout nos étudiants internationaux qui n’ont pas la carte vitale et qui, du coup, ne vont pas consulter alors qu’ils en auraient besoin," explique un membre de l’équipe éducative.

Le choc culturel, les difficultés administratives, la barrière de la langue : autant de défis qui s’ajoutent à la pression académique. "J’ai eu du mal à trouver un appartement. Ça m’a ouvert les yeux sur la réalité du monde," confie un étudiant international.

Une crise qui appelle une réponse globale

La maison de santé du campus Lumini est une initiative nécessaire, mais elle ne peut être qu’un début. La détresse étudiante est une crise systémique qui exige une réponse à la hauteur des enjeux. Pression financière, isolement social, quête de perfection : les causes sont multiples et profondes.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 34% ont besoin d’un psychologue, 64% ont renoncé à des soins de santé. Une réalité alarmante, qui ne peut plus être ignorée.

Sources :

  • Enquête interne de l'école de commerce CGE

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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