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Désinformation climatique : l'industrie fossile manipule-t-elle la France ?

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-29
Illustration: Désinformation climatique : l'industrie fossile manipule-t-elle la France ?
© YouTube

665 cas. Un record absolu. En 2025, la désinformation climatique a pris en France des proportions industrielles. Derrière chaque fake news ? Des milliards. Des lobbies. Une stratégie.

Silence radio

4,9%. C'est ce que les médias français consacrent aux sujets environnementaux. À la une ? Jamais. Dans les régions, c'est pire : 4% seulement. Et quand la canicule frappe, seuls 30% des journaux locaux font le lien avec le réchauffement.

"Un black-out organisé", accuse Eva Morel de Cota Climat. Son constat fait froid dans le dos : "La moitié des articles sur les vagues de chaleur taisent le rôle du climat. On fabrique de l'ignorance à la chaîne."

Les solutions écologiques paient le prix fort. 53% des fake news visent les renouvelables et les voitures électriques. "C'est plus subtil qu'avant. On ne nie plus la science — on sape les alternatives."

Derrière l'écran

Quatre acteurs tirent les ficelles.

D'abord, les géants du pétrole. TotalEnergies en tête, mais pas seul. Ensuite, les plateformes — X transforme la colère en revenus. L'extrême-droite et ses réseaux complotistes jouent les amplificateurs. Enfin, des puissances étrangères. Chine. Russie.

Preuve par l'absurde : en 2025, Michel Onfray déclarait sur CNews que "le réchauffement vient du multivers". L'ARCOM a sanctionné. Une première en Europe.

"Leur arme ? Nos émotions", explique Morel. Les algorithmes favorisent les contenus qui divisent. La peur rapporte.

L'ARCOM sous l'eau

27 signalements. 4 sanctions. Le régulateur français se noie.

La loi de 1986 est pourtant claire : "rigueur et honnêteté" obligatoires. L'ARCOM a des outils — avertissements, amendes. Mais face aux centaines de millions dépensés en lobbying par le pétrole, les montants font sourire.

La France inspire pourtant l'OFCOM britannique. Une lueur d'espoir.

Chasseurs de fake news

665 cas. Derrière ce chiffre, une traque méthodique :

  • 18 chaînes passées au crible
  • Détection par IA
  • Vérification humaine par Science Feedback

"L'IA ne fait qu'alerter. Les experts tranchent", précise Morel. Comme ce documentaire de France 3 niant l'impact des éoliennes. Détecté. Démonté.

Les coupables ? "Pas toujours les journalistes. Souvent leurs invités." Les climatosceptiques trustent les plateaux. Sans contradicteur.

Et maintenant ?

Cota Climat milite pour un quota minimum d'info environnementale. "Pas de censure. Juste un garde-fou contre l'ignorance", défend Morel.

En Norvège, ça marche. Les médias publics y consacrent 12% de leur temps. Résultat ? 73% des Norvégiens jugent la crise prioritaire. Contre 41% chez nous.

Autre front : les algorithmes. X et Meta refusent d'ouvrir leurs boîtes noires. "Ils nourrissent la machine à fake news", dénonce Morel.

Les chiffres chocs

  • 4,9% : place du climat dans les médias
  • 50% : articles canicule sans mention du réchauffement
  • 665 : fake news documentées
  • 27 : signalements à l'ARCOM
  • 30% : presse régionale liant canicule et climat

Urgence vitale

La désinformation climatique tue. En masquant les causes des canicules, elle retarde les protections. Bilan ? Des morts évitables.

Pendant ce temps, TotalEnergies engrange +89% de profits en 2025. Les médias regardent ailleurs.

2025 restera l'année où la désinformation est devenue l'arme fatale contre la transition. Reste une question : qui aura le courage d'intervenir ?

Sources

  • Données originales : Observatoire des médias sur l'écologie
  • Vérifications : Science Feedback
  • Flux médiatiques : Mediatry
  • Décisions réglementaires : ARCOM

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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