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SociétéÉpisode 3/2

EXCLUSIF : L’horreur des deepfakes sexuels – Un mari, dix ans de piège

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-23
Illustration: EXCLUSIF : L’horreur des deepfakes sexuels – Un mari, dix ans de piège
© cottonbro studio / Pexels

Le téléphone a vibré à 3h17. Encore une notification anonyme. Collien Fernandes savait déjà. Une nouvelle vidéo truquée venait d’apparaître quelque part sur le web. Dix ans que ça dure. Dix ans que son ex-mari, Christian Ulmen, fabrique des centaines de deepfakes pornographiques à son effigie. L’Allemagne découvre, horrifiée, le calvaire numérique de cette star allemande.

2016-2026 : carnage numérique

Dix ans. Le temps qu’il faut pour élever un enfant. Ou pour détruire une femme. Christian Ulmen a choisi la seconde option. Méthodiquement.

"Tu m’as violée virtuellement." La phrase de Collien, lancée lors d’un talk-show allemand, a fait l’effet d’une bombe. Derrière ces trois mots ? Des milliers d’heures passées à traquer les faux comptes, à signaler les vidéos, à prouver l’impossible : que ce corps numérisé n’était pas le sien.

Et pourtant. Les algorithmes de Christian Ulmen étaient imparables. Il maîtrisait chaque étape :

  • Création de profils fantômes
  • Diffusion ciblée sur des plateformes pornos
  • Conversations simulées pour faire croire à des échanges consentis

"Une personne envoyait de (fausses) photos nues de moi." Collien lâche l’info lors d’une conférence de presse. Les mains tremblent. Voilà ce qu’on retiendra : le mari modèle — celui qui postait des photos de famille sur Instagram — alimentait parallèlement des réseaux clandestins.

Un pays sous choc

Juillet 2011. Leur mariage fait la une des magazines. Septembre 2025. Le divorce est annoncé. Entre les deux ? Quatorze ans de vie commune… et dix ans de double jeu.

Der Spiegel a reconstitué le puzzle. Le journal révèle que Christian utilisait :

  1. Des VPN pour masquer son IP
  2. Des logiciels de morphing dernière génération
  3. Des comptes relais en Ukraine et aux Philippines

L’Allemagne découvre soudain que ses lois sont dépassées. Une députée écologiste tonne : "Comment en sommes-nous arrivés là ?" Les féministes rappellent que 96% des deepfakes sexuels ciblent des femmes.

— C’est une arme de guerre conjugale, assène une avocate spécialisée. Le domicile devient une zone de combat.

L’IA, nouvelle arme des violences conjugales

La technologie a changé la donne. Avant, on falsifiait des photos. Aujourd’hui, on génère des scènes complètes en 4K. Avec des larmes. Des expressions. Des grains de peau.

Collien n’est pas la première. Mais son cas est unique : l’agresseur partageait son lit. "Il connaissait mes angles, mes expressions", souffle-t-elle dans Der Spiegel. Un avantage décisif pour créer des faux crédibles.

La législation ? À la ramasse. En Allemagne, la peine maximale pour diffusion de deepfakes plafonne à deux ans. Christian Ulmen risque moins qu’un voleur de portable.

Ondes de choc

Les réactions en chaîne :

  • #JusticePourCollien dépasse 1M de tweets en 48h
  • La ministre de la Justice promet une "task force"
  • Trois plateformes pornos ferment des milliers de comptes

"Nous ne sommes plus dans la théorie", martèle une cybercriminologue. Les preuves s’accumulent : emails compromettants, historiques de paiements pour des logiciels de deepfake, témoignages d’amis dupés.

Et pour Collien ? Le combat continue. Entre deux audiences, elle lance une fondation contre les violences numériques. "Je veux que ma fille grandisse dans un monde où ça n’existe pas." Un vœu pieux ? Peut-être. Mais après dix ans d’enfer, elle a bien le droit d’y croire.

Par la rédaction de Le Dossier

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Épisode 3 · 2026-03-23

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