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SociétéÉpisode 5/1

Yves Montenay alerte : la France ne fait plus assez d'enfants — un déclin programmé

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-08-05
Illustration: Yves Montenay alerte : la France ne fait plus assez d'enfants — un déclin programmé
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L'humanité à l'arrêt

« L'humanité va disparaître à moyen terme si on n'est pas capable de se reproduire mathématiquement. » Alain Juillet pose cette phrase en introduction de l'émission diffusée sur Open Box TV. Ce n'est pas une prophétie — c'est une extrapolation arithmétique. Yves Montenay, son invité, ne la contredit pas.

Le démographe aligne les faits : la population mondiale stagne, et dans plusieurs pays, elle recule déjà. La Chine, le Japon, la France (hors immigration) sont en décroissance. Même l'Afrique subsaharienne, longtemps considérée comme le dernier bastion de la croissance, voit sa fécondité chuter à mesure que l'urbanisation progresse.

« Il y a une tendance évidente : plus les conditions de vie s'améliorent, moins on fait d'enfants. »

Dit autrement : les civilisations les plus avancées sont celles qui ont le moins de chance de se reproduire. L'Europe, le Japon, la Corée du Sud — ces pays disparaissent silencieusement. La Corée du Sud, avec un taux de fécondité inférieur à 1, est « condamnée à mort » selon Montenay. Le gouvernement autorise 4 500 immigrants par an, une goutte d'eau dans un océan de vieillissement.

La France, longtemps exception grâce à sa politique familiale de 1945, a vu son taux de fécondité passer sous le seuil de renouvellement (2,1 enfants par femme) depuis le Covid. Aujourd'hui, il est à 1,6. « On a maintenu un certain niveau, mais ça baisse », résume Montenay.


Les chiffres qui tuent

Les données que Montenay présente sont sans ambiguïté. Taux de fécondité : Allemagne < 1, Japon < 1, Corée du Sud < 1, France 1,6. La Chine, qui comptait 1,3 milliard d'habitants, est peut-être déjà passée sous le milliard. L'Inde, bien qu'encore à 2 enfants par femme, baisse à son tour.

Conséquence mécanique : le nombre de jeunes diminue, le nombre de vieux explose. Les pyramides des âges se retournent. Et le système de retraite par répartition, fondé sur la solidarité entre générations, n'a plus de base solide. « Il faut bien que quelqu'un travaille pour payer votre retraite », rappelle Juillet. « Mais il y aura personne. »

Montenay va plus loin : il évoque la tentation de l'euthanasie comme « solution » économique. « Des spécialistes disent que les vieux en fin de vie coûtent plus qu'ils n'ont cotisé. On devrait donc réduire les soins. » Il cite des écrits de techniciens qui préconisent de n'accorder d'aides qu'aux « productifs ». « C'est effrayant, mais des gens l'ont écrit. »

Cette dérive, selon lui, est déjà en marche : « Au départ, on dit c'est uniquement pour les soins palliatifs. Après, on dérive. » Le lien entre démographie et éthique est posé.


Les responsables : la ville, le travail, le coût de la vie

Pourquoi les femmes ne font-elles plus d'enfants ? Montenay pointe plusieurs facteurs, tous confirmés par les études internationales. Le premier : l'urbanisation. En ville, un enfant coûte cher : logement, éducation, crèche, loisirs. « On ne peut pas bricoler une pièce de plus. »

Le deuxième : le travail des femmes. Dans des pays comme le Japon, l'Allemagne, la Corée, une femme qui a un enfant doit arrêter sa carrière. « C'est pas particulièrement bien vu qu'une femme avec des enfants travaille. » En France, grâce aux crèches et à la politique familiale, ce frein a été levé — mais le coût reste élevé.

Le troisième, plus profond, est un changement de valeurs. Les jeunes couples privilégient leur carrière, leur liberté, leur consommation. « Ils s'accrochent à leurs dépenses par enfant. On ne peut pas en prendre un second. »

Montenay cite le cas de l'Allemagne : Angela Merkel, consciente de la chute démographique, a ouvert les frontières aux travailleurs turcs. « Décision logique sur le plan démographique, mais catastrophique parce qu'elle n'avait pas été préparée. » L'immigration comme palliatif, sans intégration, a créé des tensions.

Le même scénario se profile pour la France. « L'Europe est en mauvaise santé démographique et dépend de l'immigration pour maintenir sa population. » Mais cette immigration, quand elle n'est ni choisie ni assimilée, importe de la pauvreté et des différences culturelles.


La France entre deux feux

La France a un atout : sa politique familiale de 1945, qui a maintenu une fécondité plus élevée que ses voisins. Mais cet avantage s'érode. « Depuis le Covid, le taux est passé sous 2,1. » Et les gouvernements successifs n'ont pas pris la mesure du problème.

Le débat sur les retraites, en France, est un symptôme de cette cécité. « On parle de l'âge de départ, du nombre d'années de cotisation, mais jamais du nombre d'enfants qui naîtront. » Or, sans renouvellement des générations, aucun système ne tient.

Montenay propose une mesure symbolique : « Une allocation dès le premier enfant. » Il note que certains partis politiques ont inscrit 100 euros par mois dans leur programme. Mais il doute de l'efficacité — les exemples russes et coréens montrent que les incitations financières ont un effet limité.

Poutine lui-même, malgré une politique nataliste affichée, n'a pas inversé la tendance. « Les

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