Corse : six camions brûlés, le doute n'est plus permis

Des flammes qui parlent
Six poids lourds carbonisés. Six outils de travail réduits en ferraille. Les équipes de ManBo, présente sur place dès l'aube, n'en croient pas leurs yeux. "C'est notre outil de travail qui part en fumée", murmure un chauffeur, les traits tirés.
Les pompiers ont lutté jusqu'à 8h30. La chaleur était telle que les extincteurs peinaient. Pourtant—aucune explosion, aucun accident mécanique plausible. Juste ce feu vorace, méthodique.
La piste criminelle s'impose
"On ne brûle pas six camions par hasard." Le procureur Navarre est catégorique. La DIPN a retrouvé des traces de liquide inflammable près des véhicules. Trop précis pour être un hasard.
Les enquêteurs traquent deux angles :
- Un règlement de comptes entre transporteurs ?
- Une tentative d'extorsion comme en 2025 ?
Les caméras de surveillance de la zone industrielle pourraient livrer des indices. Mais les meilleurs systèmes du monde ne valent rien sans témoins. "Quelqu'un a forcément vu quelque chose", insiste un officier.
ManBo : le coup de massue
L'entreprise perd 30% de sa flotte d'un coup. Marc-André Santoni, le gérant, serre les dents : "On livrera quand même. Mais oui, ça va faire mal."
Les chiffres donnent le vertige :
- 450 000€ de matériel parti en fumée
- 15 chauffeurs temporairement sans véhicule
- Des dizaines de clients en attente
Le pire ? L'assurance ne couvrira pas tout. "On avait augmenté nos franchises après les incendies de 2023", avoue un comptable.
Biguglia, zone à risques
La zone industrielle brûle régulièrement. Trop régulièrement. En 2024 déjà, trois entrepôts y avaient été détruits. Mêmes méthodes. Mêmes silences après coup.
"On nous promet toujours plus de patrouilles", râle un commerçant voisin. "Pourtant, chaque nuit, c'est la même angoisse." La mairie annonce dix nouvelles caméras thermiques. Trop peu, trop tard ?
L'enquête avance... lentement
Les techniciens de la police scientifique ratissent le site. Ils cherchent ce que le feu n'a pas pu détruire : des empreintes, des traces d'essence, un mégot oublié.
Deux pistes émergent :
- Des professionnels ont agi (trop propre pour des amateurs)
- Le timing nocturne prouve une connaissance des lieux
Le procureur reste évasif : "Trop tôt pour conclure." Mais dans les couloirs du tribunal, on chuchote déjà qu'il s'agirait d'un avertissement. À qui ? Pourquoi ? Les réponses brûlent encore.
📰Source :rss_article
Par la rédaction de Le Dossier
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