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Clavicular : l'effrayante mécanique du buzz toxique

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-30
Illustration: Clavicular : l'effrayante mécanique du buzz toxique
© cottonbro studio / Pexels

Brieden Éric Peters, alias l'empereur du trash

Son vrai nom sonne presque banal. Brieden Éric Peters. Rien ne prédestinait ce gamin de Floride à devenir, en dix-huit mois, la coqueluche des réseaux.

Tout bascule fin 2025. Kick, la plateforme qui fait mine d'ignorer ses propres règles, lui offre un terrain de jeu parfait. Premier live. Premier scandale. Premier chèque.

"Je ne fais que donner au public ce qu'il veut", balance-t-il entre deux gorgées de Red Bull. Difficile de le contredire : ses vidéos cumulent 83 millions de vues. Chaque transgression — calculée — se monnaie.

Voilà le vrai talent de Clavicular. Pas ses provocations. Son sens aigu du business.

Le hit-parade macabre

Le Parisien a reconstitué son catalogue. Morceaux choisis :

  • Piéton écrasé : Son Cybertruck renverse intentionnellement un homme. "Accident", clame-t-il. Les images montrent un sourire en coin.
  • Alligator exécuté : Arme à la main, il traque le reptile dans les marais. "Juste pour le fun."
  • Overdose en prime time : Il ingère un cocktail de substances devant 120 000 viewers. Certains rient. D'autres screenshotent.

Et pourtant.

Derrière ce chaos apparent, une machine bien huilée. Une équipe de "clippers" découpe les moments chocs. Les algorithmes font le reste. Viralité garantie.

Looksmaxing : la dangereuse escroquerie

Clavicular ne se contente pas de choquer. Il vend du rêve. Enfin, une version dystopique du rêve masculiniste.

Sa recette ?

  • Stéroïdes : Il s'injecte de la testostérone en direct. Et en vend à des gamins — oui, vous avez bien lu.
  • Bone smashing : Un marteau. Un visage. Des os qui craquent. Présenté comme une "méthode beauté".
  • Peptides : Ces substances non testées deviendraient miraculeuses entre ses mains.

"Je transforme des losers en alpha", martèle-t-il. Des milliers d'ados gobent la pilule. Littéralement.

Les médecins s'affolent. Kick regarde ailleurs.

L'addition (en dollars)

Plusieurs millions. C'est le prix du cynisme.

Comment ça marche ?

  1. Dons en temps réel : 5$ pour voir l'alligator mourir. 10$ pour la prochaine folie.
  2. Sponsors douteux : Des labos clandestins paient pour placer leurs produits.
  3. Boutique de l'horreur : Stéroïdes, conseils payants, formations... Tout se vend.

Kick empoche 20%. Clavicular, le reste. Une belle affaire.

Pourquoi personne ne l'arrête ?

La réponse tient en un mot : Curaçao. Kick y a installé son siège. Un paradis pour contourner les lois.

Les modérateurs ? Fantômes. Les règles ? Élastiques.

"Je ne fais rien d'illégal", répète Clavicular. Techniquement, souvent vrai. Moralement...

Et les victimes ? "Qu'ils portent plainte", ricane-t-il. Ils essaient. Mais contre qui ?

Jusqu'où ?

Clavicular n'est qu'un symptôme. Le vrai mal ? Une économie qui récompense la pire version de nous-mêmes.

Les plateformes savent. Elles profitent. Les viewers cliquent. Le cercle est vicieux.

Une seule question compte : à quel moment dirons-nous "stop" ?

Les chiffres, eux, ont déjà répondu.

Sources :

  • Enquête du Parisien (30 avril 2026)
  • Lives Kick de Clavicular
  • Analyse des revenus des streamers Kick

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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