Ceuta : l'ingérence comme cache-misère — Nuñez refuse de voir la crise migratoire

Plus de 70 000 migrants clandestins en quelques heures. Un territoire européen qui compte à peine plus d’habitants. Des scènes de violence et de pillage. Et le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nuñez, voit des ingérences étrangères. Le problème, selon lui ? Ce ne sont pas les 70 000 personnes qui ont forcé la frontière. Ce sont les images qui ont circulé après. Voilà le cœur du débat.
Hier, Nuñez participait à une visioconférence avec ses homologues européens sur la crise migratoire à Ceuta. Il a dénoncé « des ingérences informationnelles d’États étrangers qui ont utilisé ces images pour critiquer la politique de la gestion migratoire de l’Union européenne et essayer de diviser les États membres entre eux ». Une déclaration rapportée par C News et Le Figaro. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andriy Sybiha, a renchéri : ses services auraient détecté environ 1 500 publications pro-russes sur les réseaux sociaux, amplifiant les images de Ceuta. Mais le commissaire européen Magnus Brunner a tempéré : « Il est trop tôt pour attribuer quoi que ce soit à la Russie. » Nuñez, lui, n’a pas attendu.
Le doigt de Poutine
Commençons par le commencement. Le problème de fond, c’est l’incapacité de l’Europe à gérer ses frontières. L’espace Schengen est une passoire : 70 000 migrants entrent en quelques heures dans une enclave espagnole. Et la réaction officielle ? Chercher un coupable extérieur. La ficelle est grosse. En accusant la Russie, Nuñez détourne l’attention des vraies responsabilités.
Et l’Italie de Giorgia Meloni, dans tout ça ? Elle a copieusement utilisé la crise pour critiquer Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol. Nuñez, en accusant des « États étrangers », vise-t-il aussi Rome ? Ce serait risible : Meloni fait exactement ce que fait Nuñez — elle instrumentalise la crise pour son agenda politique. Sauf qu’elle est à l’intérieur de l’UE. « Ingérence intérieure », comme le dit le sénateur centriste Laurent Lafond. Le concept est dangereux : il permet de disqualifier tout débat critique sur l’immigration.
Libération et le cadrage humanitaire
Libération, de son côté, titre en une : « Retour sur une récupération ». Le journal de gauche appelle à un cadrage humanitaire de l’information sur l’immigration. En clair : montrer les migrants comme des victimes, jamais comme un facteur de déstabilisation. C’est exactement la même logique que celle de Nuñez : contrôler ce qu’on peut voir et dire. D’un côté, on accuse les bots russes ; de l’autre, on dicte le bon angle journalistique. Le contribuable, lui, n’a pas droit à la réalité brute.
L’enquête continue.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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