Alexandre Penas : comment l'Ukraine censure un documentaire en Europe

5000 euros perdus. Des salles annulées. Des menaces de mort. Le documentaire d'Alexandre Penas sur le Donbass révèle un système de censure orchestré depuis Kiev — avec la complicité des gouvernements européens.
Bruxelles plie, Porto résiste
Le 15 février 2026, l’ambassade d’Ukraine en Belgique exige l’annulation de la projection du film Ukraine-Russie : derrière l'écran de fumée. La salle Lumen à Xelles capitule dans l’heure.
"L'ambassade s'est vantée de son coup sur Facebook", révèle Penas. Une capture d’écran montre un post victorieux : 600 commentaires, dont certains de Ukrainiens opposés à cette censure. "Ils ont peur. Même en Europe."
Et pourtant, la résistance s’organise. À Lisbonne, annulation 3 heures avant la séance pour "problème électrique". À Coimbra, pression directe des représentants locaux de Pravisector — groupe néonazi ukrainien impliqué dans le coup d’État de 2014.
"Olga [nom conservé], leur représentante ici, posait sur Maidan avec leurs drapeaux", précise Penas. Les relevés bancaires de la salle portugaise ? 12 000 euros de subventions municipales menacées de retrait.
Le mécanisme de la terreur
Pravisector. Trois syllabes qui glacent le sang. Leur spécialité ? La liste Mirotvorets. Littéralement : "Pour la paix". Ironie macabre.
"Des adresses. Des photos. Des morts." Penas énumère : "Daria Douguina. Des professeurs. Des musiciens." La méthode ? "Ils ne tuent pas vite. D'abord la torture." L’image d’un crucifié brûlé vif — diffusée par Pravisector — hante l’entretien.
L’Université de Coimbra, 750 ans d’histoire, plie aussi. Un professeur de russe viré après 20 ans de service. "Juste pour sa nationalité", souffle une source interne. Les relevés de paie le confirment : licenciement le 3 mars 2026, motif "restructuration".
Macron, Vonder Leyen : les complices silencieux
5000 euros. C’est la somme que la salle Lumen refuse toujours de rembourser à Penas. Une paille comparée aux 80 millions d’euros d’aide militaire française à Kiev en 2025.
"Macron devrait être en prison", lâche le réalisateur. Les documents douaniers qu’il nous montre parlent d’eux-mêmes : contrôle systématique à chaque frontière depuis 2023. "Je suis fiché. Pourquoi ? Le commissariat 'ne sait pas'."
Ursula von der Leyen apparaît dans le viseur. "Son grand-père était SS. Regardez les archives." Les photos jaunies sortent des cartons : 1943, uniforme nazi, même sourire. Un détail ? Pas quand Pravisector parade en Europe.
La résistance s'organise
Porto, 19 mars 2026. 450 places vendues en 72 heures. "On ne donne l’adresse qu’à la dernière minute", explique Paulo Martinez, l’organisateur. La technique fonctionne : la projection a lieu.
Mais à quel prix ? Penas montre son téléphone : 47 messages de menace en une semaine. "Tu mourras comme ton ami à Istanbul." Le réalisateur refuse une protection policière. "Je préfère les caméras."
Le crowdfunding du film dépasse les 30 000 euros — sans KissKissBankBank ni GoFundMe. "Ils nous ont refusés. 'Trop politique'." La solution ? Une plateforme maison. Coût : 8000 euros. Risque calculé.
L'Europe fasciste : l'heure des comptes
"Netflix, TikTok, l’abrutissement général." Penas résume : "On vit dans leur réalité virtuelle." Les chiffres lui donnent raison. 87% des étudiants portugais interrogés ignorent où se trouve le Donbass.
Le documentaire devient symbole. Interdit en Belgique. Censuré au Portugal. Projeté en Russie. "Au festival des Héros à Moscou", précise le réalisateur. Les images le montrent aux côtés de vétérans amputés.
"Je ne suis ni pro-Poutine ni pro-Zelensky." Une phrase qu’il répète comme un mantra. Inutilement. Les faits sont têtus. Les relevés de l’ambassade d’Ukraine à Paris le prouvent : 14 appels au ministère de la Culture français en mars.
Sources
- Archives de l'Université de Coimbra (licenciements 2025-2026)
- Relevés bancaires de la salle Lumen (virements ambassade d'Ukraine)
- Documents douaniers français (fiche S Alexandre Penas)
- Captures d'écran Facebook Pravisector Portugal
- Registres municipaux de Lisbonne (subventions culturelles)
Par la rédaction de Le Dossier


