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Carrefour dévoile sa stratégie CHOC : pressions sur les fournisseurs, salariés sacrifiés et profits records

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-28
Illustration: Carrefour dévoile sa stratégie CHOC : pressions sur les fournisseurs, salariés sacrifiés et profits records
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Les producteurs étranglés par une stratégie agressive

25 %. C’est le chiffre que vise Carrefour pour sa part de marché en France d’ici 2030. Un objectif ambitieux, voire démesuré. Pour l’atteindre, le groupe multiplie les alliances d’achat, comme Concordis, lancée en décembre 2025 avec Coopérative U et le groupe allemand RTG International. "Cette alliance vise à pousser les prix à la baisse", reconnaît Bompard devant la commission des affaires économiques. Les fournisseurs tremblent.

Les agriculteurs sont les premiers impactés. "Les négociations sont totalement déséquilibrées", dénonce Sandrine Nosbé, députée La France insoumise. "Les producteurs bio, par exemple, ne captent que 10 % de la valeur ajoutée créée par la vente de produits alimentaires." Une situation explosive, alors que la Fédération nationale d'agriculture biologique estime qu’il faudrait atteindre au moins 20 % pour assurer une rémunération décente.

Carrefour se défend. "La matière première agricole est sanctuarisée", affirme Bompard. Mais les chiffres parlent d’eux-mêmes. Entre 2022 et 2023, l’inflation a atteint 25 %. Les producteurs ont vu leurs coûts exploser, tandis que les marges de Carrefour restent stables. Une équation intenable.

Salariés : les grands sacrifiés de la success story

Carrefour, premier employeur privé en France ? Oui, mais aussi premier licencieur. Le groupe a opté pour une stratégie massive de franchise et de location-gérance. Résultat : les salariés franchisés perdent entre 2500 et 3000 € par an. Une chute brutale dans un contexte déjà tendu.

Les conditions de travail se dégradent. "Les salariés restants souffrent de problèmes de santé", révèle Dominique Potier, député socialiste. La pression est insoutenable. Carrefour investit massivement dans l’intelligence artificielle, avec un contrat de 150 millions d’euros signé avec Vision. Caméras sur rail, étiquettes électroniques… "Cette technologie va remplacer des emplois", prévient Boris Tavernier, député écologiste. Elle ouvre aussi la porte à une tarification dynamique, basée sur la surveillance des clients.

Bompard se veut rassurant. "Les prix ne changeront pas plusieurs fois par jour en France", promet-il. Mais les craintes persistent. Les salariés, déjà sous pression, risquent de voir leurs conditions de travail se détériorer encore davantage. "L’enquête continue."

Actionnaires : les grands gagnants de la stratégie Bompard

50 à 60 % du résultat net. C’est la part que Carrefour prévoit de verser en dividendes d’ici 2030. Une politique généreuse pour les actionnaires, mais désastreuse pour les autres parties prenantes. "Les consommateurs, les agriculteurs, les salariés… tous paient le prix de cette stratégie", dénonce Nosbé.

Alexandre Bompard, lui, ne perd pas au change. Son salaire a augmenté de 50 % en 2025, passant de 3,4 à 4,6 millions d’euros. Une rémunération qui fait tache, alors que les salariés peinent à joindre les deux bouts. "Les écarts de salaire sont abyssaux", souligne Potier. "Un facteur de redistribution serait nécessaire pour rééquilibrer les choses."

Carrefour justifie cette politique par la nécessité de financer ses investissements. "J’ai besoin de moyens forts pour mener nos combats RSE", argue Bompard. Mais les résultats sont loin d’être à la hauteur des promesses. Le groupe maintient des relations commerciales avec des entreprises israéliennes impliquées dans la colonisation illégale de la Palestine, comme Electra Consumer Products et sa filiale Yenot Bitan. "Cela viole le droit international", rappelle Nosbé.

RSE : un engagement en trompe-l’œil

Carrefour se présente comme un acteur responsable, engagé dans la transition écologique et sociale. Mais la réalité est bien plus nuancée. Le groupe investit certes dans des produits locaux, mais les contrats restent défavorables aux petits producteurs. "Il faut remplir 40 pages pour être référencé chez Carrefour", ironise Bompard. Une simplification administrative ne suffit pas à rétablir un équilibre des négociations.

Sur le plan environnemental, les avancées sont timides. Carrefour mise sur l’intelligence artificielle pour réduire le gaspillage, mais l’impact réel reste à démontrer. "Cette technologie sert surtout à augmenter la productivité", analyse Tavernier. "Pas à protéger l’environnement."

Les engagements RSE du groupe sont donc largement insuffisants. "Carrefour doit faire davantage pour respecter les droits de l’homme et l’environnement", insiste Nosbé. Mais avec une politique aussi agressive, les marges de manœuvre sont limitées.

Conclusion : Carrefour, un modèle à bout de souffle ?

Carrefour est à la croisée des chemins. Sa stratégie agressive lui permet de maintenir des profits records, mais au prix d’une exploitation accrue des agriculteurs, des salariés et des consommateurs. "Cette politique est insoutenable à long terme", prévient Nosbé. "Elle menace l’équilibre économique et social de notre pays."

Alexandre Bompard reste sourd à ces critiques. "Nous devons être ambitieux", répète-t-il. Mais à quel prix ? Les dividendes versés aux actionnaires ne suffiront pas à compenser les dégâts causés par cette politique. Carrefour doit revoir sa copie, sous peine de devenir le symbole d’un capitalisme débridé, au service des seuls actionnaires.

À suivre.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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