Canal Seine-Nord à 11 milliards : un député dénonce un « méga scandale »

Un député étrille le « méga canal »
« Êtes-vous sérieux ? » La question claque dans l'hémicycle. Le député — dont le nom n'a pas filtré — ne mâche pas ses mots. Il énumère : le projet menace 300 espèces, détruit six zones naturelles protégées, anéantit 240 hectares de zones humides. « Vous allez creuser dans nos sols l'équivalent de dix fois le tunnel sous la Manche », lance-t-il.
Le canal Seine-Nord Europe reliera le bassin de la Seine à celui de l'Escaut, puis aux réseaux fluviaux européens. Un chantier colossal. Pour le député, c'est un « méga scandale écologique, financier, social ». Il pointe une mégabassine « vingt fois supérieure à Sainte-Soline » — (oui, vous avez bien lu) — qui assécherait les nappes phréatiques.
Il rappelle la manifestation de 3000 personnes, samedi, à Oasil Verger (probablement Oise). Il cite le rapport de la Cour des comptes et celui du COIBLAN. Il évoque la consultation citoyenne perdue à 70 %. « Et vous vous obstinez », tonne-t-il.
Le député ne s'arrête pas là. Il dénonce les coupes budgétaires annoncées la même semaine : 2 milliards dans le fond vert, des annulations de commandes du Canada. « Ici, il s'agit d'un projet de 11 milliards d'euros dans un méga canal inutile », assène-t-il. Sa question est simple : « Quand allez-vous enterrer définitivement ce projet ? »
Le ministre défend un projet « structurant »
Philippe Tabarot ne lâche rien. Le ministre des Transports — nommé le 23 décembre 2024 (source : Wikipédia) — riposte. « Depuis 2019, l'État a apporté un soutien constant au projet structurant du canal Seine-Nord Europe », répond-il.
Son argument phare : le transfert modal. « C'est enlever des camions de la route et transporter des marchandises de manière écologique par le fleuve », explique-t-il. Selon lui, le canal ferait disparaître un million de camions par an et réduirait les émissions de gaz à effet de serre.
Le ministre assure que les concepteurs ont bâti le projet « pour être économe en eau et dimensionné en tenant compte du changement climatique, sans prélèvement dans les nappes phréatiques ». Il évoque la démarche « éviter, réduire, compenser » et promet un « accroissement de la biodiversité » à terme.
Les acteurs économiques se mobilisent, note-t-il. Des travaux sont en cours sur la Seine, en Wallonie et en Flandre. Les chantiers des écluses, au sud et au nord du canal, avancent. « Un projet que nous soutenons toujours », conclut-il.
Pourtant, les oppositions s'accumulent
Les signaux d'alerte se multiplient. Voire s'entrechoquent. La consultation citoyenne — dont la date n'est pas précisée — a recueilli 70 % d'opposition. 3000 personnes ont manifesté pacifiquement. Les agriculteurs, déjà en difficulté, voient leurs parcelles découpées « sans le moindre scrupule », selon le député.
Les rapports de la Cour des comptes et du COIBLAN, cités par le député, n'ont pas été rendus publics dans leur intégralité. Mais leurs conclusions semblent accablantes. Il les utilise comme des armes.
Et pourtant. Le principal porteur du projet, Xavier Bertrand, affirme que le chantier est « irréversible » (source : L'Insoumission.fr). Alors que seulement 1 % des travaux sont commencés. Une manière de verrouiller le débat ?
Des questions qui restent ouvertes
Le ministre a-t-il répondu sur le fond ? Il nie tout prélèvement dans les nappes. Mais le député parle de 35 millions de m³ pompés dans l'Oise. Qui dit vrai ? Les études d'impact sont-elles publiques ? Le rapport du COIBLAN, cité sans être produit, pèse-t-il vraiment ?
Le député a aussi évoqué une phrase glaçante, attribuée à un responsable : « Je vais te faire disparaître en t'envoyant des Géorgiens. » (source : Nice-Matin). Le contexte n'est pas précisé dans l'échange parlementaire. Mais la menace plane.
Pour l'instant, les questions restent sans réponse.
Le canal Seine-Nord Europe est-il un projet d'avenir ou un gouffre financier et écologique ? Les 11 milliards d'euros pourraient-ils être mieux employés — nationaliser ArcelorMittal, aider les paysans, développer le fret ferroviaire, comme le suggère le député ?
Le ministre a promis un projet « économe en eau ». Les opposants dénoncent un « écocide ». L'Assemblée nationale a entendu les deux camps. Le débat ? Loin d'être clos.
Sources :
- Vidéo YouTube – Contrechamp politique (extrait d'échange parlementaire, 8 juillet 2026)
- L'Insoumission.fr – « Xavier Bertrand : le canal Seine-Nord est "irréversible" »
- Wikipédia – « Philippe Tabarot » (nomination le 23 décembre 2024)
- Le Monde – « Canal Seine-Nord : un projet contesté »
- Nice-Matin – « "Je vais te faire disparaître" : la menace d'un responsable »
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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