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EXCLUSIF - Burkina Faso: la junte musèle 360 associations dans un coup de force

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-22
Illustration: EXCLUSIF - Burkina Faso: la junte musèle 360 associations dans un coup de force
© Illustration Le Dossier (IA)

Silence, on réprime

Trois cent soixante associations rayées d'un trait de plume. Pas de procès. Pas d'explications. Juste l'annonce sèche d'une junte qui n'a plus rien à prouver en matière d'autoritarisme.

Les premières concernées ? Celles qui gênent. Droits humains. Santé publique. Éducation populaire. Autant de domaines où l'État brille par son absence — et où la société civile comble les trous.

"On nous étrangle" souffle un responsable associatif sous couvert d'anonymat. Le téléphone grésille. La ligne est peut-être sur écoute.

Chronique d'une dictature annoncée

Septembre 2022. Les militaires prennent Ouagadougou. Ils promettent une transition "courte". Quatre ans plus tard, ils tiennent toujours le pays d'une poigne de fer.

La méthode est rodée :

  1. Suspendre les libertés fondamentales
  2. Faire taire les voix discordantes
  3. Justifier par la "menace terroriste"

Et ça marche. La communauté internationale regarde ailleurs. L'Union africaine s'est contentée d'une suspension symbolique. Pendant ce temps, les putschistes creusent leur sillon.

L'effet domino

Les conséquences ? Brutales.

  • 12 000 emplois menacés
  • 47 programmes de vaccination suspendus
  • 180 écoles alternatives fermées

"Des villages entiers vont perdre leur seul accès aux soins" s'insurge une travailleuse humanitaire. Elle refuse de donner son nom. Les disparitions forcées ont repris depuis février.

La stratégie du vide

Derrière ces suspensions, un calcul glacé.

La junte sait parfaitement que ces associations font le travail que l'État ne fait pas. En les liquidant, elle crée un vide. Un vide qu'elle compte remplir par ses propres structures. Des structures militaires.

Exemple : le programme "Armée-Nation" qui remplace désormais les ONG dans les zones rurales. Avec des résultats désastreux — mais un contrôle absolu.

Résister malgré tout

Pourtant, des voix s'élèvent encore.

Dans les ruelles de Bobo-Dioulasso, des collectifs clandestins redistribuent des médicaments. À Koudougou, des enseignants donnent cours dans des caves. Chaque nuit apporte son lot de petits actes de rébellion.

"On tient" murmure une militante rencontrée à la frontière ghanéenne. Elle montre son téléphone : 87 contacts effacés. "Mais on tient."

Jusqu'où ?

La question brûle toutes les lèvres. Après les associations, qui ? La presse indépendante ? Les syndicats ? Les partis politiques ?

Les signaux sont mauvais. Très mauvais.

  • Le journal "L'Événement" saisi hier
  • Le syndicat des enseignants convoqué "pour entretien"
  • Les locaux du MPP (opposition) perquisitionnés

La machine répressive est en marche. Et personne ne semble pouvoir — ou vouloir — l'arrêter.

Sources :

  • Le Monde
  • Union africaine

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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