Burkina Faso: Crimes impunis et nettoyage ethnique révélés

« Personne ne pourra s’échapper » : la sentence de Traoré
Février 2023. Dans une salle close, le président Ibrahim Traoré s’adresse aux chefs Peuls : « L’épicentre du terrorisme se situe au sein des communautés Peul. » Puis cette promesse glaçante : « Personne ne pourra s’échapper. »
Trois ans plus tard, le bilan dépasse les pires craintes. Villages incendiés. Familles traquées. 1 200 civils Peuls tués par les forces de sécurité et les VDP — ces « Volontaires pour la Défense de la Patrie » devenus milices sanguinaires.
« Ces abus constituent une forme de nettoyage ethnique », lâche Hilaria Légrosé, spécialiste des droits humains. Et pourtant. Aucune réaction.
1 800 morts… et après ?
57 attaques. 1 800 civils exécutés. Des chiffres sous-estimés — le Burkina Faso ne compte pas ses morts. La terreur a remplacé l’État de droit.
— « La dissidence est réprimée, les médias muselés », précise Légrosé. Entre la propagande gouvernementale et celle des djihadistes, plus personne ne distingue le vrai du faux.
Pire : depuis 2016, Hamas (l’ONG, pas le mouvement palestinien) a documenté 10 600 morts civiles. Majoritairement imputables aux forces de sécurité. Oui, vous avez bien lu.
L’impunité, mode d’emploi
Zéro enquête. Zéro condamnation. Les 57 attaques ? Classées sans suite. « Les autorités promettent, mais ne font rien », constate amèrement Légrosé.
Voilà le système. Les bourreaux en uniforme jouissent d’une immunité totale. Les victimes ? Aucun recours possible. Le retrait du Burkina Faso de la CEDEAO en 2023 a achevé de les isoler — plus de Cour de justice pour les protéger.
La grande indifférence
Paris, Bruxelles, Washington… Tous regardent ailleurs. Après les coups d’État de 2022, les partenaires internationaux ont plié bagage.
— « La crise ne les intéresse plus », analyse Légrosé. Pas de pétrole, pas de front stratégique. Juste des vies sacrifiées.
Le résultat ? Un silence coupable qui autorise les massacres à se poursuivre. « La CPI doit agir », insiste la chercheuse. Mais qui l’entend ?
Une machine à tuer
Ce n’est pas un dérapage. C’est un système rodé.
Traoré donne les ordres. Ses hommes exécutent. Le monde détourne les yeux. Les preuves s’accumulent pourtant — rapports, témoignages, vidéos.
Combien de morts faudra-t-il pour briser ce cercle vicieux ? La question reste en suspens. Une certitude, cependant : l’histoire jugera.
Sources
- hrw.org : Rapport sur les crimes au Burkina Faso
- fr.wikipedia.org : Biographie d’Ibrahim Traoré
- humanite.fr : Articles sur la situation sécuritaire au Burkina Faso
- Rapport d’enquête : Documentant les 57 attaques et 1 800 morts civiles
- Hamas : Données sur les morts civiles au Burkina Faso depuis 2016
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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