LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Faits divers

Bruno Cholet, le faux taxi qui a enlevé et tué Susanna Zetterberg

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-10
Illustration: Bruno Cholet, le faux taxi qui a enlevé et tué Susanna Zetterberg
© YouTube

Le corps dans la forêt

Une promeneuse aperçoit un bouchon de jerrican. Elle s'approche. Elle voit ce qu'elle décrit comme « un tas de chair ». Une odeur d'essence. Elle court chercher ses voisins.

Le corps est face contre terre, partiellement brûlé. Seule une partie du jean subsiste. Les mains attachées dans le dos avec des menottes. À côté, trois douilles de calibre .22 Long Rifle. Sous le corps, un autre étui.

Le major Leclerc, de la gendarmerie de l'Oise, décrit la scène : « On voit que les yeux sont bleus. On aperçoit derrière l'oreille un orifice d'entrée d'un projectile. » La face n'est pas totalement brûlée. Cela permettra l'identification.

L'autopsie révèle l'horreur. D'abord frappée à la tête — un hématome au front. Ensuite poignardée quatre fois au poumon avec un pic à glace. Enfin, quatre balles à la tête, trois à bout touchant. Le cœur battait encore. L'agonie a duré plusieurs minutes. Puis le corps aspergé d'essence et incendié.

Une automobiliste alerte les pompiers dès 6h47. Elle avait vu des flammes. On lui répond que le temps est humide — pas de risque de propagation. Alors elle verse sa propre eau sur le corps. Sans elle, tout aurait été calciné — et aucune identification possible.

L'enquête

Un témoin a vu un monospace blanc, sans galerie, avec des chevrons — un Citroën Evasion probablement. Un autre automobiliste a aperçu des flammes. Mais pas de plaque, pas de nom.

Soudain, la BRDP — le service des personnes disparues — contacte le major Leclerc. Une étudiante suédoise de 19 ans, Susanna Zetterberg, dite « Sana », blonde aux yeux bleus, n'est pas rentrée chez elle après une soirée en boîte de nuit. Son amie Viveca a signalé sa disparition le samedi à 11h20. « Déjà elle est pas rentrée, elle n'a pas son travail, elle répondait pas au téléphone », raconte-t-elle. Le dernier appel de Susanna, à 5h du matin : « Je suis dans un taxi mais c'est un peu bizarre. »

La police judiciaire entre en scène. Le 36, quai des Orfèvres, prend l'affaire en main. Les enquêteurs comprennent vite : le taxi n'était pas un vrai taxi.

Selon la source, le casier judiciaire de Cholet fait plusieurs pages : vol avec violence, vol à main armée, tentative d'évasion, enlèvement, viol. En 1983, il viole une enfant de 12 ans et une jeune femme de 21 ans. Il prend 18 ans. Libéré en 1999, il cumule les condamnations pour détention d'armes. En avril 2008, il est sous contrôle judiciaire.

La filature et les preuves

La brigade criminelle décide de ne pas interpeller tout de suite. Elle met Cholet sous surveillance. Les policiers repèrent son véhicule — un monospace blanc. Bruno Cholet monte à bord. Ils le suivent.

Le lendemain, Cholet se rend dans un magasin de bricolage. Il achète une pelle de jardin. Puis il file au bois de Boulogne, s'enfonce dans un sous-bois, creuse, déterre un paquet. Les policiers l'interpellent alors qu'il remonte dans sa voiture. Dans le paquet : un revolver chambré, avec chargeur approvisionné, des gants en latex, des menottes, et un sac plastique portant une inscription manuscrite : « Suzanna 377 ».

Les analyses ADN confirment un mélange de l'ADN de Susanna et de Cholet sur la crosse, la culasse, la sûreté, la détente. Du sang de la victime retrouvé dans la chambre d'hôtel de Cholet, Porte de Clichy — une chambre réservée à son nom, réglée par carte bleue le samedi matin. Les caméras de surveillance le montrent avec une casquette caractéristique, identique à celle de l'homme filmé retirant de l'argent aux distributeurs de Senlis et de Chantilly avec les cartes bancaires de Susanna.

Autre élément : le téléphone portable de Cholet s'éteint à 22h11 le vendredi soir et ne se rallume que le samedi à 9h56. Pendant la nuit du crime. « Il ne déclenche aucune cellule pendant la nuit », notent les enquêteurs.

Cholet nie en bloc. Il crie à la machination policière. Il accuse les enquêteurs d'avoir mis en scène le dossier.

Le procès

Le procès s'ouvre aux assises. Bruno Cholet refuse de s'habiller — en signe de protestation, selon la source. Les experts psychiatres le décrivent comme un pervers moral et sexuel, avec une personnalité antisociale. Un risque de récidive « massif ».

On évoque son enfance. Né d'un père inconnu, placé dès six mois en pouponnière, renvoyé de l'école maternelle, fugue à 7 ans de Paris à Nice tout seul. À 13 ans et demi, violé par deux hommes attaché, sodomisé, insulté. Le traumatisme a façonné son mode opératoire, reproduit à l'identique sur ses victimes.

Verdict : réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de 22 ans. Cholet fait appel. Même peine confirmée.

« Vivez, promettez-le-moi »

Les parents de Susanna créent la fondation Susanna Zetterberg pour venir en aide aux enfants isolés et défavorisés. Un recueil de poèmes et de proses de leur fille est publié en français et en suédois.


Sources

  • Transcript d'un documentaire vidéo diffusé sur YouTube (chaîne non identifiée dans la source)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet