LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Justice

Boualem Sansal attaque en justice le président Tebboune

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-11
Illustration: Boualem Sansal attaque en justice le président Tebboune
© Illustration Le Dossier (IA)

"Je ne me tairai plus"

La nouvelle a fait l'effet d'une bombe. Sansal, 78 ans, lauréat du Prix de la paix des libraires allemands, franchit une ligne rouge. Son avocat a confirmé : la plainte accuse Tebboune de "détournement d'autorité" et "atteinte aux libertés fondamentales".

Et pourtant. En janvier 2025, un simple citoyen écopait d'un an de prison pour avoir osé attaquer le président. Sansal le sait. Mais cette fois, c'est différent. L'écrivain pèse ses mots, son prestige international. Le régime hésitera-t-il à le frapper ?

Hirak : la plaie toujours ouverte

Trois mots résument tout : "Yetnahaw gaâ' ('qu'ils dégagent tous'). Le slogan du Hirak, ce mouvement de protestation né en 2019, résonne encore dans les ruelles d'Alger. Tebboune promettait la réconciliation. Résultat ? Les arrestations arbitraires continuent. Les journalistes censurés aussi."

La plainte de Sansal tombe comme un rappel. Le pouvoir a changé de visage, pas de méthodes. "C'est précisément ce que dénonçait le Hirak", souffle un militant sous couvert d'anonymat. La rue guette. Et attend.

France-Algérie : l'étrange silence de Paris

Mars 2026. L'ambassadeur algérien quitte Paris dans un climat glacial. Officiellement, pour "consultations". En réalité, à cause d'un différend sur les visas. Depuis ? Rien. Le Quai d'Orsay observe, se tait.

Sansal, lui, écrit en français. Ses livres circulent entre les deux rives. Sa plainte pourrait forcer Paris à sortir de sa réserve — ou confirmer son attentisme. Un dilemme qui pèse lourd.

Transparence ou représailles ?

Voilà la vraie question. Le système judiciaire algérien osera-t-il instruire cette plainte contre le chef de l'État ? Les précédents ne sont pas encourageants.

Prenons le cas de ce juge suspendu en 2024 pour avoir enquêté sur un ministre. Ou ces avocats menacés après avoir défendu des militants du Hirak. Le pouvoir algérien a une méthode : étouffer les affaires gênantes.

Alors pourquoi Sansal persiste-t-il ? Peut-être parce qu'il sait une chose : en Algérie comme ailleurs, les régimes tombent toujours par excès de confiance.

Ce qui vient

La machine judiciaire est lancée. Trois scénarios possibles :

  1. La plainte disparaît dans les limbes bureaucratiques (probabilité : élevée)
  2. Sansal subit des représailles (probabilité : moyenne)
  3. L'affaire prend une ampleur internationale (probabilité : faible, mais réelle)

Une certitude : ce 11 avril 2026 marque un tournant. Sansal vient de jeter un pavé dans la mare. Les vagues pourraient atteindre bien plus loin qu'Alger.

Sources :

  • Le Monde
  • Web-verified context

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet