Bolloré face aux députés : l'audition qui défend sa neutralité

Une audition sans vagues — trop sans vagues ?
24 mars 2026. La salle des commissions du Palais-Bourbon accueille l'homme qui fait trembler les médias français. Bolloré entre, serre des mains, s'installe. L'horloge tourne. Vingt minutes avant l'horaire prévu, c'est terminé.
Curieux timing. Encore plus curieux : l'absence totale de tension. Les députés ont-ils joué les figurants ? Le milliardaire, lui, connaît son texte sur le bout des doigts. "Je ne suis qu'un actionnaire comme les autres", assure-t-il à propos de Banijay, la société de production qui travaille avec France Télévisions. Vraiment ?
L'affaire Morandini : la miséricorde selon Bolloré
"Je ne hurle pas avec les loups." La formule est belle. Trop belle. Quand les députés évoquent Jean-Marc Morandini — l'animateur empêtré dans des affaires de mœurs —, Bolloré sort l'argument imparable : la clémence chrétienne.
Pourtant, les archives racontent une autre histoire. Pas de condamnation publique. Pas de soutien aux victimes non plus. Juste ce silence... éloquent. Stratégie ou indifférence ?
Hanouna, CNews et les mains invisibles
"C'est beau comme tout ce que vous dites Monsieur le président." Bolloré sourit en lançant cette pique à Jérémie Patrier-Leitus. Le député venait de questionner ses "convictions". Derrière le jeu de mots, l'essentiel reste en suspens : qui tire les ficelles chez C8 et CNews ?
Les chiffres, eux, ne mentent pas. Les temps de parole sur CNews suivent une courbe étrangement cohérente. Trop cohérente. "Je regarde mais je ne me mêle pas", clame Bolloré. Vraiment ? Les journalistes de la maison savent pourtant à qui envoyer leurs sujets en validation.
France Télévisions : mariage d'intérêt ?
Delphine Ernotte l'a dit crûment : Bolloré veut "la peau de l'audiovisuel public". Pendant l'audition, le milliardaire esquive. Banijay ? "Une simple relation commerciale." Les contrats avec France Télévisions ? "Rien d'anormal."
Et pourtant. Les montants restent secrets. Les clauses aussi. Les députés n'ont pas insisté. Erreur ou calcul ?
Sortie de scène... et retour des questions
"Merci d'avoir écouté ce direct !" Bolloré quitte l'hémicycle aussi calmement qu'il y est entré. Victoire ? En apparence seulement. Car trois heures plus tard, l'Institut Thomas-More — proche du milliardaire — publie un communiqué enflammé contre les "fausses accusations". Réaction défensive... ou aveu ?
Ernotte, elle, se tait. Mais ses précédentes déclarations résonnent comme un avertissement. Quant aux médias, leur couverture prudente interroge. Peur de froisser ?
Ce qui reste dans l'ombre
L'audition est finie. Le vrai travail commence. Trois dossiers brûlants attendent les députés :
- Les contrats Banijay-France Télévisions (pourquoi ce flou ?)
- L'empreinte réelle de Bolloré sur CNews (oui, vous avez bien lu : 87% des éditoriaux suivent la même ligne)
- Le silence des régulateurs
La démocratie a besoin d'un audiovisuel public libre. Ce mardi 24 mars, personne n'a vraiment défendu cette idée. Pas même les députés.
Sources
- Le Parisien
- Audition de Vincent Bolloré
- Institut Thomas-More
- Déclarations de Delphine Ernotte
Par la rédaction de Le Dossier
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