Bettina Beau : la secrétaire qui a exécuté son patron, condamnée à 18 ans

Condamnée à 18 ans de réclusion criminelle, Bettina Beau, 43 ans, robe bleue électrique et visage d'ange, a abattu son patron et amant, Philippe Gletty, de deux balles dans la tête. Le mobile est lié à une relation adultère, à des tensions professionnelles et à des détournements financiers d’environ 40 000 euros.
Le crime
Ce lundi 27 février 2012, il est 11 heures. Philippe Gletty, PDG de Princeps Alu, reçoit un SMS de sa secrétaire Bettina Beau lui donnant rendez-vous sur un parking. Il ignore qu’il se dirige vers un piège mortel.
Elle l’attend. Il gare sa voiture. Elle l’invite à monter dans son véhicule. Ils parcourent environ deux kilomètres. Au niveau d’un petit pont, elle s’arrête. Ils sortent, font quelques pas. Elle le suit. Elle prend son arme. Il lui tourne le dos. Sans un mot, elle tire. La première balle le touche dans le dos. Elle s’approche et lui met deux coups de grâce, deux balles dans la tête, quasiment à bout portant.
Bettina Beau fouille le corps : elle prend le porte‑carte, le portefeuille, les cigarettes, les papiers, le téléphone. Elle ramasse les douilles. Elle jette le tout dans différentes poubelles de la ville. Elle détruit le téléphone portable à coups de marteau. Elle remet l’arme à sa place. Puis elle retourne à l’entreprise et fait son après‑midi de travail comme si de rien n’était. Elle est persuadée d’avoir commis le crime parfait.
Elle a pourtant laissé 500 euros en espèces dans la poche du pantalon de la victime, et elle a utilisé l’arme de son mari (un pistolet de calibre 8 mm).
Le PDG aux multiples vies
Philippe Gletty avait 47 ans, était marié et père de deux jeunes filles. Il avait fondé Princeps Alu, une entreprise de confection de fenêtres qui employait une cinquantaine de salariés. Il disait : « Moi qui suis qu’un tout petit bonhomme, j’ai quand même réussi à faire manger 50 personnes », raconte sa meilleure amie Myriam.
Mais derrière le chef d’entreprise se cachait un séducteur compulsif. « Philippe Gletty est l’homme le plus infidèle qu’on connaisse. Il adore les femmes, il aime les femmes, il consomme des femmes », témoigne son entourage.
Bettina Beau était l’une de ses maîtresses. Secrétaire historique, elle l’accompagnait depuis la création de l’entreprise. « Bettina Beau fait partie de l’aventure professionnelle de Philippe Gletty depuis le début », dit l’enquête. Elle se considérait comme la numéro deux de la société, s’occupant du secrétariat et de la comptabilité.
La manipulation
Quand Philippe Gletty disparaît, Bettina Beau joue la comédie. « Une comédie extraordinaire », selon les enquêteurs.
Elle appelle l’ex‑compagne du PDG : « Je voudrais savoir si tu es au courant, parce que ça fait deux jours qu’on est sans nouvelles de Philippe. » Elle ajoute : « J’attends qu’une seule chose, c’est qu’il rentre et qu’il franchisse le portail. Je me jetterai à son cou. »
Quand les enfants de Philippe Gletty viennent à l’entreprise, elle les prend dans ses bras : « T’inquiète pas, on va le retrouver. » Elle envoie des SMS devant témoins, dit « Je l’appelle, il va me répondre ».
Même son mari ne voit rien. Le jour où l’on retrouve le corps, elle reçoit un appel, dit « oui, ah bon, ok », puis s’effondre en pleurant. « Elle a une attitude entièrement sincère », se souvient son mari. « Elle trompe tout son monde. »
L’agenda qui accuse
Les gendarmes fouillent le bureau du PDG et découvrent son agenda professionnel. À la date du 27 février figure la mention « BEB PT GL » — Bettina Beau, point général. Le seul rendez‑vous noté ce jour‑là est avec sa secrétaire.
Interrogée, Bettina Beau nie d’abord. Elle dit qu’elle devait voir Philippe pour un point financier, mais qu’elle n’a pas eu de nouvelles. Elle jure n’avoir jamais fait de mal à son patron. « Philippe était son dieu, elle l’a toujours adulé », résume l’enquête. « Pourquoi je l’aurais tué ? Ça revient à scier la branche sur laquelle on est assis. »
Les relations intimes
Devant les gendarmes, elle change de stratégie. « J’ai des relations sexuelles avec Philippe Gletty. Notre relation est amicale et sexuelle. En règle générale, lorsque je venais dans son bureau, il me disait “viens voir derrière”. Il profitait de ces occasions pour se frotter à moi. » Elle ajoute : « Depuis que je le connais, il y a eu Sandrine, Emmanuel, moi, Patricia. Et je sais qu’il envoyait d’autres en même temps. »
Les 40 000 euros
Bettina Beau reconnaît avoir détourné environ 40 000 euros de l’entreprise sur dix ans.
La préméditation
Elle a utilisé un rendez‑vous sexuel pour attirer sa victime dans un piège. « Betty Nabo sait parfaitement qu’elle aurait proposé un déjeuner à Philippe Gletty, il lui aurait dit non. Elle lui propose avant le déjeuner un rendez‑vous sexuel, elle savait qu’il dirait oui. »
Lors de la reconstitution, Bettina Beau mime la scène. Un témoin rapporte : « Elle aurait eu un fusil mitrailleur Kalachnikov, elle vidait les chargeurs. »
Le procès
Le 21 mai 2014, le procès s’ouvre à Saint‑Étienne. Bettina Beau plaide coupable. Un proche de la victime lance : « Heureusement que tous les gens qui dépriment ne tuent pas leur patron, parce qu’il n’y aura plus un seul patron en France. »
Elle est condamnée à 18 ans de réclusion criminelle.
Conséquences
L’entreprise Princeps Alu a fermé en octobre 2014.
Sources
- Témoignages de l'ex-compagne Emmanuel Fayard
- Témoignage de la meilleure amie Myriam
- Témoignage du mari de Bettina, Philippe Gletty
- Témoignage de la femme de ménage
- Agenda professionnel de Philippe Gletty
- Système de géolocalisation du véhicule de la victime
- Reconstitution du crime
- Procès et condamnation à 18 ans de réclusion
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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