Bébé secoué à Saint-Omer : une mère face à ses contradictions

Accroche
La vidéo est glaçante. Une femme en larmes murmure devant les caméras de la police : "C’est moi qui ai fait ça." Douze ans plus tard, devant la cour d'assises du Pas-de-Calais, elle clame son innocence. Entre ces deux moments, un diagnostic médical sans appel : syndrome du bébé secoué, avec des séquelles neurologiques irréversibles. Et pourtant.
Les faits
Une enfant de 13 mois est hospitalisée en urgence à Saint-Omer. Les médecins alertent immédiatement les autorités : les lésions cérébrales sont typiques de violences répétées. L’état de la victime correspond à des "violences volontaires sur un mineur ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente".
L’enquête pointe deux suspects : la mère et son compagnon de l’époque. Ce dernier, interrogé en garde à vue, nie toute implication. La mère, elle, multiplie les versions :
- Elle nie d’abord toute maltraitance.
- Puis avoue spontanément avoir secoué l’enfant "parce qu’elle voulait dormir".
- Avant d’affirmer avoir été menacée par les policiers.
- Enfin, au procès, elle accuse à nouveau son ex-compagnon : "C’est lui. Moi, j’aime mes enfants."
Les images de garde à vue, visionnées par la cour, montrent l’accusée reproduire des gestes de secousses sous les aisselles de l’enfant. Puis elle sanglote : "Je regrette." Voilà ce qu’elle dira ne jamais avoir voulu dire.
Le contexte
L’audience révèle des éléments troublants. Le fils aîné de l’accusée témoigne en sa faveur : "Ma mère n’a jamais été violente." Sa sœur, elle, la décrit comme "impulsive" — mais refuse de se positionner sur les faits. Le compagnon mis en cause évoque des tensions passées : "Elle a déjà renversé une poussette contre un mur", affirme-t-il à la barre.
Les médecins sont catégoriques : chaque année, une centaine de nourrissons sont victimes du syndrome du bébé secoué en France. Dans la majorité des cas, les auteurs sont les parents. Une réalité sombre, mais incontestable.
Le traitement judiciaire
Le procès d’appel expose plusieurs zones d’ombre :
- Les aveux contestés : la défense dénonce des "menaces policières" jamais prouvées. La vidéo montre une audition calme — mais l’accusée assure avoir été manipulée.
- L’absence de preuve matérielle : aucun témoin direct, seulement des constatations médicales a posteriori.
- La pression sur l’accusée : la présidente du tribunal interpelle longuement la mère, l’exhortant à "dire la vérité".
La cour doit rendre son verdict sous quinze jours. La peine pourrait atteindre une réclusion criminelle. Et pourtant, les doutes persistent.
Sources : LCP (vidéo intégrale du procès).
📰Source :www.youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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