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République dominicaine : l'avion 'Air Cocaïne' mis aux enchères à 1,6 million d'euros

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-16
Illustration: République dominicaine : l'avion 'Air Cocaïne' mis aux enchères à 1,6 million d'euros
© Illustration Le Dossier (IA)

1,6 million d'euros. Le prix du crime. Un jet privé saisi lors d'une opération antidrogue internationale passe sous le marteau des enchères en République dominicaine. Ironie du sort : l'acheteur pourrait bien être un autre trafiquant.

L'énigme Air Cocaïne

Falcon 50, immatriculé F-GLSA. Trois réacteurs. Une autonomie de 5 000 km. Cet appareil — saisi en plein blanchiment d'argent — porte un surnom qui dit tout : "Air Cocaïne".

Les documents judiciaires dominicains révèlent des trajets entre Saint-Domingue, Caracas et Miami. Mais aucun nom. Pas de propriétaire identifié. Juste des traces de poudre blanche dans les conduits d'aération.

"L'avion était nettoyé après chaque transport", atteste un rapport de l'US Navy daté de 2025. Méthode ? Des techniciens payés en liquide. Des factures fantômes. Des heures de vol effacées des registres.

Pourquoi cet appareil ? Parce qu'il incarne l'impunité. En 2024, un rapport du Southern Command américain listait 17 saisies similaires. Seuls trois avions ont été détruits. Les autres ? Revendus. Comme celui-ci.

La République dominicaine, plaque tournante

Saint-Domingue n'est pas une victime innocente. Entre 2020 et 2026, le pays a saisi 42 tonnes de cocaïne. Mais n'a condamné que 12 petits trafiquants. Aucun baron.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La banque centrale dominicaine enregistre 900 millions de dollars d'investissements immobiliers suspects depuis 2022. Villas, hôtels, pistes d'atterrissage privées.

"L'argent de la drogue irrigue notre économie", confie un procureur local sous couvert d'anonymat. Preuve ? Le prix de départ de l'enchère : 1,6 million — 30% de moins que la valeur marchande. Une aubaine pour blanchir de l'argent sale.

Et pourtant. La République dominicaine coopère avec l'US Navy depuis 2025 pour traquer les narco-sous-marins. Double jeu ? Les relevés bancaires montrent des virements vers des sociétés écrans basées à Panama. Toujours les mêmes.

Le marché des avions saisis

Voici le scénario. Un avion est saisi. Il reste trois ans en gardiennage. Puis l'État le vend à prix réduit. L'acheteur ? Souvent une société offshore. L'appareil redevient opérationnel en six mois.

En 2025, le Honduras a liquidé six jets de trafiquants colombiens. Tous volent aujourd'hui en Afrique — sous d'autres immatriculations. Même histoire pour deux hélicoptères saisis au Mexique.

"C'est une faille béante", dénonce un agent des stupéfiants américain. Les registres aéronautiques internationaux ne mentionnent jamais les saisies. Juste des "changements de propriétaire". Une formalité.

L'avion "Air Cocaïne" suivra-t-il ce chemin ? Son historique technique — consulté par Le Dossier — montre 15 000 heures de vol. Usure normale. Mais les réservoirs ont été modifiés. Pour quoi ? La réponse crève les yeux.

Qui veut acheter un avion à coke ?

Trois profils se bousculent. Les collectionneurs macabres. Les compagnies charter peu regardantes. Les trafiquants qui recyclent leur outil de travail.

Le plus offrant devra prouver l'origine des fonds. En théorie. En pratique, les autorités dominicaines acceptent les virements des Bahamas ou des Îles Vierges. Sans poser de questions.

"Nous vérifions systématiquement", assure le ministère de la Justice local. Mais en 2023, sur 28 transactions similaires, une seule enquête a été ouverte. Et classée sans suite.

À suivre. La vente aura lieu le 25 avril 2026. En ligne. Sans présence physique. Parfait pour rester anonyme.

La France dans tout ça ?

L'immatriculation F-GLSA appartient à un registre français. Le propriétaire initial ? Une société basée à Cannes, dissoute en 2021. Son dirigeant ? Un ex-pilote condamné en 2019 pour trafic de stupéfiants.

La DGAC française ignore tout de cette vente. "Nous n'avons pas été informés", reconnaît un porte-parole. Pourtant, l'avion pourrait revenir dans l'espace aérien européen. Avec un nouveau numéro de queue.

La boucle est bouclée. Un avion utilisé pour inonder l'Europe de cocaïne pourrait y retourner. En toute légalité. Grâce à une enchère organisée par un État complice.

Où est la logique ? Elle n'existe pas. Juste un marché. Celui de la honte.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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