Assemblée Nationale: Le Sanctuaire des Prédateurs Sexuels
Derrière les portes closes du Palais-Bourbon, un système protège les harceleurs et agresseurs. Témoignages accablants et preuves à l'appui.

Le système Beaupin : harcèlement, agression et impunité
Denis Beaupin. Un nom qui résonne comme un symbole. Vice-président de l’Assemblée nationale entre 2012 et 2017, cet élu écologiste a multiplié les agressions sexuelles. Les faits ? Établis. Les preuves ? Irréfutables. Les conséquences ? Nulles.
En 2011, Sandrine Rousseau, porte-parole d’Europe Écologie Les Verts, est agressée par Beaupin lors d’une réunion. "Il m’a plaqué contre le mur, m’a tenu par la poitrine et a cherché à m’embrasser", témoigne-t-elle. Elle le repousse. Mais ne parle pas. Pourquoi ? La peur. L’omerta. La culture du silence.
Isabelle Attard, ancienne députée écologiste, subit elle aussi le harcèlement de Beaupin. "Des SMS provocateurs, sur mes jambes, sur le fait qu’il serait mon amant", raconte-t-elle. En 2016, un tweet met le feu aux poudres. Beaupin et des collègues arborent du rouge à lèvres pour dénoncer les violences faites aux femmes. Ironie cruelle. Les victimes décident alors de briser le silence.
Mais les faits sont prescrits. Beaupin attaque en justice les témoins pour diffamation. Les victimes se retrouvent sur le banc des accusés. En 2019, la justice relaxe les plaignantes. Beaupin est condamné pour abus de constitution de partie civile. Une sanction symbolique. Sa carrière politique ? Toujours intacte.
Collaboratrices parlementaires : précarité et harcèlement
Les gazelles du troupeau. C’est ainsi qu’une témoin décrit les collaboratrices parlementaires. Jeunes, précaires, vulnérables. Elles sont la cible idéale des prédateurs.
Mathilde Viot, ancienne collaboratrice, raconte. "Un député m’a glissé une main dans le cou en plein travail. Si j’avais été un homme, il m’aurait dit : 'Quel talent ! Bravo !'." Le harcèlement est quotidien. Propos sexistes. Gestes déplacés. Demandes inappropriées.
Le statut des collaborateurs ? Une aberration. Pas de grille salariale. Pas de droit du travail. Une clause de loyauté les réduit au silence. "Si vous dénoncez votre employeur, vous êtes viré", résume Viot. Une omerta systémique.
En 2017, un collectif, "Chère Collaboratrice", dénonce ces pratiques. Des témoignages accablants. "Vous portez une culotte, mademoiselle ?", demande un député à sa secrétaire. "Tu sais, c’est marrant, j’ai jamais couché avec une Arabe", lance un autre en réunion. Les dessins publiés par le collectif sont glaçants. Mais rien ne change.
Benoît Simian : le député harceler protégé par l’immunité
Benoît Simian. Député macroniste de Gironde. En 2020, il harcèle sexuellement sa collaboratrice, Latitia Redonné. Messages intimes. Chambres partagées de force. Tentatives d’intrusion dans la salle de bain. Elle raconte. "J’ai hurlé. Il m’a dit : 'Mais crie pas comme ça, tout le monde va t’entendre.'" Elle porte plainte.
Mais Simian est député. L’immunité parlementaire le protège. Le bureau de l’Assemblée, présidé par Richard Ferrand, refuse de lever son immunité. Pourquoi ? "C’est la défense d’un frère", explique Clémentine Notin, membre du bureau. Une solidarité masculine. Une caste qui se protège.
Simian harcèle aussi son ex-épouse. Vol des poubelles. Tags sur la boîte aux lettres. Caméras cassées. Il tente même d’installer sa permanence parlementaire dans son jardin. Les autorités lui fournissent un téléphone grave danger. Mais Simian reste intouchable.
Richard Ferrand : le président qui ferme les yeux
Richard Ferrand. Président de l’Assemblée nationale de 2018 à 2022. Il incarne l’omerta institutionnelle. En 2017, Mathilde Viot lui demande de modifier la clause de loyauté. Réponse : "Si vous faites ça, on pourra plus jamais virer quiconque." Une fin de non-recevoir.
En 2021, Latitia Redonné écrit à Ferrand. Elle détaille le harcèlement de Simian. Réponse : "Je ne peux décider individuellement et unilatéralement de nouvelles mesures." Une position lâche. Une défaillance coupable.
Ferrand savait. Les agissements de Simian étaient connus. Un adjoint de Simian l’avait alerté par écrit. Mais Ferrand a fermé les yeux. Pour protéger un collègue. Pour préserver le système.
Emmanuel Macron : les promesses non tenues
Emmanuel Macron. En 2017, il fait de la lutte contre les violences sexistes la grande cause du quinquennat. "La honte doit changer de camp", déclare-t-il. Des mots forts. Mais des actes faibles.
À l’Assemblée, rien ne change. Les députés macronistes reproduisent les mêmes schémas. Propos sexistes. Harcèlement. Agressions. Les collaboratrices sont toujours en première ligne. Les prédateurs toujours protégés.
Macron avait promis une nouvelle ère. Une politique féministe. Une transparence totale. Mais dans les couloirs du Palais-Bourbon, l’ancien monde perdure. Les femmes payent le prix fort.
Conclusion : un système à abattre
L’Assemblée nationale est un sanctuaire. Un lieu où les agresseurs sont protégés. Où les victimes sont réduites au silence. Un système qui doit tomber.
Les preuves sont là. Les témoignages aussi. Il est temps d’agir. De lever l’immunité parlementaire. De protéger les victimes. De mettre fin à l’omerta.
Les femmes en politique méritent mieux. Elles méritent de travailler sans peur. Sans harcèlement. Sans agression. Cela commence par une révolution culturelle. Cela commence maintenant.
Quel député a été accusé de harcèlement sexuel par sa collaboratrice Latitia Redonné ?
Par la rédaction de Le Dossier
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