Assassinat de Pascal Navroki : l'ex-meilleur ami et son père condamnés à 22 et 10 ans

La nuit du drame
Un bruit. Ce soir-là, Pascal Navroki est chez lui, dans sa ferme, avec Laura, sa compagne. Les chiens aboient. Anormalement.
Pascal sort. Rien. Il revient.
Et puis, le coup de feu.
Selon le récit de Canal Crime, qui s'appuie sur les déclarations de Laura et les constatations des gendarmes, Laura entend une détonation unique. Elle se précipite dehors. Elle trouve Pascal allongé, couvert de sang. Elle croit d'abord qu'il a été égorgé. En réalité, un impact de plomb en plein torse.
Le médecin légiste établit : l'arme est un fusil de chasse. La distance de tir est inférieure à quatre mètres. La mort est quasi instantanée. La victime n'a eu aucune chance.
Sur place, les premiers gendarmes — le major Christophe Legros, cité par la source — constatent plusieurs impacts de plomb au centre du torse. Un carreau de fenêtre a volé en éclats. Le tireur était embusqué de l'autre côté, derrière la vitre, guettant sa proie. Selon les proches de la victime, « C'est un guet-apens » et « Il l'a tué pire qu'une bête. »
Pas d'effraction. Rien de volé. Une seule cartouche. Un seul objectif : tuer.
Vincent, alerté par Laura au téléphone vers 22 heures, arrive sur place. Il voit son frère allongé, le regard vide.
Le triangle amoureux
Ils étaient inséparables. Pascal, 29 ans, vendeur fromager sur les marchés, amoureux de la nature, « le cœur sur la main ». Laura, 18 ans, élève infirmière belge. Et Thomas Jougnot, 23 ans, ouvrier agricole, ex-petit ami de Laura… et meilleur ami de Pascal.
« Ils sortaient ensemble, ils sortaient le soir en boîte, ils faisaient tout ensemble », raconte Vincent Navroki. Pascal était même accueilli comme un fils chez les Jougnot. Arnaud, le père de Thomas, le considérait « quasiment comme son fils ».
Puis, la rupture.
Laura quitte Thomas. Un mois plus tard, elle entame une relation avec Pascal. C'est sur Facebook que Thomas découvre les photos du nouveau couple.
La trahison est totale. Le meilleur ami lui a « pris » sa copine.
Pourtant, au moment des faits, Thomas se présente comme un jeune homme bien sous tous rapports. Son employeur, Pierre Delbecq, producteur de pommes de terre en Belgique, le décrit comme « travailleur, toujours partant, jamais agressif ». Interrogé par les gendarmes, Thomas nie en bloc. Il affirme qu'il a tourné la page. Il dit : « Je ne vais quand même pas foutre ma vie en l'air pour un mec ou pour une gonzesse. »
Et il a un alibi. Toute la famille Jougnot — Thomas, son père Arnaud, sa mère, sa sœur — déclare avoir passé la soirée à regarder une émission de danse. Thomas donne des détails : la chute d'un danseur, le déroulé de l'émission.
Les menaces et la famille soudée
Selon les déclarations de Laura, reprises par Canal Crime, leur relation aurait été un enfer. Il était « manipulateur et violent ». Il la bousculait, la frappait. Pascal avait pris sa défense. Plusieurs fois.
Selon Canal Crime, qui s'appuie sur des confidences du beau-frère de Thomas et sur les auditions, plusieurs incidents ont précédé le meurtre. Des animaux empoisonnés — retrouvés chez les parents de Laura et chez Pascal. Des véhicules incendiés. Et des cartouches de chasse insérées dans des bûches.
Selon la source, Thomas se vantait de ces actes lors des repas de famille.
L'alibi qui s'effondre
Pendant des heures, Thomas tient bon. Son alibi familial tient. Les quatre membres de la famille racontent la même histoire : l'émission de danse, la soirée au domicile, Thomas jamais sorti.
Mais les gendarmes creusent. Et ils découvrent un détail qui fait tout basculer. Le frère de la victime, Vincent Navroki, affirme avoir croisé la voiture des Jougnot sur la route, près de la ferme de Pascal, au moment des faits.
Confronté à ce témoignage, le père craque. Arnaud Jougnot avoue avoir menti.
Selon Canal Crime, qui cite le déroulé judiciaire, Arnaud reconnaît avoir conduit son fils sur les lieux du crime. Pendant que Pascal et Laura étaient dans la ferme, Thomas a contourné le bâtiment, s'est posté derrière une fenêtre, a fait du bruit pour faire sortir sa victime — les chiens ont aboyé — et a tiré.
Une seule cartouche. À travers la vitre. À moins de quatre mètres.
« C'est un tir immédiat », explique la source. « M. Jougnot sait qu'il ne laisse aucune chance à sa victime. »
Après le meurtre, Thomas rejoint son père. Sur le trajet du retour, il jette la cartouche vide. Puis, pour parfaire leur alibi, les deux hommes regardent le replay de l'émission de danse. Ils mémorisent les détails.
Le lendemain matin, Thomas rapporte l'arme chez ses grands-parents. Puis il part chasser avec son père. Comme si de rien n'était.
Un seul problème : Vincent Navroki a vu leur voiture.
L'absence de remords
Selon la source, Thomas Jougnot a déclaré aux enquêteurs : « Le soir où j'ai tiré sur Pascal Navroki, c'est bête à dire — oui, vous avez bien lu — mais quand je me suis couché, j'ai dormi mieux. Je me suis senti mieux. »
Sources
- Canal Crime (YouTube)
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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