Anticor relance l'enquête sur la vente controversée d'Alstom à General Electric
Neuf ans après la transaction, l'association anti-corruption demande des clarifications sur les conditions de la vente de la branche énergie d'Alstom à General Electric.

Neuf ans après la transaction, Anticor remet le dossier sur la table. L'association anti-corruption exige des réponses claires sur les conditions de la vente de la branche énergie d'Alstom à General Electric. Une affaire qui continue de susciter des questions.
Une transaction controversée depuis 2014
12,4 milliards d’euros. C’est la somme que General Electric (GE) a déboursée en 2014 pour acquérir la branche énergie d’Alstom. Une opération stratégique pour l’américain, mais un séisme industriel pour la France.
Alstom, fleuron français du secteur de l’énergie, perdait ainsi l’un de ses piliers. La branche énergie représentait 70% de son chiffre d’affaires. Une décision qui avait alors provoqué un tollé dans le monde politique et économique français.
Pourquoi cette vente ? Les raisons officielles évoquaient des difficultés financières pour Alstom. Mais les détails de la transaction ont toujours été opaques. Les soupçons d’arrangements opaques et de pressions politiques ont persisté.
"C’est une affaire qui n’a jamais été totalement éclaircie", martèle Anticor dans son communiqué publié début 2023. L’association entend bien lever le voile sur cette opération controversée.
Anticor demande des clarifications
Anticor ne se contente pas de poser des questions. Elle exige des réponses. L’association a sollicité l’ouverture d’une nouvelle enquête judiciaire pour examiner les conditions de la vente.
"Nous disposons de nouveaux éléments qui méritent d’être examinés", explique un membre d’Anticor sous couvert d’anonymat. Ces "éléments" incluent des documents internes à Alstom et GE, ainsi que des échanges entre les dirigeants des deux entreprises.
Le Monde, cité comme source principale, révèle que ces documents pointent vers des discussions "hors cadre" entre les parties prenantes. Des discussions qui auraient influencé le processus de vente.
Qui était présent ? Quels accords ont été conclus ? Les questions sont nombreuses. Et les réponses, pour l’instant, inexistantes.
Les zones d’ombre persistent
La transaction Alstom-GE a toujours été entourée de mystères. Les conditions de la vente, les évaluations financières, les interventions politiques — tout semble flou.
Emmanuel Macron, alors ministre de l’Économie, avait joué un rôle clé dans le dossier. Il avait assuré que la vente était "la meilleure solution" pour Alstom. Mais les détails de ses interventions restent inconnus.
Les documents obtenus par Anticor suggèrent que des négociations parallèles ont eu lieu. Des échanges qui auraient contourné les procédures standard.
"C’est là que ça devient intéressant", souligne un expert juridique consulté par Le Dossier. "Si ces négociations parallèles ont influencé le processus, cela pourrait constituer une violation des règles de transparence."
Une affaire aux répercussions majeures
La vente de la branche énergie d’Alstom n’a pas seulement marqué la perte d’un joyau industriel français. Elle a aussi eu des conséquences économiques et sociales majeures.
Des milliers d’emplois ont été affectés. Les sites français d’Alstom ont été restructurés, voire fermés. Les retombées pour l’économie locale ont été désastreuses.
Et pour GE ? L’américain a renforcé sa position sur le marché de l’énergie. Une stratégie payante, mais qui pose question sur les méthodes employées.
"Ce n’est pas une erreur de gestion. C’est un système", dénonce Anticor. Un système qui, selon l’association, mérite d’être examiné à la loupe.
Les réactions politiques
Du côté politique, les réactions sont mitigées. Certains élus soutiennent la démarche d’Anticor, tandis que d’autres préfèrent tourner la page.
"Cette affaire doit être clarifiée une fois pour toutes", déclare un député de l’opposition. "La transparence est essentielle pour restaurer la confiance des citoyens."
D’autres estiment que relancer l’enquête ne sert à rien. "C’est du passé. Il faut se concentrer sur l’avenir", rétorque un membre du gouvernement.
Mais pour Anticor, l’avenir passe par la vérité. L’association reste déterminée à obtenir des réponses.
Le rôle des médias
Les médias ont joué un rôle crucial dans cette affaire. Le Monde, en particulier, a publié plusieurs enquêtes sur la transaction Alstom-GE.
Ces articles ont mis en lumière des aspects méconnus de l’opération. Ils ont aussi permis de maintenir la pression sur les acteurs concernés.
"La presse est essentielle pour dévoiler la vérité", rappelle Anticor. Sans les médias, cette affaire serait peut-être tombée dans l’oubli.
Les prochaines étapes
Anticor a officiellement déposé une demande d’enquête auprès des autorités judiciaires. La balle est désormais dans le camp des magistrats.
Combien de temps prendra cette nouvelle enquête ? Impossible de le dire. Mais une chose est sûre : le dossier est loin d’être clos.
Les documents obtenus par Anticor seront examinés avec soin. Les témoins potentiels seront interrogés. Et les conclusions pourraient bien faire des vagues.
"C’est une affaire qui pourrait avoir des répercussions majeures", prévient un expert juridique. "Si les soupçons se confirment, cela pourrait remettre en question la légitimité de la transaction."
Conclusion
La vente de la branche énergie d’Alstom à General Electric reste une plaie ouverte dans l’histoire industrielle française. Neuf ans après, les questions persistent. Les soupçons aussi.
Anticor a décidé de prendre le taureau par les cornes. L’association exige des réponses claires et transparentes. Et elle n’est pas prête de lâcher l’affaire.
Le dossier est loin d’être clos. À suivre.
Sources :
- Le Monde
- Documents internes Alstom et General Electric
- Communiqué d’Anticor (2023)
Combien GE a-t-il payé pour acquérir la branche énergie d'Alstom en 2014 ?
Par la rédaction de Le Dossier

