Anglicismes : La France capitule face à l'anglais ?

1994 : La loi Toubon, déjà moribonde
Le législateur avait pourtant bien essayé. En 1994, la loi Toubon devait sanctuariser notre langue. Le Conseil constitutionnel en décida autrement. Les juges — oui, eux — invalidèrent les dispositions clés. Motif ? "Atteinte à la liberté d'expression".
Résultat : seules subsistent des obligations minimales. Notices d'électroménager en français. Contrats de travail aussi. Mais pour le reste ? La publicité crache des "best of", les médias pondent des "breaking news". L'ARCOM regarde ailleurs.
— Et pendant ce temps, le français recule.
France Terme : l'usine à contre-feux tardifs
L'organisme officiel traîne des pieds. Quand "spoiler" s'implante, il faut trois ans pour proposer "divulgâcher". Trop tard. Le mal est fait.
Comparez avec le Québec. Là-bas, "cloud computing" devient "infonuagique" en six mois. Chez nous ? On ergote. On temporise. Et pendant ce temps, les anglicismes s'incrustent.
Pourtant, des solutions existent. Exemple : le "drive" devenu "retrait en magasin". Mais qui s'en sert vraiment ?
Cinéma : la grande braderie
Autrefois, "Home Alone" s'appelait "Maman, j'ai raté l'avion". Aujourd'hui ? Plus personne ne traduit. Les distributeurs gardent les titres originaux.
Pourquoi ? Parce que "ça fait branché". Parce que les jeunes adorent. Et surtout — parce que personne n'exige le respect de la loi.
La faute à qui ? Aux salles obscures qui préfèrent l'anglais. Aux régulateurs qui ferment les yeux. À nous tous, finalement.
Publicité : le syndrome du "French bashing"
"Summer sales", "happy hour", "new look". Les panneaux publicitaires ressemblent à des pages du Times. L'ARCOM pourrait sanctionner. Elle préfère "dialoguer".
Résultat ? Même les marques françaises jouent les traîtres. Une crème "made in France" s'affiche en "anti-aging". Pathétique.
Et pourtant... Le Québec interdit purement et simplement ces dérives. Avec succès. Preuve que c'est possible.
Éducation : l'abandon des tranchées
Les profs de français jettent l'éponge. Plus de dictées. Moins de grammaire. La poésie ? Devenu un truc de vieux.
Conséquence : les élèves écrivent "je vé" au lieu de "je vais". Et s'émerveillent devant un subjonctif correctement conjugué.
— Oui, vous avez bien lu.
Conclusion : la guerre des mots est perdue
Nous avons tous capitulé. Les juges d'abord, en sabotant la loi. Les politiques ensuite, par lâcheté. Les enseignants, par épuisement.
Le Québec montre pourtant qu'une résistance est possible. Mais chez nous ? On préfère jouer les cool kids en parlant franglais.
Dommage. Car une langue qui ne se défend pas finit par mourir. Et ça, ce n'est pas du "fake news".
Par la rédaction de Le Dossier


