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PolitiqueÉpisode 8/3

Albanie : Edi Rama défend le projet Trump-Kushner face à la « révolution des flammes roses »

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-13
Illustration: Albanie : Edi Rama défend le projet Trump-Kushner face à la « révolution des flammes roses »
© YouTube

Quatre milliards de dollars — oui, vous avez bien lu. C’est le prix du complexe hôtelier de luxe que veulent bâtir Ivanka Trump et Jared Kushner sur une zone protégée du littoral albanais. Le projet déchaîne une vague de manifestations. Les gens l’appellent la « révolution des flammes roses ». Interrogé sur France 24 et LCP Public Sénat, le Premier ministre Edi Rama ne bronche pas. Il accuse des puissances étrangères de tirer les ficelles de la contestation.

« La majorité des Albanais veut le projet »

Edi Rama tient bon — le socialiste au pouvoir depuis près de 13 ans défend le projet touristique porté par la fille de Donald Trump et son gendre. « On a l’évidence que la majorité des Albanais veut le projet », assure-t-il. Des enquêtes d’opinion le prouveraient, selon lui. Et pourtant, à Tirana et à Vlora, des manifestants brandissent des flamants roses. Leur cible : un complexe de luxe sur l’île de Sazan et le lagon de Vjosa Narta.

Rama minimise. « Les manifestations ne sont plus quelque chose autour du projet. On ne parle même plus du projet », dit-il. Il y voit un « mélange de différents groupes qui sont contre le gouvernement ». Le Premier ministre chiffre le projet à 4 milliards de dollars. De quoi faire passer l’Albanie d’un « tourisme low-cost » à un « tourisme haut de gamme », justifie-t-il.

Depuis 2017, la zone de Vlora est officiellement un « paysage protégé ». Une nouvelle loi, adoptée en 2024, a intégré des « clauses pour motifs économiques ». « Il s’agit pas d’un changement de loi pour rendre le projet faisable », rétorque Rama. Selon lui, la zone est en « 5e catégorie de protection » — on peut y construire sous conditions.

Des accusations d’ingérence étrangère

Le Premier ministre pointe du doigt des puissances étrangères. « Soit les interférences de l’Iran, avec lesquels on est dans une guerre cyber depuis 3 ans, soit l’interférence des compétiteurs autour de la région qui veulent pas ce développement en Albanie », lance-t-il.

Rama ajoute que l’opposition au projet sert les adversaires de Donald Trump. « Tous ceux qui n’aiment pas Donald Trump adorent cette manifestation parce que ça leur donne la possibilité de trouver une autre raison pour aller contre Donald Trump », analyse-t-il.

La contestation est bien réelle et albanaise. Le parquet anti-corruption albanais a ouvert une enquête sur la provenance des fonds. Rama balaie : « Il y a jamais eu un contrôle sur les fonds, il y a jamais eu un problème avec les fonds. » Il précise que l’argent vient de la Qatar Investment Bank. « Cette banque a acheté un tiers de Paris et il y a jamais eu ce problème », ajoute-t-il.

Une enquête anti-corruption en cours

Rama ne nie pas l’enquête : « La structure anti-corruption était en train de faire une investigation sur un des propriétaires qui ont vendu le terrain. » Les fonds ont été placés sous séquestre. « Si la propriété de celui-là est légitime, il va prendre l’argent, sinon la République d’Albanie va obtenir l’argent », explique-t-il.

Sous la pression de l’Union européenne, l’Albanie a révoqué la moitié de ses magistrats dans le cadre d’un processus de « vetting ». « L’Albanie a fait contre la corruption une montagne de choses », se défend Rama. Il rappelle que c’est « la première raison pour laquelle on a ouvert tous les chapitres » de négociation avec l’UE.

L’Albanie, laboratoire migratoire de l’UE

Deuxième dossier : l’immigration. L’Italie de Giorgia Meloni a construit un centre de rétention pour migrants dans le nord de l’Albanie. La justice albanaise et internationale a bloqué le projet à plusieurs reprises. « Ça concerne l’Italie », coupe Rama. « C’est un projet qui va être géré par l’État italien. Nous on a offert la disponibilité du terrain. »

Le ministre des Affaires étrangères albanais a suggéré que l’accord ne serait pas prolongé au-delà de 2030. Rama corrige : « C’est notre phrase qui a été mise hors contexte et qui est devenue virale. » Il déplore la « viralité des démérithés », qu’il présente comme « le plus grand problème pour les démocraties ».

Sources

  • France 24 / LCP Public Sénat — « Ici l’Europe » — Interview d’Edi Rama et débat parlementaire européen, 5 juin 2026

📰Source :youtube.com

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Épisode 8 · 2026-06-13

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