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SociétéÉpisode 12/1

Cancer des pesticides : un agriculteur bio obtient la reconnaissance de la MSA

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-07-04
Illustration: Cancer des pesticides : un agriculteur bio obtient la reconnaissance de la MSA
© YouTube

La reconnaissance d’un lien

Pierre apprend qu'il a un lymphome en septembre 2017. Une tumeur « grosse comme un melon » dans le ventre. Puis une année de chimiothérapie, une autogreffe de moelle osseuse, deux péritonites et 40 centimètres d'intestin retirés. Il est vivant.

Début 2019, il dépose une demande de reconnaissance de maladie professionnelle auprès de la MSA. L'organisme valide : il lie officiellement le cancer de Pierre à son exposition aux pesticides.

« Le fait d'avoir été reconnu, d'avoir de l'avoir dit aussi », confie-t-il. Il témoigne sans hésiter.


Un cancer en pleine conversion bio

Il n'a pas toujours été bio. Pierre a grandi dans la ferme de son père, dans les Côtes-d'Armor. À 10 ans, il travaille déjà. Il passe un BP agricole, sans élan de cœur — son rêve était garde forestier. Puis il rencontre Gwen, son épouse. Ensemble, ils reprennent l'exploitation.

L'installation est rude. Des droits à produire du lait attribués par l'administration, toujours plus de volume. « La seule chose que vous nous dites, c'est qu'il va falloir qu'on travaille plus pour gagner les mêmes choses », se souvient-il.

Un ami lui tend une revue : TCS – Techniques Culturales Simplifiées. C'est une révélation. « Ah ouais, mais c'est comme ça que j'ai envie de travailler. » Il décide de passer en agriculture biologique. Deux ans de conversion. En juin 2017, première livraison de lait bio. Un aboutissement — trois mois plus tard, le cancer frappe.

« Au départ, je ne me suis même pas posé la question de savoir si c'était les pesticides », dit-il. Il se protégeait lors des traitements. Mais l'exposition remonte peut-être à son passé d'ouvrier agricole, « où j'ai été confronté à divers produits sans protection ». On ignore la genèse exacte.


Traitements et survie : un calvaire

Chimiothérapie toutes les trois semaines. Pendant un an. La tumeur, en nécrosant, perce l'intestin. Première péritonite. Hospitalisation sous morphine. Puis une deuxième, à peine rentré chez lui. « La douleur horrible, sans morphine, quelque chose d'abominable. »

Le chirurgien a osé l'opérer — seul à tenter l'impossible. « Personne n'osait trop ouvrir », raconte Pierre. Il a donné ses dernières volontés à Gwen. Le lendemain, la chef de service à Saint-Brieuc lui dit : « Je vois un ressuscité. »

Il a fallu changer de protocole. Autogreffe de moelle osseuse. Chimio lourde. « Si je retombais malade et qu'il fallait que je repasse par là, je refuserais. C'est d'une violence extrême. »

Il sort de chambre stérile en août 2018. La pire idée : retourner à la ferme trop vite. Il s'épuise. « Je me suis retrouvé en dépression, hospitalisé en hôpital psychiatrique, au bord de me faire en l'air. » Les antidépresseurs et les anxiolytiques l'ont tenu debout.


Une vallée de veuves

Pierre ne témoigne pas que pour lui. « Dans les gens que j'ai croisés dans les traitements de maladie du sang, beaucoup d'agriculteurs, des gens qui ont utilisé les pesticides. » Il cite sa vallée : « Il n'y avait que des veuves. Tous les hommes étaient morts d'un cancer ou d'un autre. »

« Le poison est pour tout le monde », lance Pierre.


Des politiques aux mains des lobbyistes

Selon lui, les personnes qui défendent les pesticides sont « abjects ». Il appelle à une prise de conscience collective : « Comment je peux me taire ? Il y a tellement de conséquences, un tel désastre. »


Rebâtir une vie

Pierre a entamé une formation de psychothérapeute.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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