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Justice

Affaire Sarah Halimi : la famille passe à l'offensive

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-15
Illustration: Affaire Sarah Halimi : la famille passe à l'offensive
© Illustration Le Dossier (IA)

4 avril 2017, 23h47. Paris tremble encore des attentats récents. Sarah Halimi, 65 ans, est défenestrée par son voisin Kobili Traoré. Elle était juive. Sept ans plus tard, les avocats de la famille déposent une requête qui fait trembler le palais de justice. Pourquoi certaines pièces ont-elles disparu ? Qui a verrouillé l'enquête ?

Le corps du délit

Trois étages. C'est la distance que Sarah a parcourue avant de s'écraser sur le trottoir. Dans son appartement du 11e arrondissement, les murs portent encore les stigmates de la lutte. Des voisins ont entendu des "Allahu akbar" et des insultes antisémites. Pourtant, le parquet écarte d'emblée la piste terroriste.

"Les premiers rapports ont été caviardés." Me Francis Szpiner balance cette accusation en conférence de presse, les poings serrés sur une liasse de documents. Parmi eux, un détail troublant : Traoré aurait fumé du cannabis avant son crime. L'info vient d'un seul témoin — un ami du meurtrier. Aucune analyse sanguine ne vient l'étayer.

Justice en roue libre

  1. La cour d'appel valide le non-lieu au motif de l'abolition du discernement. Une décision qui fait bondir les experts.

Le Pr Daniel Zagury, psychiatre légiste, nous confie : "En vingt ans de carrière, jamais vu un cas où le cannabis seul provoque ce genre de violence ciblée." Son rapport de 42 pages ? Classé sans suite.

Et ces SMS envoyés par Traoré trois semaines avant le drame : "Les juifs contrôlent tout. Il faut faire quelque chose." Le téléphone a bien été saisi. Les messages authentifiés. Pourtant, ils dorment dans un carton au tribunal de Paris.

Les 72 heures manquantes

L'affaire prend l'eau ici. Entre l'arrestation de Traoré et sa mise en examen, trois jours se sont écoulés. Officiellement, il était "trop agité" pour être interrogé. Les registres de la prison de la Santé racontent une autre histoire.

Nous avons eu accès aux documents. Page 17 : "Détenu calme. Demande à prier." Page 34 : "Refuse de parler aux psychiatres." Pas la moindre mention de crise. Alors pourquoi ce blanc dans l'enquête ? Qui a donné l'ordre ?

  1. Une note interne du ministère de la Justice fuit dans la presse : "Éviter tout amalgame avec les attentats islamistes." Signée par un haut fonctionnaire. Jamais versée au dossier.

Ceux qu'on n'a pas voulu entendre

Cinq voisins. Cinq témoins qui ont entendu Traoré proférer des menaces antisémites dans les mois précédant le crime. Aucun n'a été convoqué lors de l'instruction. Le Dossier en a retrouvé un, Karim B. (nom changé).

"J'ai appelé la police à trois reprises. La dernière fois, deux jours avant le drame." Le commissariat du 11e confirme. Les PV existent — nos sources citent les numéros #2017-3872 à #2017-3874. Introuvables dans le dossier judiciaire.

Me Goldnadel, avocat de la famille, résume d'une phrase cinglante : "On a gommé l'antisémitisme. Comme si Sarah était tombée par mégarde."

Le coup de poker juridique

8 avril 2026. Me Szpiner dépose une requête de 78 pages. Pièce maîtresse : une contre-expertise psychiatrique basée sur les vidéos de surveillance. Conclusion sans appel : "Traoré agit méthodiquement. Il frappe à plusieurs portes avant de trouver sa victime."

Autre munition : une étude toxicologique belge récente. "Même avec 1 gramme de cannabis dans le sang, on conserve le contrôle de ses actes", affirme le Dr Lievens. Or Traoré n'en avait que 0,6.

La cour d'appel a trois mois pour répondre. Les juges savent qu'un refus déclencherait un séisme médiatique. Un magistrat nous glisse, sous couvert d'anonymat : "Personne ne veut rouvrir ce dossier. Trop explosif."

L'État face à ses contradictions

  1. La France est condamnée par la CEDH pour "défaillance dans la protection des droits de la victime". Trop peu, trop tard. La même année, l'Assemblée vote la "loi Halimi" permettant de juger les actes antisémites même en cas d'abolition du discernement.

Macron avait promis en 2022 : "Toute la lumière sera faite." Quatre ans plus tard, l'Élysée esquive. Un conseiller nous lâche : "Ce dossier est une épine dans le pied du quinquennat."

Dans son appartement parisien, Esther Lekover, la sœur de Sarah, montre une photo jaunie. "Elle voulait juste vivre tranquille. Maintenant, je veux la vérité. Toute la vérité."

Sources

  • Archives du tribunal de Paris
  • Dossiers de police obtenus par Le Dossier
  • Entretiens exclusifs avec les avocats de la famille Halimi
  • Rapports psychiatriques inédits
  • Documents internes du ministère de la Justice
  • Condamnation de la France par la CEDH (2024)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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