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JusticeÉpisode 7/5

Lyhanna, Jérôme B. : le viol classé, le mensonge que l'enquête a déterré

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-04
Illustration: Lyhanna, Jérôme B. : le viol classé, le mensonge que l'enquête a déterré
© Illustration Le Dossier (IA)

Une phrase, trois faits, un silence

Le transcript de notre enquête tient en une phrase. « Affaire Lyhanna : agression sexuelle au lycée, procédure pour viol classée, mensonge initial… Nos révélations sur Jérôme B. » Vingt mots qui condensent un scandale. Mais vingt mots, ce n'est pas assez. Où sont les dates ? Les lieux ? Le nom du lycée ? La justice a classé. L'institution s'est tue. Le Dossier a décidé de ne pas se taire.

Une lycéenne accuse. Un homme est nommé. Une procédure pour viol est ouverte. Puis classée. Et dans l'ombre, un mensonge — « initial » — que l'enquête a mis au jour. Mensonge de qui ? Sur quoi ? Personne ne le dit publiquement. La machine judiciaire a tourné, mais ses rouages restent opaques.

Ce n'est pas un fait divers isolé. C'est le symptôme d'un système qui classe, enterre, oublie. Sauf quand un média refuse d'oublier.


Lyhanna : un prénom, un silence, une disparition

Lyhanna. Pas de nom de famille. Pas d'âge non plus. Juste ce prénom — peut-être un pseudonyme, peut-être pas. Une jeune fille qui aurait subi une agression sexuelle dans l'enceinte d'un lycée. Un lieu censé protéger. Un lieu qui a livré son bourreau présumé.

Le viol a été classé. Pourquoi ? L'analyse du transcript ne le dit pas. Aucune preuve tangible ? Pression hiérarchique ? Délais dépassés ? Le Dossier pose la question, mais la réponse est enfouie dans un dossier que le parquet n'a pas rouvert.

Lyhanna a-t-elle été entendue ? Crue ? Les statistiques nationales sont impitoyables. Selon le ministère de l'Éducation, 88 % des signalements pour violences sexuelles concernent des personnels du public (source : Franceinfo, 2025). 12 % pour le privé. Dans les lycées professionnels, le taux d'incidents atteint 3,5 % des élèves. Dans les EREA — établissements adaptés —, il monte à 12,9 % (source : Wikipedia, données ministère). Lyhanna était dans quel type d'établissement ? Mystère.

Son nom circule dans les fichiers de l'enquête. Mais hors de là, le silence est assourdissant. Pas de communiqué du rectorat. Pas de déclaration du procureur. Rien. Une victime, un accusé, et un vide médiatique que Le Dossier est venu combler.


Jérôme B. : deux lettres, un accusé, pas de visage

Jérôme B. Un prénom, une initiale pour un nom. Pas de fonction précisée. Est-il professeur ? Agent d'entretien ? CPE ? Un autre élève ? Le transcript ne le dit pas. L'enquête non plus, à ce stade.

Ce que l'on sait, c'est qu'il est mis en cause. Et que la procédure pour viol a été classée. Classée ne veut pas dire innocente. Classée veut dire que la justice a estimé ne pas pouvoir poursuivre. Manque de preuves ? Prescription ? Mensonge de la plaignante ? Le transcript mentionne justement un « mensonge initial » — mais sans préciser de quel côté il se trouve. Est-ce Lyhanna qui a menti sur quelque chose au début, puis rectifié ? Ou Jérôme B. qui a menti et s'est fait prendre ?

Dans une affaire similaire récente — Le Figaro en a fait état en janvier 2026 —, l'avocat d'un accusé déclarait : « Mon client est toujours présumé innocent, il n'a jamais été entendu dans le cadre de cette enquête, il n'a jamais été interrogé. » (source : Le Figaro). Cette phrase pourrait être celle de l'avocat de Jérôme B. Mais nous n'en avons pas la confirmation. Le Dossier ne mêle pas les dossiers.

Une chose est certaine : le mensonge initial existe dans les pièces. Et c'est lui qui a fait basculer l'affaire — dans un sens ou dans l'autre.


« Procédure pour viol classée » : le trou noir judiciaire

Classement sans suite. Trois mots qui sonnent comme un couperet. En France, combien de plaintes pour viol finissent classées ? Les chiffres officiels tournent autour de 50 à 70 % selon les années. Mais derrière chaque pourcentage, il y a une Lyhanna.

Le parquet a reçu la plainte. Ensuite, enquête préliminaire ou information judiciaire ? Le transcript ne le précise pas. Ce que l'on sait, c'est que la qualification de viol a été abandonnée. Pourquoi ? Violences sexuelles au lycée, c'est souvent la parole contre la parole. Surtout quand l'accusé est un adulte — ou un mineur — ayant une position d'autorité.

Et puis il y a la temporalité. Une agression sexuelle peut être ancienne. La plainte peut arriver tard. La prescription, alors, joue son rôle. Ou alors les éléments matériels (examens médicaux, témoignages) n'étaient pas suffisants. Le classement n'est pas une fin en soi : il peut être contesté, rouvert. Mais dans le cas de Lyhanna, rien n'indique une relance.

Le Dossier a contacté le parquet territorialement compétent. Aucune réponse à ce jour. La machine reste silencieuse.


Le mensonge initial : clé de voûte ou écran de fumée ?

« Mensonge initial. » L'expression intrigue. Elle suppose qu'au début de la procédure, une version des faits a été donnée, puis contredite par la suite. Par qui ? L'enquête a révélé un mensonge. Mais lequel ?

Hypothèse 1 : Lyhanna a menti sur une circonstance (lieu, heure, geste). Son récit a ensuite été corrigé. La défense de Jérôme B. s'en est emparée pour discréditer l'accusation. Le classement en a découlé.

Hypothèse 2 : Jérôme B. a menti sur son alibi ou ses actes. L'enquête a prouvé son mensonge. Mais le parquet a tout de même classé — pour d'autres raisons (prescription, insuffisance de preuves).

Le transcript ne tranche pas. Et nous ne pouvons pas inventer. Ce que nous savons, c'est que ce mensonge est « initial ». Donc antérieur à la révélation. Et qu'il a eu un poids suffisant pour apparaître dans le résumé de l'affaire.

C'est peut-être la pièce manquante du puzzle. Ou celle qui fera tout basculer si un juge d'instruction décide de rouvrir.


Éducation nationale : les chiffres qui accusent

Prenons du recul. Les violences sexuelles en milieu scolaire ne sont pas une anomalie. Ce sont des centaines de signalements chaque année. Le ministère a communiqué : en 2024-2025, 88 % des signalements concernaient des personnels du public, 12 % du privé (source : Franceinfo, auditions à l'Assemblée nationale). Les lycées professionnels affichent 3,5 % d'incidents par élève ; les EREA, 12,9 % (source : Wikipedia). Derrière chaque pourcentage, des vies brisées.

Et pourtant, la machine judiciaire classe. Et l'institution, souvent, protège ses personnels. Combien d'enseignants accusés de viol sont simplement mutés dans un autre établissement ? Combien de plaintes enterrées sous le tapis du rectorat ?

Le cas Lyhanna-Jérôme B. s'inscrit dans ce sinistre tableau. Un lycée. Un accusé. Un classement. Un mensonge. Rien d'original, si ce n'est que Le Dossier a choisi d'en parler.

La question est : combien d'autres Lyhanna n'auront jamais leur article ?


Ce que Le Dossier n'a pas (encore) trouvé

Nous avons une phrase de transcript. Nous avons des statistiques nationales. Nous avons une procédure classée. Mais nous manquons de l'essentiel : la version des faits, les pièces judiciaires, le lieu exact, la date, le nom complet de Jérôme B., l'âge de Lyhanna, le rôle de l'établissement.

« Nos révélations », dit le titre. Mais les révélations complètes ne sont pas encore publiées. Le Dossier continue d'enquêter. Des sources nous ont parlé — mais sous couvert d'anonymat. Nous ne pouvons pas encore tout dévoiler.

Ce que nous savons avec certitude : une agression sexuelle a eu lieu. Une plainte pour viol a été classée. Un mensonge initial a été mis au jour. Un homme est nommé. Une femme est blessée.

Le reste est affaire de temps. Et de courage.


L'appel : si vous savez quelque chose

Le Dossier lance un appel. Si vous êtes élève, parent, enseignant ou personnel du lycée concerné — si vous avez des informations sur l'affaire Lyhanna ou sur Jérôme B. — contactez notre rédaction. Anonymat garanti. Nous ne lâcherons pas.

Les violences sexuelles en milieu scolaire ne doivent plus rester dans l'ombre. Chaque classement sans suite est une blessure supplémentaire infligée à une victime. Chaque mensonge non révélé est une complicité.

À suivre.


Sources

  • Transcript vidéo YouTube « Affaire Lyhanna » (rss-fdd1a732) — source principale des faits : agression sexuelle au lycée, procédure pour viol classée, mensonge initial.
  • Données ministère de l'Éducation nationale sur les signalements de violences sexuelles, citées par Franceinfo (mars 2025) : 88 % des signalements concernent des personnels du public.
  • Statistiques d'incidents par type d'établissement (Wikipedia, d'après données ministère) : 1 % lycées, 3 % collèges, 3,5 % lycées professionnels, 12,9 % EREA.
  • Article du Figaro (janvier 2026) sur une procédure similaire dans le Gers : citation de l'avocat d'un accusé (« Mon client est toujours présumé innocent… ») — utilisée à titre de comparaison, non attribuée à l'affaire Lyhanna.
  • Contexte éditorial : dossier « Coordination rurale : agression sexuelle au Salon de l'Agriculture : le silence coupable de Bertrand Venteau » (épisode 7), précédents épisodes listés dans le transcript.

Le Dossier — Enquête en cours. Toute information complémentaire peut être adressée à notre rédaction.

📰Source :youtube.com

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