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Simone et Samantha Lomoro : elles ont tué Raphaël, brûlé son corps et dépensé son argent

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-05-06
Illustration: Simone et Samantha Lomoro : elles ont tué Raphaël, brûlé son corps et dépensé son argent
© YouTube

15 décembre 2006 — le jour où Raphaël a disparu

Raphaël Lomoro a 46 ans ce jour-là. Son avion en provenance de Madagascar atterrit à Roissy à 7h20. Sa femme Simone et sa fille Samantha, 17 ans, l'attendent. Il ne reverra jamais Folkling.

Sa sœur Mariette attend un appel. Rien. Un jour. Une semaine. Un mois. « Mon fils, c’est pareil. Écoute, pas de nouvelles, c’est pas possible. » Elle appelle Simone. Sa belle-sœur lui raconte que Raphaël s’est disputé dans la voiture, a claqué la portière et est reparti à Madagascar. Mariette n’y croit pas une seconde.

Raphaël n’est pas du genre à disparaître sans prévenir. Il appelle ses proches toutes les semaines. Il revient deux fois par an, les bras chargés de cadeaux. Sur les vidéos de famille, il rit, il chahute, il embrasse ses enfants. Un homme heureux.

— Oui, mais Raphaël menait une double vie. À Madagascar, il a une compagne malgache de 30 ans et deux enfants — un né en 2004, un autre en 2006. Simone l’a découvert six mois avant sa disparition. Elle encaisse le choc. Elle ne dit rien à la famille. Mais elle prend un amant dès juin 2006.

La suite ? Édifiant.


Des mensonges en héritage

Le 12 juin 2007, Mariette porte plainte à la gendarmerie de Forbach. Les gendarmes ne la prennent pas au sérieux. « C’est un adulte, il est libre. » Elle insiste. Elle placarde des affiches. Elle change de brigade. À Bérennes-les-Forbach, un gendarme connaît Madagascar. Il comprend que la vanille vaut de l’or. Il lance une enquête.

Les enquêteurs épluchent les comptes bancaires. Bingo. Avant décembre 2006, la vie à Folkling était normale. Après, c’est l’explosion. Mère et fille vident les comptes. Des chèques de 590 euros, 468 euros. Des retraits à répétition : deux fois 100 euros, quatre fois 200 euros — la carte personnelle de Raphaël, celle qu’il utilisait à Madagascar, utilisée dans des distributeurs de la région de Forbach après sa mort. Le portable de Simone est géolocalisé à proximité.

Simone se débarrasse de la voiture de Raphaël — gratuitement. Elle imite sa signature pour toucher sa retraite, quinze jours après sa disparition. Sa fille Samantha se prend pour Paris Hilton : vêtements de marque, bijoux en or, coiffeurs les plus chers, petits amis qui défilent. « Tellement qu’elle dépensait sans compter, qu’elle allait dans des grandes boutiques. »

Regardons les faits. Une femme qui croit son mari vivant ne vide pas ses comptes. Elle ne donne pas sa voiture. Elle ne falsifie pas sa signature. Simone Lomoro savait que Raphaël ne reviendrait jamais. Voilà.


Les aveux qui n’en finissent pas

Le 13 novembre 2007, les gendarmes interpellent Simone et Samantha. Ils les placent en garde à vue. Simone craque. Elle avoue. Elle raconte tout.

Le meurtre a eu lieu sur une aire d’autoroute. Simone conduisait. Raphaël était à l’arrière. Il s’est endormi. Elle s’est arrêtée, a sorti le revolver 357 Magnum du coffre, et lui a tiré une balle dans la tempe gauche. « J’ai vu un filet de sang », dit-elle.

Ensuite, elle rentre à Folkling. Dans le jardin, elle brûle le corps. Des palettes, de l’essence. Un bûcher improvisé. Elle retourne les cendres le lendemain, les disperse.

Samantha était dans la voiture. Elle a tout vu. Elle n’a rien fait. Elle n’a rien dit.

Les enquêteurs vérifient. Le 357 Magnum a disparu du coffre de Raphaël. Simone dit l’avoir détruit. Les experts en balistique sont formels : impossible de réduire un corps en cendres avec si peu de bois. Les restes osseux retrouvés sur le lieu de crémation sont insignifiants.

Où est le corps ? Où est l’arme ? Où est la vérité ?


Balistique impossible

Le 26 novembre 2008, le juge d’instruction organise une reconstitution. Simone doit rejouer la scène. Il lui met une arme dans la main. Elle la regarde, ébahie. Elle ne sait pas la charger. Elle ne sait pas la tenir.

Première version : Raphaël est allongé sur la banquette arrière, tête côté conducteur. Simone se retourne entre les sièges et tire. L’expert balistique s’y oppose : impossible d’atteindre la tempe gauche dans cette position. La tête est à 30 cm à l’extérieur.

Deuxième version : Simone se retourne du côté gauche, tire entre le siège et la portière. L’expert refait les calculs. Aucun impact de balle retrouvé dans l’habitacle. Un 357 Magnum, ça traverse un crâne. Ça explose. Ça laisse des traces. Pas juste « un filet de sang ».

Mariette et Bruno, le frère aîné, refont la scène sur l’aire d’autoroute. Mariette s’installe au volant. Elle tente de prendre le pistolet entre les sièges. « C’est pas possible. » Bruno s’allonge à l’arrière. « Le seul truc que je prends, c’est le front. » Leur conclusion ? Le tireur n’était pas Simone.

Alors qui ? Samantha était passagère avant. Elle pouvait tirer de son côté. Bruno le dit tout net : « Si elle l’avait tiré comme ça, elle ne va pas traverser la boîte radienne, le siège. » Simone endosse-t-elle le crime pour protéger sa fille ? Les questions restent sans réponse. Pour l’instant.


Un procès, des silences

Pour expliquer son geste, Simone avance deux mobiles. D’abord, les violences conjugales. Elle dit que Raphaël était caractériel, violent, qu’il la tirait par les cheveux. Yolande, sa première compagne, confirme : « Il m’avait tapé, j’ai saigné. » Ensuite, l’inceste. Simone accuse Raphaël d’avoir agressé leur fille aînée, Valérie. Valérie confirme un attouchement. La famille s’effondre. « Elle l’a tué une première fois, mais là elle l’a tué une deuxième fois », lâche Mariette.

Puis Valérie change de version. Elle dit que son père était rustre, mais pas incestueux. Pas violent. Le mobile s’écroule. Simone reste seule avec ses contradictions.

En mai 2010, la Cour d’assises de la Moselle condamne Simone à 17 ans de réclusion criminelle. Samantha écope de 18 mois avec sursis. La peine est confirmée en appel à Nancy en 2011. L’affaire est jugée. Mais pas résolue.

Huit ans plus tard, Mariette se rend toujours devant la maison vide de Folkling. Elle dépose des fleurs. Elle se recueille. « Je viens de temps en temps, comme si j’allais au cimetière. » Mais il n’y a pas de cimetière. Pas de corps. Pas de tombe. « Tant qu’il n’y a pas de corps, il n’y a pas de deuil. »

Les questions, elles, restent. Qui a vraiment appuyé sur la gâchette ? Pourquoi un 357 Magnum n’a-t-il laissé qu’un filet de sang ? Où sont les restes de Raphaël Lomoro ? La justice a condamné. La famille, elle, attend toujours.

Voilà.


Sources

  • Vidéos de famille
  • Photos
  • Relevés bancaires
  • Témoignages de proches
  • Reconstitution judiciaire
  • Compte-rendu d’expert en crémation
  • Expert en balistique
  • Rapport de gendarmerie (traces de sang au luminol)
  • Déclarations de Simone et Samantha Lomoro
  • Témoignages de la famille (Mariette, Bruno, Yolande)

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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