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Liana et Mélenchon : deux crises qui ébranlent la France

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-06
Illustration: Liana et Mélenchon : deux crises qui ébranlent la France
© YouTube

« Dysfonctionnement inacceptable » : l’affaire Liana met le gouvernement en état d’alerte

Liana avait 11 ans.
Disparue à Florence, dans le Gers.
Six jours plus tard, un corps est retrouvé sur la commune de Puis Casquier, à une quinzaine de kilomètres. Les vêtements correspondent à ceux du jour de sa disparition. Autopsie en cours pour confirmer l’identité.
Choc immédiat au sommet de l’État.

Gérald Darmanin, ministre de la Justice, prend la parole en direct. « C’est tout à fait inacceptable », lâche-t-il. Il promet de prendre « mes responsabilités » et de rendre public le rapport d’enquête administrative. « Nous sommes tous terrifiés par ce dysfonctionnement. » Une source gouvernementale citée par le média confie que l’affaire est devenue « un sujet politique national ». « Il va falloir réagir vite et fort. »

Pourquoi cette colère ?

Le suspect — présumé innocent — avait déjà fait l’objet de plaintes pour viol sur mineur. La dernière remonte à août 2025. Classée sans suite. Aucune mesure n’a été prise avant la disparition de Liana.
Selon une source à la gendarmerie contactée par le journaliste, le dossier de plainte « a navigué entre Toulouse et Auch » avant d’être « oublié ».

La mère de Liana témoigne sur France Télévisions. Elle raconte avoir appelé la gendarmerie chaque lundi pendant des mois. Un jour, on l’aurait menacée d’une main courante pour harcèlement. « Pendant 9 mois, Jérôme Barella n’a jamais été entendu », dit-elle.

Les failles ne datent pas d’hier.

En avril 2025, le député du Gers David Taupiac (groupe Liot) avait adressé une question écrite au gouvernement sur le manque de moyens du tribunal judiciaire d’Auch. « Le tribunal souffre d’un sous-effectif », écrivait-il. « Ces carences entraînent une surcharge de travail pour les magistrats en poste, allongeant les délais de traitement des dossiers. » Il alertait déjà sur l’absence prolongée d’un magistrat spécialisé pour le suivi des mineurs en danger.

Aujourd’hui, les faits lui donnent raison.

Le gouvernement réagit en ordre dispersé. Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit ses ministres de l’Intérieur et de la Justice. Emmanuel Macron reconnaît des « failles ». « Il est clair qu’il y a un dysfonctionnement », déclare-t-il. Darmanin annonce une réunion de tous les procureurs généraux le lundi suivant, à 8h30, à la chancellerie.

De son côté, la direction de la gendarmerie nationale envoie un télex à toutes ses unités, selon Le Parisien. Ordre : remonter immédiatement toute procédure en cours pour viol ou agression sexuelle sur mineur, et indiquer les difficultés rencontrées.

Ludovic Fria, président de l’Union syndicale des magistrats (USM), interrogé par le journaliste, tempère. « Il est beaucoup trop tôt pour parler de sanctions, dit-il. La difficulté, c’est pas tant le système en lui-même, c’est les moyens que l’on donne à ce système pour fonctionner correctement. » Il rappelle qu’entre 10 000 et 12 000 plaintes sont déposées chaque jour dans les brigades et commissariats. Parmi elles, 700 concernent des violences sexuelles ou intrafamiliales. « Les magistrats doivent faire un tri impossible entre l’urgent, le plus urgent et le très très urgent. »

Ce constat ? Corroboré par les données de la Commission européenne pour l’efficacité de la justice (CPEj). La France compte 11 magistrats pour 1000 habitants — un ratio inférieur à la moyenne européenne.

400 millions gelés : le gouvernement a-t-il les moyens de sa colère ?

L’indignation de l’exécutif a un goût amer. Le même jour où Darmanin promet des sanctions, un rapport parlementaire révèle que 400 millions d’euros alloués à la justice n’ont pas été dépensés. Bloqués. Gelés. Et pourtant, les tribunaux crient famine — manque de greffiers, audiences reportées, dossiers qui s’empilent. (Oui, vous avez bien lu : l’argent était disponible, personne ne l’a utilisé.)

Le rapport, remis par les députés, pointe une sous-consommation chronique. « Ce ne sont pas les besoins qui manquent, c’est la capacité à consommer les crédits », résume l’un des auteurs. Le garde des Sceaux promet un « plan d’urgence » — sans dire d’où viendront les fonds.

Voilà. On pleure des victimes, mais on oublie de payer ceux qui doivent les protéger.

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

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