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Affaire Anne Barbeau : 30 ans pour le mari, 25 ans pour la maîtresse — la trahison absolue

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-03
Illustration: Affaire Anne Barbeau : 30 ans pour le mari, 25 ans pour la maîtresse — la trahison absolue
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Trente ans. Didier Barbeau ne reverra pas la liberté avant 2046. Vingt-cinq pour Stéphanie Livet, sa maîtresse et complice. Le 25 janvier 2016, la cour d'assises de Maine-et-Loire a tranché. Les amants diaboliques de Candé sont condamnés pour assassinat. Mais l'histoire commence ailleurs — le 16 mars 2013, quand Anne Barbeau, caissière au Super U, disparaît sans laisser de trace. Son mari a pleuré devant les caméras pendant huit mois. Il a participé aux battues, organisé des rassemblements, réclamé justice. Et il a menti, chaque jour.

Trente ans, vingt-cinq ans — la fin du mensonge

Le jury n'a pas hésité. Cinq heures de délibéré pour confirmer ce que l'enquête avait établi dès le début. Didier Barbeau écope de 30 ans de réclusion. Stéphanie Livet, 25 ans. Des peines lourdes — l'avocat général les avait requises : cinq ans de plus pour le mari, parce qu'il devait protéger son épouse. Il l'a tuée.

Les accusés n'ont pas fait appel. Pas un mot. Pas un regret. La ferme de La Fenêtre, où le crime a été commis, appartient toujours aux familles. Les bêtes ont été abattues, les terres exploitées par un voisin. « On essaie de faire abstraction, raconte un proche. Mais à tout moment, quand on parle de la commune, ça revient. C'est l'histoire Barbeau. » Le dossier judiciaire est clos. Pas la blessure.

Anne Barbeau avait 42 ans. Elle travaillait au Super U de Candé depuis 2003 — caissière, puis responsable administrative. Elle comptait les caisses le matin, gérait les stocks le soir. Une employée modèle, discrète, souriante. « C'était quelqu'un d'effacé, décrit une collègue. Mais toujours prête à rendre service. Jamais un mot plus haut que l'autre. » Son mari, Didier, était agriculteur. Un couple sans enfant, mais soudé, disaient les proches. « Ils s'aimaient, affirme un voisin. Ça se voyait. »

Sauf que Didier Barbeau aimait ailleurs. Depuis au moins un an, il entretenait une liaison avec Stéphanie Livet, 28 ans, mère d'un petit garçon prénommé Noah. Amour secret, amour interdit. Un enfant à naître ? Le transcript mentionne une « paternité qui n'attendait plus de son couple ». Les détails restent flous, mais le mobile est clair : Didier voulait éviter le divorce — et la perte de la ferme.

Huit mois de manipulation : les larmes de crocodile

Le 16 mars 2013, Didier Barbeau signale la disparition de sa femme à la gendarmerie de Saint-Marc-la-Lande. « Il est affolé, raconte l'enquêteur. Il ne sait pas quoi faire. Il est perdu. » Affolé, oui. Mais pas inquiet. Pas vraiment.

Dans les heures qui suivent, les amis se mobilisent. Damien Legault — le meilleur ami, agriculteur comme Didier — organise les recherches. « On a débarqué chez lui dans l'urgence, témoigne-t-il. On s'est dispatché sur différents secteurs. Je dirais 30 ou 40 km à la ronde, il y avait des affiches partout. » Le lendemain, une battue citoyenne rassemble des dizaines de villageois sur la place de l'église. « On se connaît tous, explique une participante. Quand des choses comme ça arrivent, il y a toujours du monde pour donner un coup de main. »

Mais la gendarmerie ne bouge pas. Damien s'impatiente. Le lundi matin, il organise un rassemblement devant la gendarmerie. Les journalistes sont là. « C'était une façon de mettre la pression, avoue-t-il. Attendez, vous ne faites pas votre boulot. Je suis obligé de le faire à votre place. » Didier Barbeau, lui, est au centre de l'attention. Il pleure. Il remercie. Il supplie les gendarmes de trouver l'assassin. « Tu sais, Damien, confie-t-il à son ami, il faut que les gendarmes le retrouvent avant moi. Parce que si c'est moi qui le retrouve, il s'en sortira pas vivant. » Les larmes coulent. Les caméras filment. Le village est ému.

Mais les gendarmes ne sont pas dupes. « Il y a quelque chose qui cloche », pensent-ils. Le téléphone de Didier Barbeau a été saisi. Les fadettes révèlent une vérité explosive : 6 700 appels avec Stéphanie Livet sur un an. Contre 420 avec Anne. Le soir du 15 mars, 26 SMS échangés entre les deux amants. Vingt-six. Pendant que Didier dînait avec sa femme, il écrivait à sa maîtresse. « Je t'aime. Je pense à toi. On se voit demain. » Et le lendemain, Anne a disparu.

Une voiture calcinée, une alliance gravée — la découverte du corps

Le 17 mars, une battue citoyenne découvre la Peugeot 306 verte d'Anne. Incendiée, en pleine forêt. Dans le coffre, un corps carbonisé. « On distingue un crâne, un dos, raconte un technicien en identification criminelle. Il y a une agrafe de soutien-gorge. On suppose un individu de sexe féminin. » L'autopsie confirme : la victime était déjà morte avant l'incendie — ses poumons ne contiennent pas de suie. « On peut quasiment affirmer avec certitude que la personne était décédée au moment où on a mis le feu à la voiture », explique le médecin légiste.

Les causes de la mort restent muettes. Pas de trace de couteau, pas de blessure évidente. Le corps est trop brûlé. Mais un détail attire l'attention : la position du siège conducteur. Trop reculée pour Anne, qui mesurait 1,70 m. Elle correspond à un conducteur de 1,75-1,80 m. Un homme. Et puis, les enquêteurs retrouvent une alliance dans les cendres. « Didi et Anne », gravé à l'intérieur. Un anneau d'or, une preuve d'amour — mais pas une preuve d'identité.

Pour identifier le corps, les techniciens utilisent l'odontologie légale : les empreintes dentaires d'Anne sont comparées à celles du cadavre. Ensuite, l'Institut génétique Nantes Atlantique extrait un minuscule morceau de muscle carbonisé. L'ADN mitochondrial correspond à celui de la mère d'Anne. « C'est le même ADN mitochondrial, celui que la mère donne à ses enfants », précise un expert. Le corps est bien celui d'Anne Barbeau. Le procureur d'Angers ouvre une enquête criminelle. Une cellule spéciale, « Meurtre 49 », s'installe à la gendarmerie de Candé. Douze hommes. Une seule mission : retrouver l'assassin.

Une voyante, un voisin, un mari trop parfait — les suspects

L'enquête piétine. Les semaines passent, les pistes s'évanouissent. Un témoignage émerge : une voyante raconte qu'Anne lui avait confié avoir peur de Rodolphe, un jeune voisin. « Elle l'a vu rôder autour de sa maison », affirme la voyante. Autre piste : Frédéric, un voisin simple d'esprit, qui raconte avoir des brûlures sur le corps. « On décide de travailler sur Frédéric, explique un enquêteur. Il a des brûlures. Anne a été brûlée. On ne peut pas exclure l'hypothèse. »

Le 2 juillet 2013, la gendarmerie débarque en force. « Une dizaine de voitures, gyrophares allumés, raconte un témoin. Ça faisait bizarre. » Frédéric est examiné par un médecin. Verdict : aucune brûlure. Les prétendues blessures étaient des piqûres d'insectes. Frédéric s'était inventé un rôle héroïque. Rodolphe, lui, est innocenté : il était en action de chasse. Rien de criminel.

À la fin de l'été, les gendarmes n'ont rien. Le tueur court toujours. Didier Barbeau désespère devant les journalistes. « Il dit qu'il travaille dur pour ne pas avoir à y penser, raconte un journaliste. Mais que le soir, quand il se couche, elle n'est pas à ses côtés. C'est difficile. » Le 25 mai 2013, Didier tente de se suicider. Damien Legault le retrouve dans sa voiture, caché sous les arbres — un tuyau branché sur le pot d'échappement, des médicaments. « Je le vois bien à la voix, raconte Damien. Il y a quelque chose qui ne va pas. » Il prévient les gendarmes. Didier est sauvé in extremis.

Un veuf désespéré. Une tentative de suicide. Tout le monde plaint Didier Barbeau. Mais les fadettes téléphoniques disent autre chose. Elles disent que le soir du crime, Stéphanie Livet se trouvait près du lieu où la voiture a été retrouvée. À minuit et demi. Et que son téléphone a été détecté en forêt. Les gendarmes commencent à douter.

Le 26 novembre 2013, le masque tombe

Ce jour-là, Didier Barbeau et Stéphanie Livet sont placés en garde à vue. Huit mois après le meurtre. Huit mois de mensonges. D'abord, Didier nie. Puis il avoue. « Oui, j'ai tué Anne. Avec Stéphanie. On l'a frappée avec une bûche, dans le garage. Ensuite, on l'a étranglée avec une ficelle de lieuse. » Il explique avoir glissé un carton sous la tête d'Anne pour éviter le sang. Puis avoir inondé le garage pour effacer les traces.

Stéphanie Livet avoue aussi. Elle confirme les faits. Elle dit qu'elle était là — avec son fils Noah, 18 mois, qui dormait dans la voiture. Le lendemain, Didier change de version. Devant le juge d'instruction, il accuse Stéphanie. « C'est elle qui a tout orchestré. C'est elle qui a frappé. C'est elle qui a étranglé. » Stéphanie, en larmes, nie en bloc.

Les aveux sont contradictoires. Les preuves, elles, sont solides. Le bol alimentaire d'Anne contient des légumes verts, de la viande et des féculents — c'est le dîner du vendredi soir, pas le petit-déjeuner du samedi matin. Elle a été tuée après le repas, pas avant la journée de travail. La surchaussette retrouvée dans un fossé, le carnet de chèques avec cinq chèques manquants, la ficelle de lieuse, la bûche. Tout concorde. Le meurtre a été prémédité, organisé, exécuté.

Les SMS échangés entre les deux amants le soir du crime sont accablants. « Je t'aime. Je pense à toi. On se voit demain. » Rien sur le meurtre, bien sûr. Mais l'enchaînement est clair. Didier Barbeau a manipulé tout le monde : sa femme, sa maîtresse, ses amis, les médias, les gendarmes. Huit mois de comédie. Huit mois de larmes. Huit mois à faire croire qu'il était une victime. Et pourtant.

« Fourbe, traître, manipulateur » — le procès

Le 14 janvier 2016, le procès s'ouvre à Nantes. Deux accusés. Deux versions. Aucun regret. Les témoins défilent. La sœur d'Anne raconte : « Elle était heureuse. Elle m'a dit une fois : 'Didier, c'est l'homme de ma vie'. Elle ne savait pas. » Les amis de Didier décrivent un homme « fourbe », « traître », « manipulateur ». Personne ne vient témoigner en sa faveur. Même sa voisine de box lui dit qu'elle l'aime — il ne la regarde pas.

L'expert psychologue dresse un portrait terrible : « Personnalité de type pervers. Fascination pour la manipulation et le mensonge. Besoin de posséder l'autre. » Il explique que Didier Barbeau a été fasciné par la médiatisation de l'affaire. « La reconnaissance, les marches, il m'en a parlé. Il y avait une forme de reconnaissance narcissique extrêmement importante. » Quant à Stéphanie Livet, l'expert la décrit comme « une femme en souffrance, avec une demande d'amour extrêmement importante ». Elle a trouvé auprès de Didier Barbeau la reconnaissance qu'elle n'avait jamais eue. « Elle était l'élue. Et elle n'avait jamais été l'élue. »

Le procès révèle un détail glaçant : Didier Barbeau a écrit des lettres en prison, quelques jours avant l'audience, accusant le frère et le père de Stéphanie Livet d'être impliqués dans le meurtre. Jusqu'au bout

📰Source :youtube.com

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