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Adolescents tueurs : les trois affaires qui ont secoué la France (Cuers, Corse, Pyrénées)

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-06-27
Illustration: Adolescents tueurs : les trois affaires qui ont secoué la France (Cuers, Corse, Pyrénées)
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Cuers, 24 septembre 1995 : 16 morts en une demi-heure

Un appel paniqué, le 23 septembre 1995. Jean-Luc Bichet affirme que toute sa famille a été décimée. À leur arrivée, les gendarmes ne peuvent pas accéder à l'intérieur de la maison. Une clé est cassée dans la serrure de la porte principale. Toutes les autres issues sont verrouillées. Guidé par Jean-Luc, ils se glissent par un soupirail donnant dans la cave. En montant les escaliers, ils voient des draps tachés de sang. Dans le garage, une armoire a été glissée contre un volet à double battant pour bloquer l'ouverture. Dans un placard du hall d'entrée, ils découvrent un corps dissimulé. "On voit deux pieds, deux plantes de pieds sortir", raconte un enquêteur. Ils retirent chaque vêtement un à un, très méticuleusement. Le corps est celui de Marie Parenti, la belle-mère de Jean-Luc. Abattue d'une balle entre les deux yeux.

Derrière la porte de la cuisine gît un deuxième cadavre. Celui d'Yves Bichet, 48 ans, le père de Jean-Luc. Il est tombé face contre terre. Un petit marteau se trouve à côté du corps. L'homme présente des impacts sur le crâne avec un objet contondant. La pièce est propre. "On voit des restes de traces de sang. Donc on voit qu'une éponge a été passée et nettoyée", explique un gendarme. Près du divan, un troisième corps recouvert d'un drap. Une main s'en échappe. C'est celle de Jean-Yves Bichet, 11 ans, le demi-frère de Jean-Luc. L'enfant regardait la télévision à genoux. On l'a abattu sur le dessus du crâne. Puis transporté pour être allongé le long du canapé.

Jean-Luc Bichet, le seul témoin, a un comportement étrange. Ses déclarations sont incohérentes. "Il va par exemple faire observer que on a taché les murs et l'interrupteur de sang alors qu'en réalité il avait participé à des travaux de peinture", raconte un enquêteur. Pour les gendarmes, Jean-Luc est suspect. Placé en garde à vue. Interrogé, il indique qu'une personne manque à l'appel : Éric Borel, 16 ans, le fils de Marie Parenti. Un message est diffusé à toutes les gendarmeries pour retrouver ce témoin important.

À 7 km de là, les gendarmes de Cuers reçoivent un appel d'urgence. Alan Guillette, 17 ans, vient de se faire tirer dessus. Blessé au visage et à la main. Alors qu'ils tentent de l'interroger, une nouvelle alerte : une vieille dame qui sortait ses poubelles a été tuée à 200 mètres de là. Les victimes se multiplient. Un tireur fou tue dans le centre-ville. "C'est une scène de guerre", témoigne un gendarme. "Il y avait une dame abattue sur le boulodrome. Il y avait une autre dame dans un champ de vigne. Il y avait près de la Caisse d'épargne deux corps." La place du village se transforme en charnier. Le tueur semble faire feu avec une étonnante précision. "Je pense que le tireur connaissait son arme et savait tirer", analyse un enquêteur.

20 minutes après les premiers tirs, l'homme à la carabine est repéré près du collège. Les gendarmes l'encerclent. "On le braque, on le met en joue, un fusil à la main et on dit stop, on s'arrête, on bouge plus." Immobile, son arme à la main, l'épopée du meurtrier prend fin. L'adolescent se suicide en se tirant une balle dans la tête. Le bilan : 19 morts — sa famille, 16 victimes à Cuers, et lui-même.

Le profil d'Éric Borel : un adolescent fasciné par la guerre

Dans sa chambre, des cartes murales de l'opération Barbarossa, un exemplaire de Mein Kampf et un casque militaire. Éric Borel s'était identifié à un soldat allemand. L'adolescent était fasciné par son père, un militaire qui habitait du côté de Limoges. "Éric attendait toujours que son père se manifeste. C'était son idole", raconte un témoin. Le jour de son anniversaire, il restait assis à côté du téléphone sans manger, attendant un appel qui n'est jamais venu.

Corse, 2009 : le quadruple meurtre familial d'Andy

Un adolescent a tué ses parents et ses deux frères jumeaux avec un fusil à pompe appartenant à son père. Il a pris des précautions (gants, fermeture des fenêtres) et simulé une intrusion par textos et appel au 17. Des gants en latex, des fenêtres fermées, un appel au 17 simulé, et le fusil retrouvé dans le maquis, ainsi que deux sacs de sport contenant des affaires, et 2600 euros et des montres de luxe volés. Aucun mobile rationnel n'a été établi ; Andy n'explique pas son geste. Il était décrit comme un bon élève, sans antécédents violents ni conflits familiaux. Les experts psychiatres ont divergé : certains évoquent une tumeur cérébrale et une crise d'épilepsie, d'autres un trouble de la personnalité sans abolition du discernement. La cour d'assises l'a déclaré pénalement irresponsable et ordonné son internement psychiatrique. Le parquet a fait appel de cette décision.

Pyrénées, mars 2012 : le meurtre de Kevin Sélier

Kevin Sélier a été tué le 24 mars 2012 dans les Pyrénées. Cindy a avoué avoir frappé Kevin avec une pierre et poignardé après une altercation. Selon Cindy, elle aurait été violée par Kevin quelques jours avant. Cependant, les amis de Cindy contredisent cette version. Laura affirme que le meurtre était prémédité avec Johann, et que Johann aurait exprimé des envies meurtrières. Le mobile d'un vol de 400 euros est évoqué mais jugé léger. L'affaire est en attente de procès, avec Cindy en détention provisoire.

📰Source :youtube.com

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