Vrunkette, la nounou qui convoyait des tueurs à gages

Elle gardait des enfants la semaine. Elle transportait des tueurs le week-end. Alicia P., alias Vrunkette, cumule les vies. Son parcours dévoile les rouages d’un narcotrafic qui recrute ses « jobbeuses » sur Instagram.
Béziers, nuit du 8 octobre 2024 : le contrat
1 000 euros cash. C’est le prix de la course. Alicia P. démarre sa voiture cette nuit-là. Direction Béziers — ville en guerre pour ses points de deal.
Dans le coffre : deux hommes armés. Leur mission ? Exécuter deux rivaux. Leur commanditaire veut reprendre le territoire. L’attaque échoue. Mais la mécanique criminelle, elle, fonctionne parfaitement.
"Les colis étaient bien emballés", reconnaîtra Alicia en garde à vue. Un euphémisme. Ses « colis » pesaient 80 kilos chacun. Et tiraient à balles réelles.
Portrait choc d’une « jobbeuse » ordinaire
23 ans. Esthéticienne. Cavalière. Nounou chez Babychou. Le profil d’Alicia P. glace le sang. Rien ne distingue cette Vauclusienne d’une jeune femme lambda. Sauf son autre vie.
Sur Snapchat et Instagram, elle s’appelle Vrunkette — clin d’œil à une marque de vêtements. Les réseaux sociaux servent aussi de bureau de recrutement. "Les petites mains du narcotrafic cherchent discrètement", explique une source policière. "Elles postent des stories avec des billets de 500 euros. Ça attire les candidats."
Alicia n’est pas un cas isolé. Charlène, 21 ans, et Noura complètent le trio. Toutes trois mises en examen pour complicité de meurtre en bande organisée. Leur point commun ? Le besoin d’argent rapide.
Le modèle économique des « jobbeuses »
1 000 euros par mission. 3 à 4 courses par mois. Un complément de revenu qui tourne au business. Alicia et ses complices incarnent une nouvelle main-d’œuvre criminelle : flexible, interchangeable, corvéable.
Leur tâche ? Convoyer. Repérer. Louer des voitures. Des missions courtes, bien payées. "Elles ne posent pas de questions", analyse un procureur. "Elles ne connaissent pas les commanditaires."
La stratégie est limpide : moins les intermédiaires en savent, moins ils peuvent parler. Pourtant, Alicia a parlé. Les relevés téléphoniques aussi. Et les vidéos de surveillance.
Les preuves accablantes
Octobre 2024. Les enquêteurs remontent la piste. Alicia a utilisé sa propre voiture. Son téléphone a pingé près des lieux des crimes. Les messages cryptés ? Décryptés. "On boit un verre ?" signifiait "Prête pour une course".
Les policiers trouvent mieux. Dans son appartement, des liasses de billets. 17 000 euros en petites coupures. "C’est mes économies", bredouille-t-elle. Les factures de cavalerie disent le contraire : 450 euros par mois. Une employée de Babychou ne gagne pas ça.
Le réseau derrière Vrunkette
L’enquête continue. Mais une chose est sûre : Alicia n’était qu’un maillon. Derrière elle, une dizaine de suspects. Parmi eux, son petit ami — déjà connu pour des violences armées en septembre 2025.
Les connexions s’étendent jusqu’à Reims. Là, un juge pour enfants suit un dossier parallèle. Même mode opératoire. Mêmes recrutements. L’affaire Vrunkette n’est qu’une branche. L’arbre criminel plonge ses racines bien plus loin.
Sources
- Procès-verbal d’audition d’Alicia P., 4 mai 2026
- Relevés téléphoniques de la PJ de Montpellier
- Dossier judiciaire n°2024-8456 du TGI de Béziers
- Articles du Parisien (4 mai 2026), Midilibre.fr, TF1 Info
L’enquête continue.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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