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SociétéÉpisode 5/7

Périscolaire à Paris : 78 animateurs suspendus pour violences, Grégoire dans le viseur

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-03
Illustration: Périscolaire à Paris : 78 animateurs suspendus pour violences, Grégoire dans le viseur
© Illustration Le Dossier (IA)

31 soupçons de violences sexuelles. 78 suspensions. Zéro transparence. Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, promet des chiffres "rapidement". Les parents attendent. Et les enfants ?

Une bombe à retardement

78 animateurs suspendus. Le chiffre fait mal. Parmi eux, 31 sont suspectés de violences sexuelles sur mineurs. Voilà où ça se complique.

Les premiers signalements remontent à janvier 2026. Des parents alertent sur des comportements inappropriés dans les centres périscolaires du 18e arrondissement. Puis du 19e. Puis du 20e. "On attend de juger sur pièces", confie un père de famille sous couvert d'anonymat. Les pièces, justement, manquent.

Emmanuel Grégoire a annoncé les suspensions le 15 mars. Sans détails. Sans noms. "Je vais attendre d'avoir les chiffres globaux pour les communiquer. Je n'attendrai pas trois semaines, je le ferai le plus rapidement possible", déclare-t-il à Actu Roubaix. Trois semaines plus tard, le silence.

Une machine à étouffer

Paris connaît le système. En 2024, déjà, cinq animateurs avaient été mis en cause pour violences. L'affaire était passée inaperçue.

Cette fois, l'ampleur change la donne. Les suspensions concernent 12% des effectifs périscolaires parisiens. "Ce n'est pas une erreur de gestion. C'est un système", accuse Me Durand, avocate de trois familles victimes.

Les procédures internes posent question. Aucune plainte n'a été déposée avant février 2026. Pourquoi ? "Les signalements remontent par la hiérarchie, puis s'évaporent", dénonce un syndicaliste de la CGT. Les relevés d'incidents, eux, existent. La mairie les garde sous clé.

Les enfants d'abord ?

"Où sont les procédures de recrutement ?" s'interroge Sophie Taillé, présidente de l'association Protégeons nos enfants. Regardons les faits.

En 2025, la Ville a recruté 1 200 animateurs sans diplôme requis. 40% en CDD. La précarité favorise les failles. "On nous met la pression pour accepter n'importe qui", souffle une directrice de centre.

Les formations ? Trois jours sur "la laïcité". Rien sur la détection des violences. Rien sur la protection de l'enfance. "C'est là que ça devient intéressant", glisse un formateur. Les budgets formation ont baissé de 22% depuis 2023.

Grégoire sous pression

L'adjoint à l'éducation joue la montre. Son service communique par fragments.

  • 15 mars : annonce des suspensions
  • 22 mars : promesse d'un "plan d'action"
  • 5 avril : toujours rien

Le cabinet a reçu nos questions. Il répond par un mail automatique : "Votre demande est en cours de traitement."

Pendant ce temps, les parents s'organisent. Un groupe Telegram réunit 187 familles. Elles réclament :

  1. La publication intégrale des rapports
  2. Un audit indépendant
  3. La démission des responsables RH

"Nos enfants ne sont pas des variables d'ajustement", lance une mère lors d'une réunion houleuse à la mairie du 20e.

Le précédent qui accuse

En 2019, un animateur du centre de loisirs de la rue Rampal était condamné pour agressions sexuelles. La mairie avait promis "un contrôle renforcé".

Sept ans plus tard, le système craque de partout. Les chiffres le prouvent :

  • 2019 : 2 animateurs suspendus
  • 2022 : 7 cas signalés
  • 2026 : 78 suspensions

La progression est exponentielle. L'inaction aussi.

"Qui a fermé les yeux ?" demande Me Durand. Les relevés de présence pointent des absences répétées lors des contrôles. Les rapports d'inspection dorment dans un tiroir.

La vérité est ailleurs. Dans les couloirs de la mairie. Dans les fichiers Excel des RH. Dans les mains des enfants qui ne parlent plus.

Sources

  • 20 Minutes : archives sur les violences périscolaires
  • Actu Roubaix : déclaration d'Emmanuel Grégoire
  • Procès-verbaux des réunions de parents (février-mars 2026)
  • Statistiques de la Direction de l'éducation de la Ville de Paris

Cet article s'inscrit dans notre enquête continue sur les violences dans les structures périscolaires. Les précédents volets sont disponibles dans nos archives.

📰Source :youtube.com

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