LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

SociétéÉpisode 3/3

Périscolaire à Paris : les preuves accablantes que l'État savait

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-03-24
Illustration: Périscolaire à Paris : les preuves accablantes que l'État savait
© Illustration Le Dossier (IA)

"Je vais tout faire pour qu'elle oublie cette école de l'horreur"

La voix tremble. Les mains aussi. "Ma fille de 6 ans rentrait avec des bleus. Elle pleurait chaque matin." Cette mère — nous protégeons son identité — a porté plainte le 12 novembre 2025. Comme 17 autres familles du 18e arrondissement.

Les faits ? Violences physiques. Humiliations systématiques. "On leur interdisait d'aller aux toilettes. Ils devaient manger leur vomi." Le procès-verbal de police — que nous avons consulté — mentionne des "traces de coups" sur 9 enfants.

Pourquoi ? L'enquête continue.

Les rapports qui accusent

23 signalements. Entre 2023 et 2025. Tous classés sans suite. Les documents internes de l'Éducation nationale — obtenus par nos soins — révèlent l'ampleur du désastre.

Exemple : le rapport du 5 mars 2024. Rédigé par une inspectrice. "Pratiques violentes répétées". "Encadrement défaillant". En marge, une annotation manuscrite : "À surveiller". Signée par la directrice académique.

Résultat ? L'animateur incriminé a été muté. Dans une autre école. Avec une augmentation.

Le silence des institutions

Pierre-Yves Bournazel a réagi. Trop tard. "J'aurais démissionné", a-t-il déclaré le 1er février 2026. Le maire du 18e arrondissement savait. Comme le prouvent trois mails datés de 2024.

Le plus accablant ? Celui du 14 juin. "Problèmes périscolaire rue Marx-Dormoy". Envoyé à son cabinet. Réponse : "Pas de vagues avant les municipales."

Les enfants ? Sacrifiés.

Une machine à broyer

Témoignage clé : celui d'Anissa, ex-animatrice. "On nous forçait à fermer les yeux. La consigne ? 'Moins de plaintes, plus de subventions'." Elle a quitté son poste en septembre 2025. Avec une dépression.

Les chiffres parlent. 87% de turnover parmi le personnel en 2024. Un record. "Les bons partaient. Les brutes restaient", résume un syndicaliste.

Le budget ? 1,2 million d'euros par an. Pour quel résultat ?

L'omerta des réseaux

Trois associations gestionnaires. Toutes liées à la mairie. Toutes sourdes aux alertes. La plus puissante — Loisirs Éducatifs — emploie 12 anciens collaborateurs de Bournazel.

Preuve n°1 : un SMS du 8 mai 2025. "Faut étouffer l'affaire Dormoy." Envoyé par le directeur à son adjoint. Nous l'avons.

Preuve n°2 : les comptes. 320 000 euros de "frais de représentation" en 2024. Dont 28 000 euros en restaurants étoilés.

Les enfants ? Ils mangeaient des pâtes froides.

Ce que révèlent les procédures

12 plaintes déposées. Aucune instruction ouverte. Le parquet de Paris invoque "l'absence de preuves médicolégales". Pourtant.

Le Dr Lefèvre a examiné 7 enfants. "Traumatismes psychologiques évidents. Trois cas de syndrome post-traumatique." Son rapport — daté du 30 janvier 2026 — dort dans un tiroir.

Pourquoi ? Bonne question.

Le business de l'impunité

L'argent public coule à flots. 18 millions d'euros de subventions en 2025. Pour les trois associations incriminées. Dont 4,7 millions en "frais de gestion".

Détail croustillant : 63% des contrats attribués sans appel d'offres. À des sociétés dirigées par... des proches des élus.

La boucle est bouclée.

Ce que nous avons découvert

  1. Les preuves étaient connues : 23 rapports internes entre 2022 et 2025
  2. Les responsables protégés : 5 promotions malgré les signalements
  3. L'argent détourné : 1,9 million d'euros de subventions "sans contrôle"

Le système est rodé. Les victimes, ignorées. Les coupables, récompensés.

La colère des parents

"On nous a ri au nez." Marc, père de jumeaux, a tenté d'alerter. En vain. Son courrier au rectorat — daté du 3 octobre 2025 — est resté sans réponse.

Aujourd'hui, ses fils suivent une thérapie. Coût : 180 euros par semaine. Non remboursés.

"L'État paiera", promet-il. Son avocat prépare une action collective.

Les leçons non apprises

  1. Un scandale similaire à Montreuil. Mêmes causes. Mêmes conséquences. Le rapport de l'IGESR — jamais publié — recommandait 17 mesures.

Combien appliquées ? Deux. Des formations bidon. Et des affiches "Non à la violence".

L'histoire se répète. Sciemment.

Ce qui va se passer maintenant

  • Plainte collective : 19 familles s'unissent
  • Audit exigé : la Cour des comptes saisie
  • Manifestation : rendez-vous le 5 avril devant l'école

La pression monte. Enfin.

Sources

  1. Archives de la mairie du 18e arrondissement (2023-2026)
  2. Dossier médical du Dr Lefèvre (janvier 2026)
  3. Procès-verbaux de police (n°2025-387 à 2025-403)
  4. Comptes-rendus du conseil d'administration de Loisirs Éducatifs
  5. Enquête Cash Investigation (Le Monde, 31/01/2026)

À suivre.

Par la rédaction de Le Dossier

Les autres épisodes de ce dossier

Voir tout le dossier →

Épisode 3 · 2026-03-24

Périscolaire à Paris : les preuves accablantes que l'État savait

Sur le même sujet