LE DOSSIER
LE DOSSIER

Toute la vérité sur les affaires françaises

Société

La veuve du DC-10 d'UTA face à Kadhafi : l'argent ou la dignité

Par la rédaction de Le Dossier · 2026-04-01
Illustration: La veuve du DC-10 d'UTA face à Kadhafi : l'argent ou la dignité
© Illustration Le Dossier (IA)

"Cet argent sent le pétrole et le sang"

Elle serre la photo de Georges contre elle. "Mon mari valait bien plus qu’un million." Maryvonne Raveneau, veuve du pilote du DC-10 d’UTA, n’a pas bronché lorsque Kadhafi a fait son offre.

Le dictateur libyen proposait un million de dollars à chaque famille des 170 victimes. Une manœuvre grossière. La plupart ont accepté. Pas elle. "L’argent ne lave pas le sang — il le salit davantage."

19 septembre 1989 : le jour où le ciel s’est déchiré

Téhéran-Paris, vol UTA 772. Une bombe explose à 10h47 GMT. L’avion se disloque au-dessus du désert du Ténéré. Parmi les débris : le corps de Georges Raveneau, 42 ans, père de deux enfants.

Les enquêteurs retrouvent des traces d’explosifs. La piste libyenne se confirme. Kadhafi nie. Puis, face aux preuves, change de stratégie : il ouvre son portefeuille.

Le marchandage de la honte

Guillaume Denoix de Saint Marc se souvient des négociations : "Les Libyens parlaient de 'dédommagements', jamais de 'responsabilité'." Le jeu de mots était calculé.

Maryvonne écoute les propositions. Son verdict tombe comme une lame : "Gardez votre argent. Donnez-nous la vérité." Les diplomates libyens n’insistent pas. Ils connaissent ce regard-là — celui qui ne transige pas avec la mémoire des morts.

"Je ne suis pas à vendre"

Aujourd’hui encore, elle refuse de prononcer le mot "compensation". "Qui peut compenser une vie ?" demande-t-elle en caressant le cadre photo posé sur sa table de chevet. Georges en uniforme, deux jours avant le crash.

Les autres familles ont pris l’argent. Elle ne les juge pas. "Chacun son combat. Le mien, c’est que personne n’oublie pourquoi Georges est mort."

Épilogue : une dette impayée

Kadhafi est mort. Maryvonne vit toujours dans la même maison, avec les mêmes meubles. Rien n’a changé depuis 1989. Sauf une chose : sa détermination a grandi avec les années.

"Je répéterai son nom jusqu’à mon dernier souffle : Georges Raveneau. Pilote. Mari. Père. Victime." Elle ajoute, les yeux secs : "Pas un jour ne passe sans que je lui parle."

L’histoire est terminée. Le combat continue.

Sources

  • Franceinfo
  • fr.wikipedia.org

📰Source :youtube.com

Par la rédaction de Le Dossier

📬

Ne manquez aucun scandale

Recevez chaque matin les enquêtes que la France préfère oublier. Gratuit, sans spam.

Sur le même sujet