La veuve du DC-10 d'UTA accuse : Kadhafi, mensonges et déni

Une cicatrice qui saigne encore
"Ce qui me tue, c'est ce déni." Maryvonne Raveneau montre une photo jaunie de son mari en uniforme. Georges Raveneau pilotait ce DC-10 qui s'est volatilisé dans le ciel du Niger le 19 septembre 1989. 170 vies pulvérisées.
Kadhafi a payé. Littéralement. En 2004, sa fondation propose un million de dollars par famille. Presque toutes acceptent. Pas elle. "De quel droit transforme-t-on nos morts en chèque ?"
Les preuves accablent pourtant la Libye : traces d'explosifs, procès en France, aveux partiels. Mais Tripoli a toujours nié. Et Paris a fini par serrer la main du bourreau.
13h59 : l'heure où tout a basculé
Le vol UTA 772 décolle de Brazzaville ce matin-là avec 54 Français à bord. Routine. Jusqu'à l'explosion.
Les enquêteurs retrouveront des résidus de Semtex — la signature des services libyens. Le mobile ? Une revanche : la France soutenait le Tchad contre Kadhafi. Le désert du Ténéré garde les stigmates : 17 tonnes de débris éparpillés sur 35 km.
Pourtant, en 2003, Jacques Chirac accueille le "Guide" à Paris. Maryvonne grince des dents en repensant aux poignées de main échangées sous l'Arc de Triomphe. "On a vendu notre mémoire."
Le jeu trouble de Kadhafi
L'homme au chapeau de berger jouait sur tous les tableaux. En 1999, six de ses agents sont condamnés par la France. Il refuse de les livrer.
Mais en 2004 ? Le voilà qui sort son chéquier. "De l'argent volé au peuple libyen", tonne Maryvonne. Elle montre le courrier officiel : la Fondation Kadhafi exige en échange l'abandon des poursuites.
— Vous imaginez ? Un chèque contre notre droit à la vérité.
"Je ne suis pas à vendre"
Aujourd'hui, Maryvonne vit dans une maison modeste près de Lille. Le million de dollars ? Elle l'a laissé pourrir dans les coffres libyens.
"Kadhafi est mort, mais ses mensonges survivent." Elle sort un dossier épais : rapports falsifiés, témoins disparus, pressions diplomatiques. La vérité a un prix, certes. Mais pas celui-là.
Son combat solitaire intrigue. Pourquoi tenir quand tout le monde a baissé les bras ? Elle répond par une autre question : "Et si c'était votre mari ?"
L'ombre du DC-10
L'affaire UTA 772 ressemble à ces vieilles blessures qui ne guérissent jamais. Les familles se meurent. Les archives se ferment.
Maryvonne, elle, continue d'aller au mémorial du Jardin d'agronomie tropicale à Paris. Sous les 170 pins plantés en hommage, elle dépose toujours deux fleurs : une pour Georges, une pour la justice.
— On nous a tout pris. Sauf ça.
📰Source :youtube.com
Par la rédaction de Le Dossier
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